Le télescope spatial Swift de la NASA a effectué sa rentrée atmosphérique mercredi 4 novembre à 13 h 39, heure de Paris, au-dessus du nord de l’île de Sumatra, en Indonésie, où il était alors 19 h 39. L’agence spatiale américaine l’a confirmé à partir des données de suivi de l’US Space Force. Le satellite d’environ 1 450 kg est retombé pile au milieu de la fenêtre de deux heures que l’armée américaine avait annoncée le matin même.
Space-Track has confirmed that Swift has reentered Earth’s atmosphere on November 4, 12:39 UTC ± 1 min and has been registered as decayed.
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— The Aerospace Corporation (@AerospaceCorp) November 4, 2026
« La NASA s’attendait à ce que la majeure partie du vaisseau se consume lors de son passage dans l’atmosphère, mais certains composants pourraient avoir survécu à la rentrée », précise l’agence. Avant la chute, elle évaluait à environ une chance sur 2 100 le risque qu’une personne soit blessée par un débris quelque part sur Terre, un niveau plus élevé que le seuil d’une chance sur 10 000 retenu par les règles américaines de limitation des débris spatiaux, mais qui reste faible. Comme l’orbite de Swift était peu inclinée, les éventuels fragments ne pouvaient retomber qu’entre 20,6 degrés de latitude sud et 20,6 degrés de latitude nord. Aucune victime n’a été signalée et aucun débris retrouvé au sol n’avait été rapporté jeudi.
Un sauvetage inédit qui a tourné court
Swift ne disposait d’aucun système de propulsion pour corriger son orbite. Pendant le maximum solaire, l’activité du Soleil a dilaté la haute atmosphère et augmenté le freinage du télescope, accélérant sa chute bien plus vite que prévu. Pour tenter de le sauver, la NASA avait signé un contrat de 30 millions de dollars avec la start-up Katalyst Space, dont le vaisseau robotique LINK a décollé le 3 juillet pour agripper Swift et le remonter sur une orbite plus haute. Fin juillet, LINK a perdu le contrôle de son orientation après la panne de deux de ses roues de réaction, et la NASA a abandonné l’opération le 19 août. « Dès le départ, c’était une mission à haut risque et à fort potentiel », a rappelé Shawn Domagal-Goldman, directeur de la division astrophysique de la NASA, cité par Aerospace Corporation.
Le télescope a malgré tout repris ses observations pendant quelques semaines. Le 20 octobre, descendu à 275 km d’altitude, il ne parvenait plus à compenser le freinage de l’atmosphère et a basculé en mode de sécurité. L’équipe de l’université d’État de Pennsylvanie, qui l’exploitait, a alors mis fin à ses opérations selon la NASA.
Une mission de deux ans qui en aura duré vingt-deux
Lancé le 20 novembre 2004 depuis Cap Canaveral, Swift devait à l’origine fonctionner deux ans pour étudier les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes connues dans l’Univers. Sa force tenait à sa réactivité : il pouvait pointer ses télescopes vers une explosion fugace en une minute environ et alerter les observatoires du monde entier pour qu’ils prennent le relais.
En près de 22 ans, il a observé plus de 2 000 sursauts gamma et plus de 1 400 supernovae, et ses données ont nourri environ 7 000 publications scientifiques, selon la NASA. L’agence le décrit comme un « outil polyvalent pour explorer l’Univers », qui a aussi permis d’étudier des galaxies alimentées par des trous noirs supermassifs, des comètes ou des astéroïdes du système solaire. Sa construction, son lancement et son exploitation auraient coûté au total environ 500 millions de dollars en tenant compte de l’inflation.
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Source : NASA

