Six mois après avoir perdu tout contact avec elle, la NASA a officiellement déclaré la fin de la mission MAVEN le 3 juin 2026. Un comité d’enquête a conclu que la sonde, en orbite autour de Mars depuis 2014, est dans un état irrécupérable. Lancée en novembre 2013 pour une mission initiale d’un an, MAVEN aura finalement fonctionné pendant plus de onze ans, bien au-delà de toutes les espérances.
Une rotation inattendue qui a tout emballé
Le dernier contact avec MAVEN remonte au 6 décembre 2025. La sonde fonctionnait normalement lorsqu’elle est passée derrière Mars, masquée à la vue de la Terre. Vingt à trente minutes plus tard, quand elle aurait dû réapparaître, le Deep Space Network de la NASA n’a capté aucun signal. Les semaines de tentatives de reconnexion qui ont suivi, mobilisant également le radiotélescope de 100 mètres de Green Bank Observatory en Virginie-Occidentale, sont restées sans réponse.
Un fragment de télémétrie récupéré quelques heures après la perte de contact a fourni un premier indice : MAVEN tournait sur elle-même à une vitesse de 2,7 tours par minute. En fonctionnement normal, la sonde est stabilisée et ne tourne pas. Cette rotation inattendue l’a privée d’énergie solaire, drainant ses batteries en quelques heures et rendant toute communication impossible. La cause racine de cette rotation reste inconnue. Le rapport final du comité d’enquête est attendu dans quelques mois.
MAVEN se trouve actuellement sur une orbite entre 200 et 4 000 kilomètres d’altitude. La NASA estime qu’elle y restera entre 50 et 100 ans avant de rentrer dans l’atmosphère martienne.
Onze ans de découvertes sur l’atmosphère de Mars
Derrière la perte technique, le bilan scientifique est remarquable. MAVEN était la première mission entièrement dédiée à l’étude de l’atmosphère de Mars et à comprendre comment elle s’est échappée dans l’espace au fil des milliards d’années, transformant une planète potentiellement habitable en désert froid et aride.
Parmi ses contributions majeures : la démonstration que les tempêtes solaires accélèrent significativement l’érosion de l’atmosphère martienne, la découverte de plusieurs types d’aurores inédites sur Mars, et la première mesure directe du phénomène de pulvérisation atmosphérique, où des ions projetés à grande vitesse arrachent des molécules de gaz. La sonde a également étudié l’impact des tempêtes de poussière globales sur la perte d’eau dans l’espace, et observé la comète interstellaire 3I/ATLAS quelques mois avant sa disparition. En onze ans, l’équipe scientifique de MAVEN a produit plus de 800 publications.
« Nous comprenons désormais mieux l’échappement atmosphérique sur Mars que sur n’importe quelle autre planète, y compris la Terre », résume Shannon Curry, chercheuse à l’Université du Colorado et investigatrice principale de la mission.
Un vide opérationnel à combler d’urgence
Au-delà de la science, la perte de MAVEN a des conséquences pratiques immédiates. La sonde assurait un rôle de relais de communications entre les rovers sur la surface de Mars et la Terre, et sa contribution dépassait largement sa part des sessions : elle ne représentait que 8 % des relais du réseau martien, mais traitait 18 % des données transmises. MAVEN détenait d’ailleurs le record du système solaire de données relayées depuis une autre planète en une seule journée.
Quatre sondes prennent toujours en charge ce rôle de relais : Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter côté NASA, et Mars Express et Trace Gas Orbiter côté ESA. La NASA indique que les opérations des rovers se poursuivent avec de légers ajustements, sans déficit scientifique notable pour l’instant.
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Néanmoins, l’urgence se fait sentir pour l’avenir. La mission Mars Telecommunications Network, dotée de 700 millions de dollars dans le budget fédéral américain de l’an dernier, doit être lancée avant fin 2028 pour assurer les communications des missions actuelles et futures vers Mars, y compris les missions habitées en préparation. La NASA a publié son appel d’offres final en mai, avec des propositions attendues le 15 juin et un contrat prévu pour le 1er octobre.
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Source : SpaceNews

