Huawei muscle son jeu. Longtemps été cantonnée à des bracelets connectés simples, la marque a su opérer depuis quelques années une montée en gamme fulgurante, symbolisée l’an dernier par une Watch Fit 4 Pro déjà très convaincante.

Avec la Watch Fit 5 Pro, le constructeur chinois veut s’imposer en matière de rapport qualité-prix sur le segment des montres outdoor. À 299,99 euros, elle se positionne pile en face d’une Samsung Galaxy Watch7 (encore au catalogue à 280 euros) voire d’une Apple Watch SE 3 (269 euros, uniquement pour les utilisateurs d’iPhone), tout en arborant des attributs physiques (touches de titane, verre saphir) que l’on ne retrouve habituellement que sur des modèles vendus bien plus cher.

Un design qui assume toujours ses inspirations « Ultra »
L’intention de Huawei est limpide : offrir le look et la sensation d’une montre premium capable de résister aux conditions les plus extrêmes. La Watch Fit 5 Pro reprend le boîtier en aluminium renforcé de la génération précédente, mais y ajoute une lunette autour de l’écran en alliage de titane.

Du côté du verre de protection de l’écran, le constructeur chinois a choisi un verre de saphir, plus résistant que les classiques verres renforcés généralement utilisés à ce niveau de prix. Ce choix de matériau n’est pas seulement esthétique ; il assure à la montre une résistance aux rayures bien supérieure. La finition est exemplaire, avec des brossages précis et un assemblage au millimètre.

Cependant, impossible d’ignorer une nouvelle fois la ressemblance frappante avec l’Apple Watch Ultra. De la forme du boîtier à la couronne rotative crantée, Huawei s’inspire très (trop ?) ouvertement des codes esthétiques de la marque à la pomme. Si certains y verront un manque d’originalité, d’autres apprécieront de pouvoir porter une montre au look « baroudeur chic » pour un tiers du prix de la montre californienne.

Le confort est au rendez-vous. Malgré son aspect massif, la montre se fait oublier au poignet grâce à un poids limité (30,4 grammes). Le bracelet propriétaire reste toutefois un point de friction : bien qu’il soit de très bonne qualité et assure un maintien parfait lors d’efforts intenses, il limite les options de personnalisation si vous souhaitez opter pour un bracelet standard du commerce.

Un écran LTPO qui change la donne
Le véritable bond en avant par rapport à la Watch Fit 4 Pro se situe au niveau de l’affichage. Huawei a intégré une dalle Amoled de 1,92 pouce (408 x 408 pixels), utilisant la technologie LTPO. Pour rappel, cette technologie permet de faire varier dynamiquement le taux de rafraîchissement de l’écran, ce qui est crucial pour économiser de l’énergie tout en offrant une fluidité irréprochable. En pratique, l’écran est une réussite. Avec une luminosité de pointe à 3 000 nits capable de défier les rayons directs du soleil, la lisibilité est parfaite en toutes circonstances.

Les contrastes sont profonds, les couleurs éclatantes et la résolution permet une lecture aisée des notifications ou des cartes de navigation. L’ergonomie logicielle a également été peaufinée. La couronne rotative offre un retour haptique délicat et précis, permettant de naviguer dans les menus sans occulter l’écran avec ses doigts ; un avantage indéniable pour les mains moites après une séance de sport.

Le système de commande est complété par un bouton latéral personnalisable. L’ensemble est d’une réactivité exemplaire : on ne note aucun ralentissement lors du passage d’une application à l’autre. C’est fluide, intuitif, on sent que Huawei a tout optimisé pour offrir une expérience utilisateur proche de ce que propose Samsung, Google ou Apple.
Connectivité : entre ouverture et frustrations
Côté logiciel, la Watch Fit 5 Pro est propulsée par HarmonyOS. La grande force de Huawei reste sa compatibilité universelle : que vous soyez sous iOS ou Android (via l’installation d’un APK cependant), la montre fonctionne parfaitement via l’application Huawei Health. Cette dernière est d’ailleurs l’une des plus complètes du marché, centralisant vos données de sommeil, de stress et vos performances sportives. On apprécie tout particulièrement la possibilité de synchroniser ses données vers Strava ou Komoot, un point essentiel pour ne pas rester enfermé dans l’écosystème du constructeur.

