En miroir de Google et Microsoft, Linux a du pain sur la planche à cause de l’essor de l’intelligence artificielle. Armés de l’IA générative, les chercheurs découvrent de plus en plus de failles, ce qui donne énormément de travail aux équipes chargées de s’assurer de la sécurité de Linux. Comme l’évoquait récemment Linus Torvalds, le créateur de Linux, les développeurs croulent actuellement sous les vulnérabilités à colmater sans tarder.
Plus de 400 failles corrigées dans le coeur de Linux
Entre le 19 et le 20 juillet 2026, Linux a d’ailleurs corrigé plus de 400 vulnérabilités identifiées dans son noyau. L’archive officielle des failles Linux montre un volume exceptionnel de publications sur ces deux jours. En effet, un tel afflux de correctifs en si peu de temps sort largement de l’ordinaire, même pour Linux.
Les vulnérabilités corrigées concernent des briques essentielles du système Linux, comme le Bluetooth, le Wi-Fi, le pare-feu, la gestion de la mémoire ou encore le partage de fichiers sur le réseau. Les défaillances sont surtout des problèmes de sécurité mémoire, très répandus dans le code de Linux. Pour les administrateurs systèmes et les entreprises qui exploitent des serveurs Linux, il est important d’installer tous les correctifs sans tarder. En cas d’oubli, les ordinateurs continueront d’être vulnérables. Notez néanmoins que toutes les vulnérabilités Linux ne correspondent pas à des failles exploitables à distance par un attaquant. Parfois, les brèches se traduisent uniquement par des problèmes de stabilité.
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Une traque menée par l’IA
Cette vague de correctifs découle de l’intégration progressive de détecteurs à base d’IA. Dès mai 2025, le modèle o3 d’OpenAI avait permis de détecter une faille zero-day dans le composant ksmbd, simplement en analysant le code source. Depuis ce premier fait d’arme, le phénomène s’est nettement accéléré. Des outils comme Sashiko, développé initialement par Google puis cédé à la Linux Foundation, tournent désormais sur la quasi-totalité des patches soumis au noyau et s’intègrent progressivement aux processus de revue officiels.
Aux yeux de Greg Kroah-Hartman, mainteneur historique du noyau, les rapports générés par IA, longtemps qualifiés d’« AI slop » sont devenus réellement exploitables au cours de l’année 2026. Des vulnérabilités, dormantes depuis parfois près d’une décennie, ont d’ailleurs été débusquées cette année. C’est le cas de Copy Fail, une vulnérabilité qui remonte à plus de neuf ans, et qui a été colmatée en avril dernier. Le même mécanisme se retrouve dans les failles DirtyFrag ou Fragnesia, identifiées quelques jours plus tard.
Linux est obligé de serrer la vis
Face à l’explosion des découvertes assistées par l’IA, Linux a été obligé d’instaurer de nouvelles règles pour encadrer les chercheurs. Les signalements doivent désormais être courts, clairs, vérifiés sur une vraie machine, et les chercheurs sont invités à utiliser l’IA pour proposer des correctifs plutôt que pour multiplier les alertes. Ce problème dépasse le cadre de Linux. Selon Greg Kroah-Hartman, tous les grands projets open source subissent le même déluge de divulgations depuis des mois.
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Source : Linux

