Mova lance son nouvel aspirateur-robot milieu de gamme. Le P70 Pro Ultra est le successeur du très remarqué P50 Pro Ultra. En quelques mois à peine, la marque chinoise n’a pas complètement chamboulé sa recette et on retrouve fort logiquement une bonne partie de la fiche technique du P50 sur ce nouveau P70. Toutefois, Mova en a profité pour modifier quelques aspects précis de son aspirateur robot, des modifications qui ont un but affiché : viser des performances haut de gamme sur un aspirateur plus accessible que les modèles premium.
Le P70 Pro Ultra de Mova se présente dans un format classique : station d’accueil + aspirateur. C’est sur ce dernier que la marque a décidé d’apporter ses principales évolutions avec deux serpillères rotatives comme à l’accoutumée, mais avec un gain de puissance d’aspiration notable. Le nouvel aspirateur robot annonce 30 000 Pa, une valeur qu’on retrouve plutôt sur les haut de gamme. Quant aux serpillères, elles tournent désormais à 260 tours par mn (contre 230 sur le P50 Pro Ultra).

Est-ce suffisant pour aller chercher le haut du panier ? Et sur le reste, faut-il s’attendre à des compromis ? C’est pour la déterminer que nous avons testé le Mova P70 Pro Ultra pendant un mois.
Installation éclair
Tout comme le format, le processus d’installation du Mova P70 Pro Ultra est des plus classiques : Téléchargement de l’application MovaHome, remplissage du bac d’eau propre, raccordement à une source électrique… le tout après avoir retiré un bon paquet de protections plastiques.
Sur cet aspect, Mova reste très traditionnel, ce qui se traduit par une facilité assez enfantine pour ce qui est de la première utilisation. Une fois le compte créé et le P70 Pro Ultra relié au réseau domestique, le robot peut lancer sa première tâche qui consistera à nettoyer la maison en même temps que de la cartographier.

Cartographie et navigation
Pour cartographier l’espace à nettoyer mais aussi pour se repérer dans la maison, le Mova P70 Pro Ultra se repose sur un LiDAR. Positionné dans le dôme du robot, celui-ci est relativement proéminent et constitue l’un des points faibles de ce modèle. Pas tant par ses performances, nous le verrons, mais par sa taille qui fait grimper la hauteur du P70 Pro Ultra à 10,4 cm, ce qui l’empêchera de passer sous certains meubles bas. D’ailleurs Mova assume complètement la proéminence de son dôme puisque c’est sur là aussi que le constructeur a placé le micro permettant de lancer le robot à l’aide de commandes vocales.
Notre préférence va bien sûr aux modèles qui disposent d’un LiDAR rétractable, ce qui permet, quand c’est nécessaire, de réduire l’épaisseur du robot et d’accéder à des espaces étriqués. À cet égard, un Dreame X50 Ultra Complete que nous avons testé fait figure de référence, mais il n’est bien sûr pas le seul à disposer de cet outil traditionnellement réservé aux modèles haut de gamme.

Ce LiDAR massif est d’autant plus regrettable que pour le reste, la navigation est relativement exemplaire. Aidé, en plus d’un radar et d’une caméra 3D supplémentaire, le P70 Pro Ultra s’est montré plutôt efficace dans notre test d’évitement d’obstacles. Sur ce point, son constructeur indique que le robot est capable de reconnaitre environ 300 objets différents. Comme la plupart de ses concurrents, les classiques (chaussettes, chaussures et LEGO) sont maîtrisés. En revanche le câble USB blanc sur un carrelage clair offre des résultats disparates.
Performances de lavage et de nettoyage
Voilà sans doute le point sur lequel le P70 Pro Ultra est le plus réussi : le nettoyage. Ça tombe bien, c’est également ce qu’on attend en premier d’un aspirateur robot. Sur ce point, le petit dernier de Mova est presque au niveau des modèles premium. D’une part grâce à sa puissance d’aspiration conséquente, 30 000 Pa, rappelons-le. Mais aussi grâce à ses performances et à sa capacité d’adaptation aux différentes tâches ou aux sols.

