Placements aux rendements prétendument « imbattables », investissements présentés comme « sûrs à 100 % »… Les publicités vantant des arnaques financières n’ont pas disparu des plateformes en ligne ou des réseaux sociaux. Et même quand elles sont signalées à TikTok, Google (YouTube) et Meta (Facebook, Instagram), elles continuent d’être majoritairement diffusées, selon une enquête du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) publiée ce jeudi 21 mai.
Cette association, qui regroupe de nombreuses ONG de défense des particuliers européennes, dont Que Choisir Ensemble, dénonce une situation où les fraudeurs « continuent de toucher quotidiennement des millions de consommateurs européens, exposant ces derniers au risque de perdre des centaines, voire des milliers d’euros ».
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Des publicités frauduleuses signalées qui continuent en majorité à être diffusées
Entre décembre 2025 et mars 2026, le BEUC et 13 autres organisations de consommateurs expliquent avoir collecté des preuves démontrant que « les escroqueries financières restent très répandues sur Meta, TikTok et Google ». 893 publicités frauduleuses, qui étaient actives sur Meta, TikTok ou Google, ont ainsi été signalées : Google en a supprimé 60 %, TikTok 21 %, et Meta a rejeté près de 43 % des publicités signalées, détaille le BEUC.
De son côté, l’organisation française, qui a participé à l’enquête, regrette, dans un communiqué distinct publié ce jour, que « plus de la moitié (53 %) des signalements de publicités potentiellement frauduleuses, effectués par nos enquêteurs, ont été ignorés ou rejetés ». L’association note « de graves dysfonctionnements dans les bibliothèques publicitaires et les mécanismes de signalement proposés par les plateformes aux consommateurs : informations incomplètes sur les annonceurs, moteurs de recherche inadaptés, réponses automatiques opaques, demandes d’informations inutiles ou absence totale de réponse ».
La trentaine d’associations demande à la Commission européenne et aux 27 autorités nationales compétentes – en France, il s’agit de l’Arcom, le régulateur du numérique – d’ouvrir des enquêtes sur ces pratiques, sous l’égide du DSA, le règlement européen sur les services numériques. Elles exigent que Bruxelles prononce des sanctions dissuasives, en cas de manquements répétés.
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Ces plateformes « maintiennent actifs des faux comptes et ne suspendent pas les “récidivistes” »
Les trois géants américains du numérique sont accusés de ne pas mettre en place « des mécanismes efficaces pour lutter contre les publicités frauduleuses, et pour réduire les risques pour les consommateurs », écrit le BEUC. Ce sont pourtant des mesures imposées par le DSA. Non seulement Meta, TikTok et Google ne suppriment pas de manière proactive les publicités frauduleuses, mais elles maintiennent en majorité les publicités frauduleuses, lorsque ces escroqueries leur sont signalées, déplore l’organisation européenne.
Dans le détail, les trois mastodontes américains sont accusés de « diffuser massivement des publicités frauduleuses malgré les obligations d’évaluation et d’atténuation des risques », de « recourir à des mécanismes de signalement et de recours inefficaces, arbitraires et peu transparents », de « maintenir actifs des faux comptes et de ne pas suspendre effectivement les “récidivistes” », souligne Que Choisir Ensemble.
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