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Fin de l’ISS : la NASA veut jeter la station dans l’océan, les écologistes s’insurgent

Pour envoyer la Station spatiale internationale à la retraite, la NASA prévoit de la faire s’écraser au Point Nemo début 2031. Une solution historique qui provoque la colère des défenseurs des océans.

Inexorablement, l’heure de la retraite approche pour la Station spatiale internationale (ISS). Vieillissant, extrêmement coûteux à entretenir et victime de fuites d’air à répétition, le mythique laboratoire orbital doit cesser ses opérations d’ici fin 2030, avant d’être désorbité en tout début d’année 2031. Pour orchestrer cette exécution technique, la NASA a déjà un plan bien ficelé : abaisser progressivement l’orbite de la station grâce à la traînée atmosphérique naturelle et aux manœuvres du segment russe de l’ISS, puis, en mi-2029, arrimer un véhicule spatial conçu par SpaceX pour lui faire effectuer le tir de freinage final, la forçant à plonger vers l’atmosphère terrestre, où une grande partie devrait partir en fumée. Le reste des débris massifs terminera sa course tout au fond de l’océan Pacifique. Si cette trajectoire finale semblait actée, elle se heurte désormais à la colère des organisations de protection de l’environnement, qui accusent la communauté spatiale de traiter l’océan comme une décharge publique.

Le Point Nemo, cimetière idéal ou angle mort juridique ?

Pour esquiver le moindre drame humain au moment de ce plongeon historique, l’agence spatiale américaine mise tout sur le Point Nemo. Perdu au cœur du Pacifique Sud, à un peu plus de 2 600 kilomètres de la moindre trace de terre ferme, ce secteur détient le titre de l’endroit le plus isolé du globe. Sur le papier, c’est la décharge orbitale idéale : zéro chance de voir un débris de plusieurs tonnes s’écraser sur un toit.

Point Nemo
Illustration du Point Nemo, le point de l’océan le plus éloigné de toute terre émergée sur la planète Terre. © Wikimédia

C’est précisément ce choix géographique qui fait bondir l’organisation écologiste The Ocean Foundation. Son président, Mark Spalding, dénonce une faille majeure dans le droit international. Si un débris spatial s’écrase sur le territoire d’un État souverain, les traités de 1972 imposent au pays lanceur de payer des compensations financières automatiques pour les dégâts. En revanche, aucune protection de ce type n’existe pour la haute mer. Sauf qu’en ciblant délibérément les eaux internationales, les ingénieurs s’offrent aussi une sacrée pirouette juridique, s’affranchissant de la moindre corvée de nettoyage ou de décontamination après le crash. Une logique qui fait bondir les protecteurs de la nature. Mark Spalding le formule sans détour :

« L’éloignement de l’océan par rapport aux infrastructures humaines ne doit pas être confondu avec un manque de valeur ou de vulnérabilité. L’océan et ses créatures méritent la même protection que le droit international accorde aux territoires nationaux ».

Une pollution impossible à évaluer

L’enjeu de cette discorde repose sur une immense incertitude scientifique. L’ISS affiche des dimensions comparables à celles d’un terrain de football américain et intègre des composants extrêmement denses. Les spécialistes s’accordent à dire que tout ne brûlera pas lors de la traversée de l’atmosphère. Des blocs entiers de métaux et de matériaux composites vont survivre au bouclier thermique naturel de la Terre et couler jusqu’au plancher océanique.

Spacex Dragon Iss Crash Terre 2030
Le premier visuel dévoilé par SpaceX sur le vaisseau Dragon qui réalisera la désorbitation de la Station spatiale internationale. © SpaceX

Le problème réside dans le fait qu’aucune étude d’impact environnemental poussée n’a été publiée par la NASA concernant la toxicité potentielle de ces composants sur la faune sous-marine. La priorité des agences s’est visiblement portée ailleurs. Comme le souligne le rapport officiel du GAO (U.S. Government Accountability Office), le calendrier de la NASA est avant tout dicté par la nécessité de gérer l’interruption de la présence humaine continue en orbite basse lors de la transition vers les stations commerciales.

Une opacité qui pousse The Ocean Foundation à taper du poing sur la table. Dans des propos rapportés par Space.com, l’ONG réclame l’inventaire complet des matériaux qui vont finir au fond de l’eau ainsi qu’un audit sur les retombées de poussières métalliques qui vont stagner dans le ciel lors du grand krach de la station.

La NASA piégée dans une impasse technique

Face à ces accusations de pollution programmée, la NASA se retrouve pourtant dans une impasse technique totale. Il n’existe actuellement aucune solution de rechange viable pour se débarrasser de cette infrastructure de plus de 400 tonnes. L’ISS s’est construite par l’assemblage successif de modules sur plusieurs décennies et n’a jamais été pensée pour être démontée pièce par pièce dans l’espace. Tenter de la démanteler en orbite risquerait de générer des milliers de débris spatiaux incontrôlables, menaçant l’ensemble des satellites en activité.

De la même manière, la propulser vers une « orbite cimetière » beaucoup plus haute est techniquement impossible au vu de sa masse gigantesque. Le crash contrôlé en mer reste, aux yeux des ingénieurs, la solution la moins dangereuse pour l’humanité. Le bras de fer ne fait que débuter, alors que de nouveaux traités internationaux sur la protection de la haute mer pourraient bientôt forcer le secteur spatial à revoir ses méthodes de fin de mission.

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