Cependant, tout n’est pas rose. Le principal point noir reste le magasin d’applications tierces où se battent en duel seulement quelques références. Là où une Pixel Watch ou une Apple Watch vous permet d’installer Spotify, Google Maps ou WhatsApp nativement, la Watch Fit 5 Pro se contente de ses applications maison. Certes, elles couvrent une grande partie des besoins, mais pas tous : la frustration demeure pour les utilisateurs avancés.

Autre bémol : le paiement mobile. Si la montre intègre une puce NFC, l’utilisation en France reste complexe. Huawei propose de passer par des services tiers comme Curve Pay pour pallier l’absence de partenariats directs avec les grandes banques françaises. C’est une solution qui fonctionne, mais qui demande une configuration supplémentaire dont on se serait bien passé, surtout face à la simplicité d’un Google Wallet ou Apple Pay.

Santé et sport : le système TruSense en action
C’est sur les performances sportives que la Watch Fit 5 Pro justifie réellement son prix. Huawei inaugure ici son système TruSense, un ensemble de capteurs censés offrir une précision chirurgicale.

Dans les faits, le suivi de la fréquence cardiaque est en effet performant. Lors de nos sorties running en fractionné, la montre a réagi de belle manière aux changements de rythme. Elle intègre également une fonction ECG permettant de surveiller plus précisément son rythme cardiaque.

La montre propose également des modes spécifiques extrêmement poussés. Pour le golf, elle intègre une cartographie 3D de plus de 17 000 parcours à travers le monde, permettant de visualiser les obstacles et de mesurer les distances avec précision.

Pour le tennis, elle analyse désormais la puissance de vos coups et votre type de jeu. Les cyclistes ne sont pas en reste : la montre peut se connecter au smartphone pour projeter les données de course sur l’écran du téléphone fixé au cintre du vélo, transformant l’ensemble en un véritable ordinateur de bord.

Toutefois, le tableau est légèrement terni par la précision du GPS. Si dans la majorité des cas, le signal est capté rapidement et le tracé est très précis, nous avons subi quelques hallucinations logicielles. Sur certains parcours habituels, la trace a parfois dévié de plusieurs dizaines de mètres, nous faisant traverser des pelouses où nous n’avions jamais mis les pieds. Ces bugs de jeunesse sont frustrants pour un produit étiqueté « Pro », même s’ils restent ponctuels et probablement corrigeables via une mise à jour. En revanche, la cartographie embarquée est un vrai atout pour la randonnée ou le trail, permettant de suivre un itinéraire directement au poignet, même sans connexion data.

Le suivi de sommeil s’avère quant à lui plutôt efficace, mais n’a jamais atteint la précision des algorithmes de notre Apple Watch Series 11 de référence. Cette dernière s’avère plus fine et a mieux détecté certains réveils nocturnes, quand la montre de Huawei était plus laxiste sur ce point.

Une autonomie solide en progression
Dans notre scénario de test intensif (tous les suivis de santé activés, écran always-on, notifications activées et environ 30 minutes de sport par jour avec GPS, nous avons atteint 5 jours complets. C’est un excellent résultat qui enterre littéralement la concurrence sous Wear OS et watchOS qui peine souvent à dépasser les 30 à 48 heures.

Par rapport aux 4 jours de la Watch Fit 4 Pro, on gagne une journée supplémentaire, sans doute grâce à l’efficacité de l’écran LTPO. Si vous désactivez l’écran toujours allumé, vous pourrez sans doute frôler les 8 ou 9 jours, mais ce serait se priver de l’un des plus beaux atouts de la montre. La recharge est rapide, la batterie de 471 mAh pouvant passer de 0 à 100 % en une heure.
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