Sur le marché ultra-concurrentiel des stations électriques portables, franchir le seuil des 2 kWh est souvent synonyme de renoncement à la véritable portabilité. Jusqu’ici, pour obtenir une telle capacité, il fallait accepter de traîner des blocs dépassant les 25 kilos sur des roulettes. Avec la SOLIX C2000 Gen 2, Anker rebat les cartes et s’adresse directement à ceux qui veulent de la puissance sans se ruiner le dos.
Je découvre la ANKER SOLIX C2000 Gen 2
Design et ergonomie : elle entre dans la catégorie des poids « légers »
Le premier contact avec la C2000 Gen 2 est une excellente surprise. Sur la balance, elle affiche seulement 18,9 kg et s’éloigne radicalement des 30,5 kg de l’ancienne génération F2000. Face à la concurrence directe, elle se distingue en faisant mieux que les 20,3 kg de l’EcoFlow Delta 3 Max et 24,2 kg pour la Bluetti Elite 200 V. Seule la Jackery Explorer 2000 v2 fait mieux avec 17,5 kg, au prix d’une puissance de sortie inférieure (2 200 W contre 2 400 W) et d’une connectique moins généreuse. La poignée télescopique et les roulettes ont logiquement disparu, laissant place à un bloc rectangulaire compact (459 × 250 × 257 mm) doté de poignées latérales robustes.

Son plateau supérieur parfaitement plat permet d’empiler du matériel dans le coffre d’un van, ou d’y poser la batterie d’extension optionnelle BP2000 Gen 2 sans occuper d’espace au sol. On regrette l’absence d’un chargeur sans fil par induction sur cette surface plane, une commodité que proposent certains concurrents. Autre concession assumée pour alléger la machine : la disparition de la barre lumineuse LED présente sur la F2000. En cas de coupure de courant générale, vous ne pourrez plus utiliser votre batterie comme lampe de chantier.

L’écran LCD, intégré dans la façade supérieure en finition piano black, affiche en temps réel le niveau de charge, la puissance d’entrée et de sortie, ainsi que le temps de charge ou de décharge estimé. Via l’application, il est possible de régler sa luminosité, son délai de mise en veille jusqu’à 30 minutes et d’y activer un écran de veille. La connectique regroupe quatre prises Schuko 230 V, deux USB-C 140 W, un USB-C 15 W, un USB-A 12 W et une prise allume-cigare 12 V/120 W. Bon point, tout est accessible sans déplacer l’appareil.
Puissance et fonctionnalités : les promesses marketing face à la réalité
Au cœur de la machine, des cellules lithium fer phosphate (LFP) garanties pour 4 000 cycles à 80 % de capacité, ce qui correspond à plus d’une décennie d’usage quotidien. L’onduleur affiche un rendement de conversion DC/AC d’environ 88 % : sur les 2 048 Wh stockés, vous récupérez plus de 1 800 Wh d’énergie utile via les prises AC, soit une très bonne performance.
Anker fait grand bruit autour d’une consommation à vide de 9 W. Une note de bas de page sur le site officiel précise toutefois que ce chiffre est mesuré en laboratoire à 25 °C, batterie pleine, et uniquement pendant les 9 premières heures. En conditions d’usage réel (température variable, batterie partiellement déchargée, onduleur AC actif…), la consommation sera nécessairement supérieure. En pratique, elle peut quasiment doubler et cela reste toutefois un bon résultat puisque certains concurrents s’orientent plutôt vers 30 à 40 W dans la même configuration.

Le constructeur met en avant plusieurs scénarios d’alimentation tels que des ordinateurs portables, un téléviseur ou encore un réfrigérateur. Anker annonce une autonomie allant jusqu’à 32 heures pour un frigo, sans toutefois s’avancer trop en tablant sur « 15 à 32 heures » et en rappelant que les performances réelles peuvent varier en fonction de l’environnement d’utilisation. C’est effectivement le cas et le résultat dépendra du type de réfrigérateur (classique ou américain), de son âge et de l’utilisation, dont le nombre d’ouvertures de porte et de redémarrages du compresseur. Le résultat peut aussi varier en fonction de la saison et un frigo pourra davantage consommer en été pour maintenir le froid.
Si vous avez un frigo relativement récent, vous pouvez couper la poire en deux et tabler sur une autonomie autour de 24 heures. Et si votre modèle entre dans une classe énergie élevée, il est possible de dépasser les prévisions de la marque.
Côté puissance brute, l’onduleur délivre 2 400 W en continu avec une capacité d’absorption en crête annoncée à 4 000 W. Il est possible d’atteindre cette limite et même d’être au-dessus pendant un court moment, à condition de le faire plutôt avec un seul appareil.

