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Un vaisseau privé part en juin sauver un télescope de la NASA avant qu’il ne brûle dans l’atmosphère

Le télescope Swift de la NASA, sans moteur, tombe vers la Terre. Un vaisseau privé part en juin pour le capturer et le repousser en orbite. Une première mondiale.

Le télescope spatial Neil Gehrels Swift de la NASA a un problème : il tombe. Lancé en 2004 pour étudier les sursauts gamma, les explosions les plus puissantes de l’univers, il continue de fonctionner parfaitement après vingt ans de bons et loyaux services. Toutefois, sans système de propulsion pour maintenir son orbite, la résistance atmosphérique le tire inexorablement vers la Terre depuis des années. En juin, un vaisseau robot privé baptisé Link décollera à son secours pour tenter, dans une première mondiale, de capturer un satellite gouvernemental américain et de le propulser vers une orbite plus haute.

Un télescope en chute libre depuis des années

La situation de Swift illustre un problème classique des satellites en orbite basse : même à 300 kilomètres d’altitude, l’atmosphère terrestre exerce une résistance suffisante pour ralentir progressivement les objets qui s’y trouvent. La plupart des satellites disposent de propulseurs pour compenser ce phénomène. Swift n’en a pas.

Le maximum solaire de 2024, plus intense que prévu, a précipité les choses. Lorsque le Soleil est actif, l’atmosphère terrestre se dilate légèrement en altitude, augmentant la traînée exercée sur les objets en orbite basse. Les modèles élaborés début 2025 ont alors prédit que Swift rentrerait dans l’atmosphère dès l’été 2026. Face à cette perspective, la NASA a signé en septembre 2025 un contrat de 30 millions de dollars avec la société Katalyst Space Technologies, basée à Flagstaff en Arizona, pour tenter de le sauver.

V5 Nasa Swift Predicts
Altitudes réelles et prévues de l’observatoire Swift de la NASA. La ligne orange montre l’altitude moyenne mesurée entre novembre 2025 et mai 2026. Les courbes vertes représentent les prévisions successives. Celle de janvier 2026 (à gauche) prévoyait une chute critique sous les 300 km dès l’été. Les trajectoires suivantes, plus hautes, témoignent du succès des ajustements opérationnels ayant permis de réduire la traînée aérodynamique du satellite. © NASA’s GSFC/M. Shoemaker et F. Reddy

En attendant le lancement, l’équipe du télescope a mis Swift en mode de gestion d’urgence : les observations scientifiques ont été suspendues et l’orientation du satellite est régulièrement ajustée pour minimiser la traînée atmosphérique. Des prédictions orbitales hebdomadaires sont générées par les équipes de la NASA au Goddard Space Flight Center, en intégrant les données de suivi du Space Force américain et les prévisions météorologiques solaires de la NOAA. Résultat : Swift devrait rester au-dessus de l’altitude critique de 300 kilomètres jusqu’au début de l’automne.

Link, le sauveur privé

Le vaisseau Link, conçu par Katalyst, décollera en juin à bord d’un lanceur Pegasus de Northrop Grumman. Sa mission est sans précédent : rejoindre Swift en orbite basse, le capturer et le propulser vers une altitude plus élevée pour lui offrir plusieurs années supplémentaires d’exploitation. Ce sera la première fois qu’un vaisseau privé capturera un satellite robotique opéré par le gouvernement américain.

La difficulté de la mission est double. D’abord, localiser précisément Swift au moment du lancement, sachant que sa trajectoire évolue en permanence selon l’activité solaire et les manœuvres d’orientation. Ensuite, effectuer la capture et le transfert orbital sans endommager un télescope qui n’a pas été conçu pour être saisi. « Ces prédictions évoluent au fil du temps, en fonction des prévisions météorologiques spatiales et d’autres facteurs comme l’altitude et l’orientation actuelles de Swift », a précisé Michael Shoemaker, responsable adjoint de la dynamique de vol à la NASA, dans un communiqué publié le 26 mai.

Si la mission réussit, Swift poursuivra ses observations pendant plusieurs années supplémentaires, apportant des données scientifiques précieuses sur les sursauts gamma et autres phénomènes cosmiques. En cas d’échec, le télescope rentrera dans l’atmosphère et se désintégrera, marquant la fin d’une mission qui aura duré plus de deux décennies.

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Source : Space.com