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NASA : une mission d’urgence lancée pour empêcher un télescope de s’écraser sur Terre

Lancé dans une course contre la montre de neuf mois, le vaisseau robotique LINK de la start-up Katalyst a décollé avec succès pour intercepter et remorquer le télescope spatial Swift de la NASA avant qu’il ne s’écrase sur Terre.

Le compte à rebours est lancé dans l’espace. Après quelques jours de retard dus à la météo et à un léger problème technique, la mission de sauvetage de la dernière chance pour l’observatoire spatial Neil Gehrels Swift de la NASA a enfin décollé le vendredi 3 juillet 2026. Larguée depuis le ventre d’un avion de ligne modifié au-dessus de l’atoll de Kwajalein dans les îles Marshall, une fusée Pegasus XL de Northrop Grumman a propulsé en orbite le vaisseau robotique LINK.

Northrop Grumman Stargazer Pegasus Xl Rocket
© NASA/Ron Beard

Développé en urgence par la start-up américaine Katalyst Space Technologies, ce « remorqueur » spatial a une mission inédite : intercepter un télescope à 500 millions d’euros totalement privé de moteurs pour l’empêcher de brûler dans l’atmosphère terrestre.

Moins d’un an pour éviter le crash

En mai dernier, nous vous expliquions comment les tempêtes solaires successives avaient dilaté l’atmosphère, augmentant la traînée sur le télescope et précipitant sa chute vers la Terre. Privé de tout système de propulsion pour corriger sa trajectoire, Swift risquait une désintégration pure et simple dès cet automne, avec une probabilité de 90 % de s’écraser en octobre sans intervention extérieure.

Pour sauver ce précieux outil d’astrophysique qui étudie les sursauts gamma depuis 2004, la NASA a dû faire un pari fou : signer en septembre 2025 un contrat d’urgence de 30 millions de dollars avec Katalyst. La start-up a réussi l’exploit de concevoir, fabriquer et tester son appareil LINK en à peine neuf mois, là où une telle mission prend habituellement cinq ans. Pour maximiser les chances de réussite, l’équipe de la NASA au Goddard Space Flight Center avait d’ailleurs mis le télescope en mode survie, suspendant les observations scientifiques et ajustant son orientation pour minimiser la friction.

Comme le souligne l’agence Associated Press (AP), si ce sauvetage s’avère être un succès, la NASA pourrait appliquer la même stratégie d’ici quelques années pour corriger l’orbite du mythique télescope Hubble, lui aussi victime de la météo solaire.

Une chorégraphie spatiale à 360 kilomètres d’altitude

Maintenant que LINK est en orbite, la première phase critique est validée : les équipes au sol ont officiellement établi la communication avec le vaisseau, confirmant le bon déploiement de ses panneaux solaires. Après quelques semaines de tests de ses capteurs et systèmes de navigation, LINK va entamer un voyage d’un mois pour rattraper Swift, qui orbite actuellement à 360 kilomètres d’altitude.

À lire aussi : Fin de l’ISS : la NASA veut jeter la station dans l’océan, les écologistes s’insurgent

Fin juillet, le vaisseau autonome s’approchera à moins de 10 kilomètres de sa cible pour entamer son approche finale. C’est là que débutera la partie la plus délicate de la mission : LINK déploiera ses trois bras robotiques équipés de pinces articulées pour agripper délicatement le télescope, un appareil vieillissant de 21 ans qui n’a jamais été conçu pour être attrapé. Une fois solidement amarré, LINK allumera ses propulseurs pendant 60 jours pour remorquer Swift 240 kilomètres plus haut, le remettant sur une orbite stable et durable pour prolonger sa mission scientifique de plusieurs années.

Un double enjeu militaire face à la Chine

Si la NASA voit dans cette mission une opportunité économique pour étendre la durée de vie de ses actifs plutôt que de les remplacer, le Pentagone et l’U.S. Space Command surveillent l’opération de très près. Derrière le sauvetage scientifique se cache en effet une démonstration de force technologique en pleine guerre froide spatiale entre les États-Unis et la Chine.

Pékin a déjà démontré ses capacités en 2022 en utilisant un satellite doté d’un bras robotique pour agripper et désorbiter un autre engin spatial. Pouvoir inspecter, capturer et déplacer un satellite en orbite est une compétence à double usage militaire évidente. La réussite de LINK prouverait la capacité des États-Unis à déployer des solutions de maintenance, ou d’interception de satellites ennemis, de manière ultra-rapide et standardisée.

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Source : Reuters