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Rachat de SFR : l’Autorité de la concurrence met déjà en garde Orange, Free et Bouygues Telecom

Benoît Cœuré, le président de l’Autorité de la concurrence, estime que le rachat de SFR « ne va pas de soi », sans pour autant être automatiquement anticoncurrentiel. Il rappelle néanmoins l’amende de 534 millions d’euros infligée en 2005 à Orange, SFR et Bouygues Telecom pour entente illicite.

Le 6 juin dernier, Orange, Bouygues Telecom et Free ont signé un accord de plus de 20 milliards d’euros dans le cadre du rachat de SFR (Altice France). Après des mois de négociations pour le moins tumultueuses, SFR devrait donc être démantelé et réparti entre ses trois acquéreurs. Il est toutefois obligatoire d’utiliser le conditionnel étant donné que ce rachat doit encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence. Justement, Benoît Cœuré, le président de l’Autorité de la concurrence, a donné son point de vue sur la situation lors d’un entretien accordé au journal Le Monde.  

Une opération de rachat qui « ne va pas de soi »

Benoît Cœuré, le président de l’Autorité de la concurrence, estime que « L’opération de rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange ne va pas de soi ». Il précise ensuite qu’elle ne va pas de soi : « parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré ». Cependant, Benoît Cœuré explique qu’un marché des télécom à trois opérateurs n’est pas automatiquement anticoncurrentiel : « si nous avions déjà conclu que le passage de quatre à trois opérateurs sur le marché français était nécessairement anticoncurrentiel, nous l’aurions dit ». Néanmoins, il annonce que le consortium devra démontrer que le rapprochement ne dégradera pas la concurrence.

Si le rachat de SFR n’est pas nécessairement anticoncurrentiel pour le président de l’Autorité de la concurrence, ce dernier s’inquiète des comportements que pourraient adopter les trois opérateurs restants. Pour souligner son inquiétude, il rappelle l’amende de 534 millions d’euros infligée en 2005 à Orange, SFR et Bouygues Telecom pour entente illicite. Les trois opérateurs s’étaient alors échangé des données confidentielles concernant leurs clients. Pour rappel, Free n’est arrivé sur ce marché qu’en 2012.

Une augmentation des prix inévitable ? 

Le président de l’Autorité de la concurrence estime qu’un passage de 4 à 3 opérateurs aboutit à un questionnement « naturel » sur le risque de hausse des tarifs, sans prendre de position tranchée sur ce sujet. Ce sont justement Orange, Bouygues Telecom et Free qui devront démontrer qu’un marché à trois opérateurs n’implique pas de hausses de tarifs, même si la théorie économique est claire sur les fusions dites « 4 vers 3 » : elles font monter les prix. L’Autorité de la concurrence va devoir procéder à une instruction approfondie qui pourrait durer jusqu’à 18 mois. Cependant, aucune enquête n’a été lancée pour l’instant. Comme l’explique Benoît Cœuré : « Nous n’avons encore rien reçu et n’avons, à date, aucun détail sur ce projet ». En attendant, les salariés de SFR vivent dans l’incertitude quant à leur sort.

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Source : Le Monde