Malgré leur interdiction pour des raisons de nuisances sonores, les vols commerciaux civils à grande vitesse n’ont pas été abandonnés. En effet, la Chine a développé, en collaboration avec l’université Beihang, un prototype d’appareil qui vient d’entrer dans sa phase d’assemblage final. L’objectif affiché derrière cette machine expérimentale est de dessiner les contours d’un transporteur de dix à quinze passagers capable de relier Pékin à Shanghai en seulement trente minutes, contre deux heures aujourd’hui avec les liaisons commerciales classiques.
Dissiper le bang sonique pour viser Mach 2
Conçu pour repousser les limites de l’aérodynamique, le TMS-10 mise sur une configuration technique de pointe qui entend bien dompter la physique du vol supersonique. L’appareil cherche à dissiper les ondes de choc plutôt qu’à simplement les atténuer, en modifiant la gestion des ondes générées au niveau du nez et des voilures pour éviter qu’elles ne fusionnent en une détonation trop puissante. À l’arrière, une architecture spécifique permet de redistribuer et d’affaiblir ces perturbations avant qu’elles n’atteignent le sol.
Autant d’optimisations qui permettent à l’engin d’atteindre une vitesse de croisière de Mach 2, soit environ 2 470 km/h, tout en conservant la capacité de naviguer en régime subsonique autour de Mach 0.95 (1 173 km/h). Les équipes ont déjà validé la conception de l’appareil à travers des tests en soufflerie, la mise au point des commandes de vol et la fabrication de la cellule. Un premier modèle réduit avait déjà effectué un vol à basse vitesse sous la barre de Mach 0.2 en juin 2025 pour valider la stabilité des phases de décollage et d’atterrissage.
Une expérimentation grandeur nature pour répondre à la NASA
Pour effectuer ces tests d’ici à la fin de l’année, les ingénieurs devront franchir le mur du son afin de mesurer précisément le bruit généré par le prototype et valider le mariage entre la propulsion et l’aérodynamique. Le défi reste immense pour la Chine, qui doit encore transformer l’essai pour adapter cette technologie à des cabines commerciales plus grandes, capables de résister aux contraintes d’un vol habité régulier et d’assurer une exploitation économiquement viable.
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De leur côté, les États-Unis poursuivent leurs propres essais avec le X-59 de la NASA, un appareil de recherche qui a réussi à passer le mur du son à Mach 1.4 au mois de juin. Alors que l’avion américain enchaîne les vols d’essai au-dessus du désert de Mojave pour préparer sa phase de validation acoustique, la Chine démontre avec le TMS-10 son ambition de relancer les liaisons rapides à travers le monde, en attendant qu’un cadre réglementaire autorise à nouveau ce type de vols civils au-dessus des terres.
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Source : Gizmodo

