Ce n’est pas perceptible au premier coup d’œil, mais le design de la Samsung Galaxy Watch Ultra 2 est l’une des évolutions majeures de cette seconde montre haut de gamme de Samsung. Si ça ne saute pas aux yeux, c’est parce que le form factor est sensiblement identique et qu’un regard rapide ne saurait faire la différence quand l’attention est immédiatement attirée par ce mélange entre un boîtier carré et une lunette ronde.
Et pourtant, ce design, aussi sympathique soit-il, était l’une des critiques récurrentes sur le premier modèle de la montre connectée. Dans notre avis complet sur la Galaxy Watch Ultra en août 2024, nous regrettions déjà l’épaisseur de la montre, son poids conséquent et une certaine lourdeur au poignet qui n’est pas toujours compatible avec les efforts prolongés.

L’Ultra 2 embarque toujours un boîtier en titane, mais Samsung en a réduit l’épaisseur à 10,7 mm contre 12,1 mm auparavant (12 % plus fin). Cette simple évolution se ressent immédiatement au poignet, notamment lorsqu’on passe d’une Ultra à une Ultra 2. Le feeling est immédiatement différent, mais il y a autre chose : le bracelet.
Sur ce point aussi, Samsung a fait évoluer la recette en réduisant l’épaisseur de son bracelet de 1 mm (on passe de 2,9 mm à 1,9 mm). En outre, le nouveau bracelet intègre une technologie spécifique d’aération qui permet aussi de réduire l’accumulation de sueur. Cela peut sembler anodin, mais en plus du gain en confort, il y a aussi une amélioration des performances des capteurs qui sont moins obstrués par la sueur.

À l’usage, l’Ultra de première génération pouvait se montrer encombrante, même hors activité physique, dans la vie courante. L’Ultra 2 se fait nettement plus discrète et, si elle reste imposante, elle n’est plus un poids sur le poignet. Sur cet aspect, les progrès de Samsung sont considérables. C’est évidemment lorsqu’on fait du sport que ces améliorations sont les plus notables. Que ce soit en vélo ou en course à pied, l’Ultra 2 s’avère plus agréable à porter.
Écran : un record anecdotique?
L’écran aussi évolue sur la nouvelle Ultra. Par sa taille d’abord, en passant de 1,47 à 1,52 pouce. S’il s’agit toujours d’une dalle Super AMOLED, Samsung l’a pourtant fait évoluer sur un point critique : la luminosité. Avec un pic lumineux annoncé à 5 000 nits, l’écran de l’Ultra 2 serait le plus lumineux du marché.

Si on ne peut qu’applaudir la prouesse technique, il convient tout de même de s’interroger sur l’intérêt de ce pic lumineux hors du commun. Dans l’absolu, une meilleure luminosité permet de rendre l’écran plus lisible, y compris en plein soleil. Assurément, avec l’Ultra 2, malgré des jours particulièrement ensoleillés, nous n’avons pas souffert d’un manque de lisibilité. Mais ce n’était pas le cas avant non plus.
En effet, les 3 000 nits de l’Ultra originale se suffisent dans la plupart des situations. En d’autres termes, les progrès sur l’écran sont notables, mais ils ne constituent pas un point d’évolution critique de cette montre haut de gamme signée Samsung.
Installation et mise en route : de la friction, toujours
Pourquoi faire simple lorsqu’on peut faire compliqué ? Avec la nouvelle version de Samsung Health, on pensait en avoir terminé des jonglages incessants entre plusieurs applications. Ce n’est pas tout à fait exact.
D’une part, parce qu’il faut régulièrement passer de sa Galaxy Ultra 2 à son smartphone pour activer les fonctions avancées, mais surtout parce que Samsung Health, toute nouvelle et pimpante qu’elle soit, ne regroupe pas toutes les fonctionnalités de la montre.

