On prend le même et on recommence, enfin pas tout à fait. Dans la bataille de chapelles qui oppose les partisans de la serpillère vibrante et ceux du rouleau laveur, Roborock a décidé de ne pas choisir, ou plutôt de laisser le choix à ses utilisateurs. Après avoir commercialisé l’excellent Qrevo Curv 2 Pro, muni de serpillères vibrantes donc, le fabricant chinois change de paroisse et opte pour le lavage au rouleau avec son nouveau Qrevo Curv 2 Flow.
Est-ce que ce passage à la technologie rouleau est maîtrisé de la part de Roborock ? Les résultats en termes de lavage sont-ils vraiment supérieurs ? Et comment se positionne le Curv 2 Flow face à la concurrence ? C’est à ces questions que nous avons souhaité répondre dans ce test complet du dernier aspirateur-robot de Roborock.
Même design, autre techno
Faire le choix d’une technologie alternative, voire concurrente de son modèle phare n’oblige pas à sacrifier son principal point fort : le design. Le Curv est l’un des modèles préférés des utilisateurs de Roborock pour la bonne et simple raison qu’il dispose d’un look à part. Avec le Curv 2 Flow, comme avec le Pro quelques mois plus tôt, le gros bloc carré aux allures d’imprimantes et qui sert de station d’accueil à la plupart des aspirateurs robots est remplacé par un dôme tout en rondeur qui s’intègre plus naturellement entre une armoire et une table basse.

Et c’est évidemment la même station d’accueil que Roborock a choisi d’utiliser pour son modèle à lavage au rouleau. En revanche, côté aspirateur, il y a des différences et pas seulement quand on retourne la bête pour analyser ses outils de nettoyage. La principale d’entre elles se situe à son sommet, qui culmine d’ailleurs plus haut sur le Flow que sur le Pro.
En effet, pour son récent Flow, Roborock a opté pour un dôme LiDAR assez traditionnel mais particulièrement imposant et qui amène la hauteur de l’ensemble à 11,9 cm. Ce choix est difficilement compréhensible dans la mesure où le Pro dispose pour sa part d’un LiDAR rétractable du plus bel effet qui lui permet de passer sous la barre de 8 cm (7,95 cm précisément). Ce seul point pourrait être rédhibitoire pour quiconque disposerait de plusieurs meubles bas.

Sous le robot, les serpillères vibrantes laissent leur place à un rouleau, le bien nommé SpiraFlow, qui vient compléter un arsenal assez généreux composé de deux brosses latérales rotatives et de la fameuse brosse DuoDivide que nous avons déjà testée et qui a fait ses preuves dans l’élimination des cheveux et de poils d’animaux.
Pour le reste, c’est du grand classique : un bac d’eau propre (4 L), l’autre pour les eaux usées (3 L), un sac pour les poussières (2,5 L) et une absence notable : celle d’un réservoir de détergent. Il faudra donc se contenter d’un lavage à l’eau et d’un petit retour en arrière tout de même.
Cartographie et navigation : Roborock peut mieux faire
Comme à l’accoutumée, la première installation ne prend que quelques. Le temps d’ajouter l’aspirateur robot au réseau domestique, de l’ajouter à l’application Roborock et de lancer une première mission qui servira à la fois à étrenner le rouleau et à cartographier l’espace à entretenir.
Sur ce point, la technologie de Roborock est toujours aussi efficace et un seul passage permet déjà d’avoir un bon aperçu des pièces à nettoyer. La cartographie des pièces est précise, tout comme l’estimation de la surface. Les différents sols sont reconnus instantanément et le tout a quelque chose de bluffant lorsqu’il prend forme dans l’application.

Sans nous bluffer totalement, le Curv 2 Flow s’est montré tout à fait rassurant en matière de navigation, dans la moyenne des aspirateurs-robots de sa gamme de prix. Toutefois, Roborock n’a pas doté son modèle milieu de gamme de ses meilleures technologies de navigation et ça se voit. Certes, le Curv 2 Flow peut reconnaitre et éviter 200 objets, mais il contourne aisément des chaussettes posées au sol, il lui arrive parfois de se prendre les pieds dans des câbles posés à l’improviste.
Enfin, même s’il se déplace avec aisance, il souffre d’une faiblesse structurelle : sa taille relativement haute qui l’empêche de passer en dessous de certains meubles bas.

