Une nouvelle vulnérabilité a été découverte dans le code de Linux. Baptisée « RefluXFS », la faille se situe dans le noyau du système d’exploitation. La défaillance a été débusquée par l’équipe Qualys Threat Research Unit à l’aide de Claude Mythos, le modèle d’IA d’Anthropic taillé pour traquer les problèmes de sécurité.
The Qualys Threat Research Unit (TRU) has disclosed RefluXFS, a critical race condition in the Linux kernel’s XFS filesystem (v4.11+) affecting about 16.4 million enterprise systems worldwide including RHEL, Amazon Linux, and Fedora. It’s been present since kernel version 4.11… pic.twitter.com/mNsyKCHBYm
— Qualys (@qualys) July 22, 2026
L’entreprise californienne Qualys fait en effet partie des acteurs membres du Project Glasswing, qui regroupe les partenaires d’Anthropic triés sur le volet et autorisés à se servir de Mythos. En quelques semaines, les partenaires sélectionnés par Anthropic, parmi lesquels Amazon, Apple, Broadcom, Cisco, CrowdStrike, Google, Linux Foundation, Microsoft, et NVIDIA, ont découvert plus de 10 000 vulnérabilités dans leurs systèmes à l’aide de Claude Mythos.
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Une faille dans le cœur de Linux
Dans le cadre des expérimentations encouragées par Anthropic, les chercheurs de Qualys ont demandé à Claude Mythos Preview de traquer des vulnérabilités bien particulières, intitulées « Dirty COW », dans le fonctionnement de Linux. Ce type de faille, présente dans le noyau depuis 20 ans, permet à un attaquant de modifier des fichiers censés être en lecture seule, ce qui ouvre la voie à une élévation de privilèges.
« Nous avons intégré Claude Mythos Preview à notre flux de travail d’audit manuel afin d’accélérer nos recherches tout en maintenant un contrôle humain strict », explique le Qualys Threat Research Unit.
Au fil de ses investigations, l’intelligence artificielle est parvenue à dénicher un bug dans la manière dont Linux duplique et protège les fichiers avec XFS, un système journalisé qui organise les fichiers et répertoires sur un disque ou une partition. Claude Mythos ne s’est pas limité à la découverte de la faille. L’IA a généré une méthode d’exploitation de la vulnérabilité. Ce code d’attaque démontre qu’un simple utilisateur pouvait exploiter ce bug pour écraser silencieusement des fichiers protégés. Il peut ainsi obtenir un accès complet, et en profondeur, à l’ordinateur visé.
Plus de 16 millions d’ordinateurs vulnérables
Les chercheurs de Qualys se sont assurés de la validité des découvertes de Mythos. Ils ont reproduit le scénario d’attaque sur des environnements Linux et analysé le code du noyau concerné. Les experts se sont rendu compte que la tactique d’exploitation de la faille RefluXFS fonctionnait bel et bien. Selon les estimations de Qualys, plus de 16,4 millions de systèmes sont potentiellement concernés à travers le monde. En fait, tout système Linux avec XFS est touché. Cette vulnérabilité est présente « depuis la version 4.11 du noyau », sortie en 2017.
Les chercheurs ont alors prévenu les mainteneurs de XFS et la Linux Kernel Security Team, le groupe de développeurs expérimentés chargé de vérifier les rapports de vulnérabilités. Plusieurs figures clés de l’écosystème, dont le fondateur Linus Torvalds, participent alors à l’analyse de la faille et à la conception d’un correctif. Une mise à jour, contenant un patch, est rapidement déployée par les équipes de Linux, qui croulent pourtant sous le travail.
« Nous considérons cette vulnérabilité comme une urgence absolue », soulignent les chercheurs.
Ce n’est pas la première fois que l’IA débusque une vulnérabilité dans le code de Linux. Au cours des derniers mois, des IA génératives ont contribué à identifier de nombreuses vulnérabilités, dormantes depuis parfois près d’une décennie, comme Copy Fail, une vulnérabilité qui remonte à plus de neuf ans.
« La leçon à retenir n’est pas que l’IA puisse servir à exploiter des failles de sécurité, mais bien qu’associée à l’expertise humaine de spécialistes, elle permet aux équipes de sécurité de repérer et corriger les vulnérabilités critiques avant que des attaquants ne les exploitent », résume Qualys.
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