En effet, il faut télécharger Samsung Health Monitor, une énième application pour ne serait-ce qu’utiliser certaines fonctions, telles que la pression artérielle ou l’apnée du sommeil.
De manière générale, chaque premier lancement d’application nécessite d’accepter des autorisations. C’est pénible la première fois, ça disparaît ensuite, mais ça reste un moment de friction entre l’utilisateur et son accessoire de sport. À noter également que pour calibrer la montre et lui permettre de mesurer pression artérielle et ECG, un tensiomètre est nécessaire.

Bien entendu, l’aspect personnalisation de la Galaxy Watch Ultra 2 est géré… sur une troisième application, la bien nommée Galaxy Wearables. C’est à cet endroit qu’on choisira d’enregistrer, entre autres, son cadran, la disposition des applications ou la gestion des boutons…
Au final, il faudra pas moins de trois applications distinctes pour prendre complètement la mesure de sa Watch Ultra 2. Certes, c’est moins brouillon que Garmin Connect (difficile de faire pire de toute façon), mais pas plus pratique.
Interface : Samsung fait jeu égal avec Apple
Fort heureusement, une fois les multiples autorisations accordées, les trois applications installées et les derniers fers retirés, l’utilisation de la Watch Ultra 2 est des plus agréables. La montre est fluide, l’interface des plus claires et la navigation presque instinctive, même quand on vient d’une traditionnelle Garmin.

Introduit avec la génération précédente, le bouton « Action » est devenu un indispensable et s’impose rapidement comme le raccourci de choix pour quiconque utilise la montre. À noter que ce bouton est complètement personnalisable. Dans notre cas, nous lui avons confié la tâche de lancer la lampe torche, une action qui nécessite entre deux et trois manipulations autrement.
Malgré ses nombreuses qualités, cette version de Wear OS boostée à One UI souffre d’une limitation majeure.
Pas de smartphone Samsung, pas de Watch Ultra ?
Comme sur le premier modèle de son Ultra, Samsung a opté pour une vision assez fermée concernant sa montre. En se privant des utilisateurs d’iPhone d’une part, puisque la dernière version de Samsung Health n’a pas été déployée sur iOS. Mais aussi en limitant certaines de ses fonctionnalités (ECG, pression artérielle) aux seuls propriétaires d’un smartphone Samsung.
Les fonctionnalités avancées : que du bonus
C’était déjà le cas avec le premier modèle de Galaxy Watch Ultra, mais Samsung va encore plus loin cette année : sa montre de sport haut de gamme déborde de fonctionnalités.
Des données, la Galaxy Watch Ultra 2 en regorge. Que ce soit de l’extraction simple (une mesure de fréquence cardiaque à un instant T) ou une analyse plus complexe (comme celle sur le sommeil), Samsung tente de répondre à tous les aspects de la santé connectée. Le risque dans ces cas-là, c’est évidemment celui d’inonder l’utilisateur de chiffres en tout genre qui finissent par ne plus avoir de sens lorsqu’ils sont empilés les uns aux autres.
Afin de simplifier la lecture de ces données, Samsung Health a choisi de regrouper certaines data et de fonctionner par « scores ». Score de cœur, score de fitness, score de sommeil ou encore le tout nouveau score de vitalité. Elles ont beau être bien pensées et bien intégrées, ces mesures peuvent tout aussi bien dérouter. C’est sans doute en cela que l’Ultra 2 est plus adaptée aux sportifs exigeants.
Pour notre part, nous avons particulièrement apprécié l’intégration de la mesure de la composition corporelle qui peut servir de base pour l’élaboration d’un profil sportif.
Mention spéciale aussi pour la protection de l’audition, une autre option qui doit être activée manuellement et qui permet de détecter lorsque le bruit environnant est trop élevé. À notre connaissance, Samsung est le seul à proposer ce type de fonctions sur une montre connectée.
Enfin un mode trail !
L’arrivée d’un mode Trail digne de ce nom est un événement pour Samsung et sans doute l’un des points de bascule de la Galaxy Watch Ultra 2.
Pas de suspens inutile : Samsung a tout compris des besoins des traileurs et son mode trail en est la preuve. Des écrans personnalisés avec les données souhaitées, des raccourcis utiles sur le bouton d’action, un suivi GPS et GPX aux petits oignons… le tableau est très complet et atteste d’une approche ambitieuse.

