Difficile de faire plus discret. Amazon n’a pas son pareil pour glisser une clé HDMI derrière un téléviseur sans qu’on s’en rende compte, et cette nouvelle génération pousse l’exercice encore plus loin. Mais cette cure d’amincissement s’accompagne d’un changement bien plus profond, invisible à l’œil nu : l’arrivée de Vega OS, le nouveau système maison qui doit, à terme, remplacer entièrement Fire OS sur l’ensemble de la gamme.

Design : la clé qui se fait oublier
Amazon n’y va pas par quatre chemins : ce Fire TV Stick HD est la clé la plus fine jamais produite par la marque, environ 30 % plus étroite que la génération précédente. Concrètement, le boîtier mesure désormais 91,5 x 21,1 x 14,5 mm, soit à peine plus large que la prise HDMI elle-même. Un format qui peut s’avérer plus pratique selon les configurations : fini le tassement de câbles derrière la TV, la clé se glisse sans peine au milieu des ports HDMI déjà encombrés par une box ou une console.

La vraie nouveauté se trouve toutefois du côté de l’alimentation. Amazon a fait le choix d’abandonner l’adaptateur secteur fourni jusqu’ici pour passer à une alimentation directe via le port USB du téléviseur, grâce à un câble USB-A vers USB-C livré dans la boîte. Le port micro-USB de l’ancienne génération laisse ainsi place à de l’USB-C, une mise à jour bienvenue.

Dans les faits, ce choix simplifie grandement l’installation : plus besoin de libérer une prise secteur, plus de câble qui traîne, juste la clé et son court cordon directement raccordé au dos de la TV. Si votre téléviseur ne dispose pas de port USB ou que vous avez oublié le câble lors d’un déplacement, la clé peut malgré tout être alimentée classiquement via un adaptateur secteur USB-C, non fourni.

La télécommande, elle, n’a pas bougé d’un iota : rectangle noir classique, pavé de navigation circulaire glossy, bouton d’alimentation et Alexa avec micro intégré, contrôles de lecture au centre, boutons de volume et raccourcis dédiés vers Prime Video, Netflix, Disney+ et YouTube. Du déjà vu, mais qui fait toujours le travail.

L’installation ne demande que quelques minutes : on branche la clé sur le port HDMI, on relie le câble USB au port de la TV, on se connecte avec son compte Amazon, et le tour est joué.
Interface et fonctionnalités : du mieux, mais pas pour tout le monde
Amazon a profité de cette nouvelle génération pour déployer une refonte complète de l’interface Fire TV, partagée avec le reste de sa gamme. Visuellement, le changement saute aux yeux : de grandes vignettes aux angles arrondis remplacent les rectangles austères d’avant et la barre de menus migre du milieu de l’écran vers le haut. On y trouve désormais, de gauche à droite, la recherche, l’accueil, les films, les séries, la TV en direct et le sport, soit autant d’onglets plein écran dédiés à chaque type de contenu. Une icône à trois traits ouvre quant à elle un menu déroulant regroupant les paramètres, le mode ambiant pour les fonds d’écran, la boutique d’applications, art & photos, les jeux (essentiellement la plate-forme de cloud gaming Luna côté Amazon) et « Mes contenus », c’est-à-dire les favoris.

Reléguer les favoris dans ce sous-menu nous semble être un choix discutable : si l’on prend la peine de mettre une série ou un film de côté, c’est bien pour le retrouver rapidement, pas pour devoir fouiller dans un menu secondaire. Certes, les onglets Accueil et Séries proposent une rangée « Reprendre la lecture », mais elle est systématiquement reléguée plusieurs rangs plus bas, derrière les recommandations algorithmiques, les applications, et même du contenu sponsorisé.
Sur l’écran d’accueil, il faut ainsi scroller un bon moment avant de retomber sur ce qu’on a réellement envie de regarder, ce qui donne parfois l’impression qu’Amazon privilégie ses propres recommandations au détriment de l’usage le plus basique d’un service de streaming.
Côté performances, en revanche, cette nouvelle mouture fait clairement ses preuves. La navigation est nettement plus fluide que sur la génération précédente, sans le moindre à-coup en parcourant les onglets et le lancement des contenus se fait quasi instantanément.
Amazon annonce d’ailleurs des gains de vitesse de plus de 30 % par rapport à l’ancienne clé HD, une promesse qui se vérifie en usage réel et qui doit autant à la nouvelle interface qu’au processeur quad-core 1,7 GHz désormais épaulé d’un cœur ARM Cortex-A55 (contre un A53 auparavant).
Reste un manque et non des moindres : toujours aucun mode multitâche digne de ce nom permettant de basculer rapidement d’une application à l’autre sans repasser systématiquement par l’écran d’accueil. Une lacune que l’on traîne depuis plusieurs générations de Fire TV et qui n’a toujours pas trouvé de solution ici, alors que c’est précisément le genre de confort qu’on attendrait d’une interface qui se veut repensée.