Ainsi, en cas de sol particulièrement sale, le robot va d’abord effectuer un premier passage serpillères levées pour aspirer un maximum de saleté. Il passera ensuite à plusieurs reprises jusqu’à obtenir un résultat satisfaisant. C’est du moins le fonctionnement en mode « Genius » (équivalent d’un mode auto) et ça fonctionne très bien avec des passages réguliers à la station pour laver les serpillères.
L’autre force de ce P70 Pro Ultra, c’est la capacité de mobilité de ses outils de nettoyage. Qu’il s’agisse de la brosse latérale ou des serpillères, toutes disposent d’un mécanisme qui leur permet de s’écarter légèrement (voire de se relever dans le cas de la brosse latérale) pour aller chercher dans les recoins et nettoyer au plus près des bordures. C’est d’ailleurs un crédo chez Mova puisque le modèle qui chapeaute le catalogue, le V70 Ultra Complete, a fait des bras extensibles son principal argument de vente.
Le lavage en continu des serpillères : un vrai plus
L’un des aspects sur lesquels ce Mova P70 Pro Ultra se distingue plus particulièrement, c’est sur le soin apporté aux serpillères. Ici, plus question de nettoyer régulièrement ces accessoires pour compenser une faiblesse de la station d’accueil. Au contraire, avec son dernier aspirateur robot, Mova fait de ce défaut assez classique dans l’industrie, une force. Comment ? Grâce à un double procédé.

Le premier est connu : il s’agit d’un retour régulier à la station d’accueil. En mode Genius, celui que nous avons privilégié lors de notre test, et qui laisse le P70 Pro Ultra décider seul, le robot analyse le degré de salissure de ses serpillères et décide de la fréquence des retours à la station.
Mais Mova laisse aussi la main à l’utilisateur et il suffit de passer par les réglages de l’application pour augmenter ou au contraire baisser le nombre d’allers-retours au « garage ».

L’utilisateur peut choisir de renvoyer le robot à la station d’accueil au-delà d’une certaine surface traitée (10, 15 ou 20 m², par exemple), d’une durée, ou à la fin du nettoyage de chaque zone ou pièce.

Bien entendu, il n’y a pas de réglage universel sur ce point puisque la vitesse de salissure des serpillères dépendra de l’ampleur de la tâche, ce qui peut varier d’une maison à l’autre, ne serait-ce que par la présence ou non d’animaux dans le foyer. Néanmoins, sur la base de nos essais, un minimum de 15 m² entre deux lavages des serpillères semble convenir dans la plupart des cas.
Enfin l’autre force du Mova P70 Pro Ultra, c’est justement la façon dont il va laver ses serpillères : à l’eau chaude et à plus de 100°C.
L’application à tout faire
Présent désormais depuis plusieurs années en France, Mova dispose de l’une des meilleures applications du marché. Celle-ci est non seulement complète mais elle regorge de fonctionnalités. De la basique programmation des tâches au réglage du comportement de la brosse en fonction de l’épaisseur du tapis, rien ne manque dans le compagnon logiciel de l’aspirateur robot.

De fait, on peut perdre plusieurs heures à voyager entre les différents sous-menus de l’application, à jouer avec les réglages et à modifier le comportement de son robot. On appréciera également la possibilité de passer en mode vue en temps réel via la caméra du P70 Pro Ultra, ce qui peut être utile en cas de soupçon d’intrusion.
Les poils et cheveux : la bête noire du P70 Pro Ultra
L’entretien du P70 Pro Ultra est relativement classique et surtout, grandement facilité par les performances de la station d’accueil qui gère parfaitement le nettoyage et le séchage des serpillères. À cet égard, on ne saura que trop vous recommander d’utiliser le petit bac à détergent qui est parfois abandonné une fois le premier flacon (compris dans l’achat) terminé. Bien entendu, d’autres solutions détergentes existent et elles peuvent se révéler moins coûteuses que celles proposées par le fabricant.
Enfin, le mode de nettoyage automatique des serpillères n’exclut pas un nettoyage « humain » de temps en temps. Ce principe s’applique également au niveau de la station d’accueil avec quelques éléments en plastique qui ont tendance à s’encrasser et qu’il convient de nettoyer régulièrement.

En revanche, là où le P70 Pro Ultra déçoit quelque peu, c’est sur la gestion des poils et de cheveux. Sur ce point, force est de constater que la brosse principale du robot ne parvient pas à éviter l’accumulation de poils d’animaux ou de cheveux et qu’elle nécessite donc un nettoyage régulier. Or, la concurrence, y compris à des tarifs similaires, n’hésite pas à proposer des solutions très abouties en la matière. Le cas de Roborock et de sa double brosse « Duo Divide », intégrée au Qrevo Curv 2 Flow, est un exemple concret.

Pas de miracle non plus du côté de la brosse latérale qui, malgré sa mobilité, ne peut s’empêcher d’accumuler les poils de tous bords.
Pour le reste, le P70 Pro Ultra de Mova est dans la bonne moyenne de l’industrie avec des bacs d’eau propre et usés relativement conséquents et un sac à poussières qui ne demande à être changé moins d’une fois par mois. Là encore la fréquence d’utilisation et l’environnement peuvent faire fluctuer ces données.
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