Ce sont évidemment les écrans personnalisables qui font la différence. Samsung en propose deux (on aurait aimé en avoir un de plus) sur lesquels le coureur choisit tout simplement les données à afficher (allure, dénivelé, vitesse, distance, zones de FC, rythme moyen, etc.). Mais on ne choisit pas uniquement les infos jugées utiles, on peut également modifier leur disposition. En course, le passage d’un écran à un autre se fait d’un simple balayage du doigt. C’est rapide, efficace et ça permet de se concentrer sur le parcours.

Il est évidemment possible d’importer ses propres traces ou des sentiers de randonnée connus puisque l’Ultra 2, comme sa prédécesseure, gère parfaitement les fichiers GPX. Mais la nouveauté cette année, c’est qu’en fonction de la trace, la montre est capable de vous indiquer le dénivelé restant, sur chaque montée ou au total, ainsi que de vous accompagner sur la partie hydratation. Sur ce point, la montre haut de gamme de Samsung s’appuie sur les données récoltées auparavant et notamment sur la composition corporelle pour adapter ses rappels hydriques. Les traileurs savent à quel point cet aspect est essentiel et Samsung marque un point avec cette fonction qui n’a pas d’équivalent, y compris chez les spécialistes comme Garmin. Pour autant, les coureurs aguerris préféreront s’en tenir à leur routine en la matière.

Précisons également qu’en plus du mode Trail, l’Ultra 2 embarque un mode plongée que nous n’avons pas eu l’occasion de tester. D’une part parce que les conditions de test ne le permettaient pas, mais aussi parce que la version finale de cette application développée avec le spécialiste Mares ne devrait pas être disponible avant la fin du mois d’août.
La Galaxy Watch Ultra 2 n’oublie pas d’être connectée
Bien qu’elle tende de plus en plus à concurrencer les montres sportives, cette Ultra 2 de Samsung n’oublie pas d’où elle vient. Ainsi, le Coréen, aidé de Google, n’a pas oublié de soigner sa partie connectée.

La principale nouveauté de ce côté-ci n’était pas disponible au moment où nous avons testé la montre. Il s’agit de l’intégration de la dernière version de Gemini, qui sert de véritable coach de sport pour le porteur, à l’image de ce que propose un FitBit Air sur sa partie IA, par exemple.
D’ailleurs, pour activer son assistant, Samsung a développé une nouvelle commande gestuelle : « Lever pour parler ». Vous l’aurez compris, Gemini se déclenche dès qu’on dirige sa main vers sa bouche.
Précision des données : Samsung au niveau des meilleurs
Déjà sur sa première Ultra, Samsung avait fait des progrès considérables en matière de précision GPS. Avec l’Ultra 2, la nouvelle montre haut de gamme s’appuie sur une nouvelle puce Qualcomm, la Snapdragon Wear Elite, dont la précision GPS est l’un des principaux avantages. Sur le terrain, ça se vérifie à tous les niveaux.
Nos tests en vélo, vélo électrique, course sur route et trail ont permis de juger la précision GPS de la Watch Ultra 2 par rapport à notre montre de référence : la Garmin Fenix 8.
Ainsi, sur les sorties tests en vélo, les écarts mesurés sont inférieurs à 50 mètres sur des parcours qui font respectivement près de 19 et 15 km. Sur le premier, l’écart entre Garmin et Samsung est de 40 mètres exactement. Sur le second, il descend à 10 mètres. Les deux mesures ont été réalisées dans des environnements urbains assez denses et pas forcément idéaux pour la précision GPS. Dans ces conditions, les performances de la Watch Ultra 2 sont remarquables.
Sur le trail, c’est aussi très satisfaisant. Dans notre boucle de test, nous avons remarqué une mesure identique pendant les 3 premiers km, là où la forêt est la plus dégagée. À mesure que nous nous enfoncions sur des sentiers plus étroits et plus vallonnés, l’écart grandissait légèrement. Mais au final, avec 100 m d’écart sur plus de 11 km de parcours et 300 m de dénivelé, c’est plus que satisfaisant.
Idem pour l’altimètre. Au cours de notre sortie de test, notre Ultra 2 nous a indiqué un gain de 295 mètres contre 299 m sur la Fenix 8. Sur des courses à pied avec moins de dénivelé ou des sorties à vélo, les chiffres constatés sont encore plus proches.
Quant à la mesure de la fréquence cardiaque, elle est aussi au niveau de ce que font les meilleures montres de sport du moment. Ce n’est pas compliqué, on avait peu ou prou la même valeur en regardant notre poignet gauche (Ultra 2) et notre poignet droit (Fenix 8 Pro) sur la quasi-totalité de nos sorties.
Précisons également que pour améliorer la précision et la fiabilité des données, il est possible de coupler cette Galaxy Watch Ultra 2 à une ceinture cardio ou à un capteur de puissance sur un vélo. Les sportifs les plus exigeants apprécieront.
Autonomie : de gros progrès
C’était l’un des enjeux majeurs de cette nouvelle itération de l’Ultra. Samsung le sait, pour peser dans l’univers du sport outdoor et du trail en particulier, une longue autonomie est indispensable.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Coréen a mis toutes les chances de son côté. En utilisant une puce particulièrement efficiente, la Snapdragon Wear Elite, mais surtout en augmentant considérablement la capacité de sa batterie.

