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Dolby Atmos : le codec AC-4 va enfin faire sonner le streaming aussi bien qu’un Blu-ray 4K

Un test en double aveugle avec 16 ingénieurs du son place le nouveau codec Dolby AC-4 à égalité avec le PCM non compressé des Blu-ray, à 3 % de son débit. Une avancée prometteuse pour le streaming, même si cela ne suffira pas forcément à convaincre les collectionneurs de délaisser les supports physiques.

Le son reste l’un des derniers bastions où le Blu-ray 4K écrase le streaming. Même les abonnements premium des grandes plateformes livrent de l’audio compressé, avec une perte perceptible de dynamique et de clarté par rapport à un disque physique. Un nouveau codec audio développé par Dolby pourrait changer la donne, et un test en double aveugle mené par des professionnels de l’audio vient de lui offrir un résultat difficile à ignorer.

Un test en double aveugle avec des pros de l’audio

L’équipe d’Immersive Machines, spécialisée dans l’audio immersif, a organisé avec la section new-yorkaise de l’Audio Engineering Society un test comparatif dans le studio Engine Room Audio. Seize ingénieurs du son ont écouté trois formats sans savoir lequel était lequel : le DD+JOC à 768 kbps, standard actuel du streaming Atmos utilisé par Netflix, Apple Music ou HBO Max ; l’AC-4 à 448 kbps, le nouveau codec Dolby ; et le PCM non compressé à 13 824 kbps, la référence qualité des Blu-ray et des studios de mixage.

Les auditeurs devaient identifier des artefacts de compression précis : gating, perte de précision spatiale, perte de plage de fréquences. En écoute normale, toutes enceintes actives, AC-4 et PCM se sont retrouvés dans une égalité statistique. Le DD+JOC, lui, a été identifié sans ambiguïté comme le moins bon des trois, avec des artefacts particulièrement audibles dans les canaux d’ambiance et de hauteur.

Le chiffre qui résume tout : AC-4 délivre une qualité comparable au non-compressé en utilisant seulement 448 kbps contre 13 824 kbps pour le PCM, soit environ 3 % de sa bande passante.

Ce que change AC-4 techniquement

Le DD+JOC, standard actuel, est un compromis d’ingénierie : Dolby a ajouté le support de l’audio objet Atmos par-dessus l’ancien Dolby Digital+, sans repartir d’une feuille blanche. AC-4, lui, a été conçu nativement pour l’audio immersif, avec des algorithmes modernes capables de gérer plus efficacement les objets sonores dans l’espace. Selon Dolby, il délivre une qualité audio équivalente à environ la moitié du débit du Dolby Digital Plus. Il n’est pas rétrocompatible avec les anciens codecs AC-3 et E-AC-3, mais s’adapte automatiquement à la configuration de lecture disponible.

Peacock en tête, les autres en attente

Le premier service de streaming vidéo à adopter AC-4 sera Peacock, la plateforme de NBCUniversal, qui a annoncé son intégration lors du CES 2026. Amazon Music et TIDAL utilisent déjà AC-4, mais uniquement pour la lecture binaurale au casque, pas pour les systèmes multicanaux. Aucune autre grande plateforme n’a annoncé de plans de migration à ce stade.

Deux nuances s’imposent. D’abord, l’échantillon de 16 auditeurs est trop réduit pour constituer une preuve scientifique, ce que les organisateurs reconnaissent eux-mêmes. Ensuite, AC-4 n’adresse qu’une partie du débat streaming versus physique : la qualité sonore. Les collectionneurs de Blu-ray avancent aussi l’argument de la propriété permanente des contenus, que l’expiration des droits ou les décisions éditoriales des plateformes ne peuvent pas effacer. Sur ce point, aucun codec n’apportera de réponse.

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Source : TechRadar