Voilà une question que les conducteurs de véhicules électriques se sont certainement déjà posée : « pourquoi dois-je respecter la limitation de vitesse suite aux pics de pollution alors que ma voiture pollue moins que celle des autres ? ». L’interrogation est en effet légitime, car une voiture électrique ne rejette rien à l’échappement. Une vitesse supérieure n’entraînerait donc pas une augmentation de la pollution à la source.
Pourquoi imposer une vitesse réduite à tous en cas de pollution ?
La raison est intimement liée à la sécurité : imposer à tout le monde un rythme réduit limite les écarts de vitesse entre les différents véhicules. Il a en effet été scientifiquement démontré que de nombreux accidents sur autoroute sont dus à un différentiel de vitesse trop important entre deux véhicules. Plus l’écart est élevé, plus les risques de collision s’envolent. La solution est alors de loger tout le monde à la même enseigne.
La règle autrichienne qui bouscule les codes
S’il y a plus de particules fines que d’habitude, les axes limités à 130, 110 et 90 km/h voient ainsi leur vitesse maximale réduite de 20 km/h. C’est comme ça en France. En Autriche, les choses se présentent en revanche différemment, car une décision assez inhabituelle a été prise huit ans plus tôt : les véhicules électriques ne sont pas soumis aux limites réduites en cas de pic de pollution, contrairement aux modèles essence, diesel et hybrides.
Le pari gagnant de l’électrique en Autriche
Cette dérogation légale leur permet ainsi de rouler à 130 km/h, contre 100 km/h pour les autres sur près de 440 km d’autoroutes. L’idée derrière cela est bien entendu d’inciter les automobilistes à passer à la voiture électrique, car ces modèles ne représentaient que 2,5 % des ventes en 2018. Audacieux et efficace : l’année dernière, les autos à batterie dépassaient les 20 % de part de marché en Autriche selon l’ACEA.
Entre incitation écologique et risques sur la route
Et la bonne nouvelle, c’est que la mesure est toujours d’actualité, même si elle soulève quelques interrogations. Comme dit précédemment, le risque d’accident sera naturellement plus élevé, d’autant plus que le différentiel de vitesse n’est pas de 20 km/h, mais de 30 km/h dans le cas présent. Le second problème, c’est que si la pollution à l’échappement n’augmente pas, la consommation d’énergie, elle, grimpera en flèche.
Une telle mesure est-elle envisageable en France ?
Tous les conducteurs de véhicules électriques le savent : passer de 100 à 130 km/h entraîne une perte d’autonomie particulièrement importante. De quoi solliciter légèrement plus le réseau électrique quand viendra la recharge. Légèrement, on a bien dit… Une telle mesure pourrait-elle s’appliquer un jour en France ? Les chances sont très maigres, surtout quand le nombre de morts sur autoroute vient de repartir à la hausse…
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Source : Green Car Reports

