C’est maintenant officiel : Orange, Free et Bouygues ont signé un accord à 20 milliards d’euros pour racheter SFR à Altice France. Cependant, ce rachat doit encore franchir l’étape épineuse de l’examen des autorités de la concurrence, ce qui prendra plusieurs mois, voire plusieurs années. Dans un communiqué, le consortium avertit : « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée ». N’ayant aucune vision claire sur le futur, les employés de SFR traversent une période particulièrement anxiogène.
Vague de licenciement chez SFR ? Le consortium se montre rassurant
Lorsque la vente à la découpe sera officiellement approuvée, que va-t-il se passer pour les 8 000 salariés de SFR ? Dans un communiqué, Orange, Free et Bouygues se montrent rassurant et estiment même que « L’opération envisagée a pour ambition d’être durablement créatrice de valeur pour l’ensemble des parties prenantes — clients, salariés, partenaires […] ». Le consortium assure par ailleurs accorder « une attention particulière aux enjeux sociaux de cette opération », tout en déclarant que « Le succès d’une opération de cette ampleur repose avant tout sur les femmes et les hommes qui connaissent les réseaux, les systèmes, les clients et les territoires ». Dans ce communiqué, il est aussi indiqué qu’un dialogue social s’ouvrira avec les organisations syndicales représentatives compétentes de SFR et que « le Consortium garantira un emploi à l’ensemble des salariés du périmètre repris jusqu’à début 2029 grâce à la poursuite de leur emploi ou à une proposition d’emploi ». De son côté, le gouvernement a promis d’être « extrêmement vigilant sur la préservation de l’emploi ». Le ton est donc résolument rassurant, voire optimiste, mais qu’en sera-t-il dans les faits ? Quel sort sera réservé aux employés de SFR après le début de l’année 2029 ?
Des promesses qui ne semblent pas rassurer
Dans un courrier envoyé au ministère du Travail en avril dernier, l’UNSA, le principal syndicat chez SFR, soulignait les « redondances considérables » que ce rachat risque de créer. En effet, plusieurs postes et fonctions pourraient se retrouver en doublon. Pour le syndicat : « Le risque de suppressions massives d’emplois est réel ». De son côté, Samira Rezaiguia, cheffe de projet et représentante syndicale SUD, fait état auprès du journal L’Humanité d’un climat délétère au sein des employés de SFR. Elle explique : Les salariés continuent de suivre des objectifs un peu bidon, qui n’ont plus de sens, puisque tout le monde sait que la marque va disparaître : pourquoi aller conquérir de nouveaux clients, alors que c’est complètement mort ? ».
Il faut dire que la situation reste, à ce stade, particulièrement opaque. SFR devrait être cédé par morceaux, un scénario qui permettrait à certaines marques de perdurer, à l’image de RED by SFR, qui va être reprise par Free. Par ailleurs, le consortium a tout intérêt à garder les salariés les plus talentueux qui réfléchiraient à quitter le navire qui coule. Un plan de rétention destiné à conserver les collaborateurs jugés essentiels serait d’ailleurs prévu pendant toute la durée du processus. Notons que même les clients de SFR semblent quitter le navire depuis maintenant quelques mois. Quoi qu’il en soit, il faudra attendre encore plusieurs mois avant de connaître le sort réservé aux employés de SFR. En attendant, ceux-ci doivent continuer à travailler pour une marque qui semble condamnée au démembrement.
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Source : Orange