Ce passage de 590 mAh dans la précédente version à 800 mAh sur l’Ultra 2 a été réalisé tout en réduisant l’épaisseur de la montre, rappelons-le. Il permet à Samsung de se positionner sur un terrain qui lui était jusqu’ici interdit : les courses longues. L’Ultra 2 serait capable de tenir 20 h en GPS et environ 16 h en suivi GPX (avec la cartographie activée donc). C’est moins que les spécialistes du genre, à l’image d’une Fenix 8 Pro, mais dans l’univers des montres connectées, c’est tout simplement le nouveau champion de l’autonomie.
Pour notre part, nous avons pu constater des résultats assez proches des prédictions de Samsung. Bien entendu, c’est aussi dépendant de la façon d’utiliser la montre, or en période de test, elle est sollicitée plus que de raison. Ainsi, sur notre sortie de vélo de 1 h 50, nous n’avons perdu que 10% de batterie.
Sur notre séance de trail en mode suivi de tracé GPX, la consommation s’est effectivement avérée légèrement plus élevée avec une diminution de la batterie de 14 % en 1 h 30 d’activité environ, pauses comprises.
Quoi qu’il en soit, avec une autonomie aussi conséquente, l’Ultra 2 devrait couvrir l’essentiel des activités de ses utilisateurs sans avoir besoin d’être rechargée. D’ailleurs sur ce point aussi Samsung fait preuve de progrès, puisque la montre dispose désormais d’une charge ultra rapide à haute fréquence. On n’est pas sur des valeurs de smartphones, mais récupérer 40% d’autonomie en 30 min de charge, ça peut sauver une sortie.
Prix et disponibilité de la Samsung Galaxy Watch 8 Ultra 2
Encore plus fine, davantage taillée pour le sport outdoor et dotée d’une meilleure autonomie, la Watch Ultra 2 est aussi… plus chère que la version sortie en 2024.
En effet, le tarif de ce modèle, uniquement disponible en 47 mm, est de 749 euros, soit 50 euros de plus que l’Ultra originale.
À ce niveau de prix, il n’y a pas grand monde à part l’Apple Watch Ultra 3 et les modèles premium de Garmin. Sur ce qu’on a pu constater depuis une dizaine de jours que nous portons la Galaxy Watch Ultra 2, la montre connectée d’Apple est largement dominée. Quant à la comparaison avec une Fenix, elle est sans doute encore prématurée pour Samsung. Mais l’écart qui était conséquent il y a deux ans s’est considérablement réduit avec ce nouveau modèle.
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