Amazon mise également beaucoup sur Alexa+, son assistant nouvelle génération intégré nativement à la clé. Disponible aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, l’assistant vocal commence également à être déployé progressivement en Europe auprès de certains utilisateurs.
Promesse affichée : des recommandations plus naturelles via la conversation, la possibilité de demander des informations sur un acteur à l’écran, ou encore de sauter directement à une scène précise d’un film sur Prime Video en la décrivant simplement à voix haute.
Une fonctionnalité qui reste néanmoins tributaire de la télécommande, faute de microphones à champ lointain embarqués : pas d’usage mains libres ici, contrairement à un Fire TV Cube. Malgré tout, il est tout à fait agréable de parler à Alexa+ en langage bien plus naturel qu’Alexa. L’usage même du Stick n’invite pas forcément à poser des questions d’ordre général, mais cette nouvelle génération de l’assistant s’avère bien pratique lorsqu’il faut lancer justement sa série favorite sans avoir besoin de faire défiler le menu comme décrit précédemment.
Applications et connectivité : la question Vega OS
C’est sans doute le changement le plus structurant de cette génération, et pourtant le moins visible au premier abord : ce Fire TV Stick HD tourne sous Vega OS, le nouveau système d’exploitation maison basé sur Linux, qui remplace progressivement Fire OS, jusqu’ici bâti sur Android. Amazon met en avant plusieurs arguments en sa faveur : un système plus léger, moins gourmand en ressources et donc capable de tourner sur du matériel plus abordable, mais aussi davantage sécurisé puisqu’il ne prend pas en charge le sideloading, c’est-à-dire l’installation manuelle d’applications en dehors de la boutique officielle.

Dans les faits, toutes les grandes plateformes de streaming répondent présentes : Prime Video évidemment, mais aussi Netflix, Disney+, Apple TV, Crunchyroll, Twitch ou encore YouTube. Le problème se situe ailleurs, du côté des applications tierces sur lesquelles de nombreux utilisateurs de Fire TV s’appuient depuis des années, à commencer par VLC ou Downloader, conçues pour Android et tout simplement incompatibles avec ce nouveau socle Linux.
La bibliothèque logicielle de Vega OS reste donc nettement plus restreinte que celle de Fire OS, même si elle continue de s’étoffer mois après mois, avec par exemple l’arrivée récente d’applications VPN.
Interrogé par la presse américaine sur la pertinence de ce choix face à des modèles Fire OS toujours en vente et proposant un catalogue bien plus large pour un tarif proche, Amazon botte en touche en expliquant qu’un compteur d’applications ne reflète pas l’usage réel : peu importe d’avoir accès à des dizaines de milliers d’applications si la quasi-totalité des contenus réellement consommés s’y trouve déjà.
Un argument qui se défend, mais qui élude un peu vite la question de fond, à savoir pourquoi continuer à vendre deux écosystèmes différents sans répondre frontalement à la comparaison. La réponse est en réalité limpide : tous les futurs Fire TV Stick fonctionneront désormais sous Vega OS, ce stick HD n’étant que le premier représentant, aux côtés du Fire TV Stick 4K Select, d’une bascule amenée à se généraliser à toute la gamme dans les années à venir.

Pour le streaming pur, l’impact reste donc limité, d’autant que la stabilité de la connexion s’avère excellente au quotidien. La clé passe au Wi-Fi 6 (contre du Wi-Fi 5 sur l’ancien modèle), une amélioration bienvenue qui se traduit par une connexion plus robuste, en particulier dans les environnements réseau encombrés, à condition bien sûr de disposer d’un routeur compatible.
Le Bluetooth 5.3 est également de la partie, pour appairer manettes ou écouteurs sans accroc. On regrette en revanche l’absence de toute solution de diffusion locale digne de ce nom : seul le WiDi/Miracast est pris en charge pour connecter un PC compatible, sans équivalent d’AirPlay ou de Google Cast pour caster facilement depuis un smartphone.
Le stockage embarqué, limité à 8 Go, constitue un autre point faible : avec une poignée d’applications installées, l’espace disponible se réduit vite, un défaut qu’Amazon traîne depuis plusieurs générations sans jamais vraiment le corriger.
Qualité d’image et son : honnête, sans miracle
Comme son nom l’indique, ce Fire TV Stick HD se cantonne à une diffusion en 1080p, ce qui en fait clairement un produit pensé pour redonner vie à un téléviseur Full HD plutôt qu’accompagner une grande dalle 4K. La clé prend en charge les contenus HDR aux formats HDR10, HDR10+ et HLG, ce qui lui permet d’apporter un vrai gain de contraste et de richesse colorimétrique sur les téléviseurs compatibles, ce qui ne sera pas forcément le cas des modèles les plus vieux. À noter l’absence de support du Dolby Vision qui se généralise pourtant sur les plates-formes de streaming.
Le lancement des contenus se révèle quasi instantané, qu’il s’agisse de séries sur Prime Video ou de films sur Netflix et la fluidité de lecture ne souffre d’aucune saccade, la résolution HD restant naturellement bien moins exigeante qu’un flux 4K pour le petit processeur embarqué. Sur l’audio, la clé prend en charge le Dolby Audio, garantissant des dialogues clairs et une restitution sonore propre pour un usage de streaming classique, sans toutefois rivaliser avec les solutions audio plus haut de gamme du marché.
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