En effet, la batterie se montre un peu moins à l’aise pour flirter avec les limites lorsque plusieurs appareils très gourmands sont alimentés en simultané. Nous avons eu droit à un passage en sécurité en essayant différentes combinaisons avec des appareils gourmands (bouilloire, sèche-cheveux, air fryer, chauffage d’appoint…), avant même d’atteindre les 4 000 W.
La fonction UPS bascule en moins de 10 ms, en dessous des 17 ms tolérés par la norme ATX (pour l’ATX 3.0 et 12 ms pour l’ATX 3.1) des ordinateurs de bureau. En pratique, lors de nos simulations de coupure, ni le téléviseur ni l’ordinateur ne se sont éteints.
Recharge : 67 minutes sur secteur, 800 W au soleil
Sur une prise murale standard, la batterie absorbe 1 800 W par défaut et passe de 0 à 100 % en 90 minutes. L’application permet d’ajuster cette puissance d’entrée par paliers de 100 W, de 200 W jusqu’à 2 300 W maximum.
Ce dernier réglage permet de descendre à 67 minutes pour une charge complète, ou au contraire de brider la recharge pour préserver les disjoncteurs d’une installation ancienne ou d’un camping. En combinant 2 300 W secteur et des panneaux solaires pour atteindre une entrée totale de 2 600 W, la charge complète tombe à 58 minutes.

En mode 100 % solaire, l’entrée maximale plafonne à 800 W : comptez au minimum 2,5 à 3 heures sous un soleil parfait. C’est supérieur aux 500 W acceptés par l’EcoFlow Delta 3 MAX, mais inférieur aux 1 000 W de la Bluetti Elite 200 V2. Une position médiane qui peut frustrer ceux qui misent sur une autonomie solaire complète en hiver. À signaler, nous avons effectué nos tests avec un panneau Anker SOLIX RS50B et non avec le panneau solaire pliable PS400. Ce dernier est proposé en kit avec la batterie par le fabricant.
Pour les adeptes de la vanlife, un chargeur d’alternateur optionnel de 800 W permet de recharger la station en 3 heures de route. C’est huit fois plus vite que la prise allume-cigare limitée à 120 W.
Extensions : 4 kWh maximum
Un port d’expansion propriétaire en façade permet de connecter la batterie esclave BP2000 Gen 2, qui ajoute 2 048 Wh pour atteindre 4 096 Wh au total. Elle se pose directement sur le plateau supérieur plat, sans occuper d’espace supplémentaire au sol. Concrètement, cela double l’autonomie et un réfrigérateur domestique tient alors un week-end complet de coupure réseau.

Le système ne peut accueillir qu’une seule batterie d’extension simultanément et le plafond est donc fixé à 4 kWh. Cela est suffisant pour la grande majorité des usages nomades et de secours domestique, mais loin de plateformes comme la Jackery Explorer 2000 Plus, dont le chaînage parallèle permet théoriquement d’atteindre 24 kWh. Si votre projet dépasse le cadre du secours ponctuel ou de la vanlife, cette limite est à prendre en compte.
Cette limite se fait d’autant plus sentir si vous envisagez un usage en autoconsommation solaire. La C2000 Gen 2 n’est tout simplement pas conçue pour cet usage, ce n’est d’ailleurs pas sa vocation. Des solutions dédiées, comme la Solarbank Max AC d’Anker, offrent une meilleure capacité et une meilleure intégration pour ce scénario.
Silence, connectique et application
À pleine charge, les ventilateurs restent discrets et ne produisent qu’un léger bourdonnement, loin du bruit de sèche-cheveux de certains anciens modèles. Les deux ports USB-C de 140 W (Power Delivery 3.1) permettent de recharger simultanément deux ordinateurs portables gourmands sans activer les prises 230 V. En USB-C, l’efficience de conversion atteint 90 %, soit environ 1 840 Wh réellement utilisables sur les 2 048 Wh stockés.

L’application Anker SOLIX communique en Bluetooth en proximité et bascule sur le Wi-Fi pour la supervision à distance. L’interface affiche le niveau de charge, la température interne et les flux d’énergie en temps réel. Les paramètres accessibles sont nombreux : puissance maximale d’entrée AC réglable, limites de charge et décharge personnalisables, activation individuelle de chaque bloc de prises, et mises à jour firmware sans fil (OTA).
L’application propose quatre modes : le mode Standard (UPS) qui donne la priorité à l’alimentation des appareils, le mode Tarif horaire pour recharger pendant les heures creuses et consommer pendant les heures pleines, le mode Garde tempête qui pré-charge automatiquement la batterie à l’approche d’une alerte météo, et enfin le Plan de charge rapide qui programme une recharge complète à une heure définie.

Notons que l’architecture logicielle exige une vérification périodique du jeton d’authentification sur les serveurs Anker via Internet. En zone blanche, cela bloque l’accès aux réglages avancés : un comble pour un appareil vendu comme compagnon de plein air.
Je découvre la ANKER SOLIX C2000 Gen 2
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