Performances de nettoyage et de lavage
Sur l’aspiration, le savoir-faire de Roborock n’est plus à démontrer et sur un modèle tutoyant les 1 000 euros, il ne fait évidemment pas défaut. Ainsi, malgré une puissance d’aspiration relativement limitée par rapport aux modèles les plus premium (20 000 Pa), le Curv 2 Flow est tout à fait efficace et amplement suffisant pour un entretien quotidien.
Par ailleurs, nous sommes toujours aussi satisfaits des performances de la brosse DuoDivide qui permet de ramasser les poils d’animaux et autres cheveux sans qu’ils s’enroulent autour des roues de l’aspirateur, empêchant ainsi son bon fonctionnement et contraignant l’utilisateur à de longues séances d’entretien particulièrement pénibles.

En revanche, nous avons davantage de réserves concernant le nouveau système SpiraFlow de Roborock et les capacités de lavage en général du Curv 2 Flow. La promesse de ce rouleau de 27 cm est simple : une grande vitesse de rotation (220 RPM) associée à une légère pression sur le sol. Le résultat est satisfaisant sur des tâches relativement récentes et peu tenaces, bien moins concluant sur des séchées (café).
Pour rappel, lors de notre test, nous avons utilisé le robot sur son mode de détection automatique, appelé « Smart Plan » chez Roborock. Or, même lorsque celui-ci a estimé nécessaire de réaliser plusieurs passages ou d’augmenter l’intensité du lavage, ces tâches tenaces n’ont pas complètement disparu.

Notre doute est plus général : il porte sur la supériorité supposée du lavage au rouleau par rapport aux serpillères vibrantes. Sur l’échantillon que nous avons pu comparer et sur la différence avec le Curv 2 Pro, cette performance soit-disant améliorée ne saute pas aux yeux.
Application : une valeur sûre
S’il y a bien un aspect sur lequel Roborock est particulièrement au point, c’est sur son application. La marque chinoise peut s’appuyer, depuis des années maintenant, sur un outil complet et parfaitement intégré à son écosystème.

L’application est claire, correctement traduite (ce n’est pas toujours le cas chez les concurrents) et regorge d’options pour programmer ou affiner les tâches dévolues à l’aspirateur-robot. Roborock n’a pas modifié la recette de son application pour l’arrivée du Curv 2 Flow, mais celle-ci reste l’une des meilleures du marché et c’est un point qui a son importance lorsqu’on doit choisir entre deux modèles.

Entretien : laissez-le faire
Avec son Curv 2 Flow, Roborock fait une promesse plutôt osée : celle d’un minimum d’entretien. Un exemple : le sac à poussières qui n’aurait besoin d’une intervention qu’une fois tous les deux mois. C’est effectivement le temps sur lequel nous avons testé la bête et malgré la présence d’un chat particulièrement poilu dans les parages, l’analyse du sac à la fin de la période de test a révélé un contenant plein à 50% environ.

Tout ça n’est pas très scientifique, vous en conviendrez, disons simplement que la tenue de cette promesse dépendra fortement de l’environnement de chacun.
Quant au reste : le lavage et le séchage de la brosse, entre autres, c’est l’adorable station d’accueil qui s’en charge. Charge bien sûr à l’utilisateur de la fournir en eau propre et de vider le réservoir d’eaux usées. Sur ce point, nous vous conseillerons tout de même de ne pas hésiter à passer régulièrement tous les éléments en plastique au lave-vaisselle afin d’éviter leur encrassement et les mauvaises odeurs.

Tout ça c’est du grand classique et dans les faits, chez Roborock, la partie entretien est une machine particulièrement bien huilée et dans les bons standards du marché.
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