Bouille joviale, équipement complet et prix bien ajusté ? Sur le papier, la recette de l’Epiq le petit SUV urbain de Skoda, semble tout simplement parfaite. Après un premier aperçu lors de sa présentation, qui n’a fait que confirmer nos premières impressions, il est temps d’en prendre le volant. Rendez-vous entre la Bavière et le Tyrol autrichien pour un essai complet et un avis argumenté sur l’un des véhicules stars de cette rentrée.
Design : tout simplement réussi
Nous serons particulièrement brefs sur l’aspect esthétique de cet essai. Et pour cause, entre la version que nous avons découverte en mai 2026 et celle que nous avons essayée trois mois plus tard, il n’y a strictement aucune différence apparente. Si vous souhaitez en savoir plus sur les choix esthétiques et les bonnes idées de design de l’Epiq, nous vous recommandons la lecture de notre premier aperçu du modèle et, encore mieux, le visionnage de notre vidéo de présentation.

Confort à bord : Skoda au rendez-vous
Petit SUV (4,17 m tout de même), mais grand espace ? Pas un constructeur ne vous dira que son intérieur n’est pas spacieux et Skoda ne déroge pas à la règle. Pour autant, l’Epiq fait plus que bonne figure lorsqu’il s’agit de tester sa logeabilité et le confort à bord.
La présentation générale est digne de ce que propose Skoda depuis plusieurs années, c’est-à-dire du Volkswagen… en mieux. Le style est sobre (peut-être un peu trop), mais maîtrisé. L’écran principal de 13 pouces occupe une place centrale, mais son intégration ne souffre d’aucun défaut. Il est complété d’un petit écran d’instrumentation, étonnamment efficace compte tenu de la surface d’affichage.

Comme à son habitude, Skoda n’abuse pas du recours au tactile et garde physiques les commandes les plus sensibles. Sous cet ensemble écran/touches de réglages d’ambiance, on retrouve un support de charge à induction qui, surprise, ne peut accueillir qu’un seul smartphone. En revanche, on apprécie le soin du détail et les petites intentions du constructeur, que ce soit avec le passage de câble ou la présence d’un parapluie logé dans la porte latérale.
À l’arrière, la place est plus réduite, gabarit oblige, mais suffisante pour deux enfants/adolescents. La garde au toit, tout comme la largeur aux épaules et aux coudes, sont pour leur part bien plus conséquentes.
Enfin, notre essai ne serait pas complet si on ne prenait pas la peine d’évoquer la passion tchèque du moment pour l’impression 3D. Skoda a décidé, sur cet Epiq, de lancer toute une gamme d’accessoires divers et variés qui ont donc pour point commun d’avoir été imprimés en 3D. Problème : comme beaucoup d’objets similaires, la qualité perçue n’est pas fantastique, mais l’ensemble de ces accessoires présente un avantage indéniable : il peut être fabriqué à la maison gratuitement ou presque.

Le Skoda Peak sur la route, ça donne quoi ?
Il n’y a pas que sur la praticité que l’Epiq a son mot à dire. Sur la route aussi le petit SUV électrique ne manque pas de caractère. Avec son train avant mordant et le train arrière qui ne bouge pas d’un poil, la petite Skoda électrique enchaîne les courbes avec dynamisme et sérénité. Le confort général est aidé par des suspensions qui font particulièrement bien leur travail et par une insonorisation qui a peu d’équivalent à ce niveau de prix.
Pour le dire vite, on est très bien à bord de l’Epiq et si la route le permet, il est fort possible de s’amuser un peu.

Pour rappel, lors de notre essai, nous avons pu bénéficier de la version baptisée 55, la plus puissante avec son moteur de 155 kW (211 ch) et 290 Nm de couple, ce qui, bien entendu, aide en matière de sensations. Toutefois, si elles sont nécessairement moins véloces, les versions 85 kW (116 ch) et 99 kW (135 ch) bénéficieront des mêmes qualités dynamiques.
L’autonomie est-elle au rendez-vous ?
C’était à la fois l’une des questions les plus prégnantes avant notre essai et la principale frustration lorsqu’on a dû rendre les clés de notre Skoda Epiq. De quoi est capable la batterie de 55 kWh (52 kWh de charge utile) du petit SUV électrique ? Alors que le grand frère, le Peaq, vient de faire un record d’autonomie avec près de 1 000 km en une charge, soit bien mieux que ce qu’indiquait sa fiche technique, il était raisonnablement permis d’espérer pareille prouesse de la part du petit dernier.

Avouons-le tout simplement. À la question de savoir ce que vaut vraiment l’Epiq en matière d’autonomie, nous n’avons pas de réponse à formuler à l’heure de l’écriture de ces lignes. La faute à un parcours tronqué et pas du tout adapté à une mesure de consommation. Explication : l’itinéraire de l’essai proposé par le constructeur partait des environs d’Innsbruck à près de 1 500 m d’altitude dans le Tyrol pour arriver à Munich, soit 150 km plus loin, certes, mais surtout 1 000 m plus bas.
Pendant les premières dizaines de kilomètres après notre départ, nous avons même pu observer une consommation « négative ». Concrètement, la récupération au freinage au cours de notre descente vers la vallée nous a permis de récupérer davantage de kWh que nous n’en avons réellement consommé.
Dans ces conditions, il serait tout à fait erroné de donner une consommation pour l’Epiq. En revanche, de ce que nous avons pu voir en milieu urbain ou sur le réseau secondaire, les chiffres annoncés par Skoda, c’est-à-dire 441 km d’autonomie WLTP et une consommation de 11,8 kWh/100 km, ne semblent pas complètement hors de portée. Ils nous poussent même à vouloir les vérifier sur le terrain. En conséquence, dès lors que ce sera possible, nous reprendrons le volant d’un Epiq dans l’objectif de mettre à jour cette partie de notre essai.

Comme souvent dans le groupe VW, c’est sur la recharge que le bât blesse. Nous n’attendons pas d’une voiture dite accessible, qui plus est dotée d’une « petite » batterie, des puissances de recharge de plusieurs centaines de kW. Mais limiter le pic de charge du modèle d’entrée de gamme à 50 kW et celui de la version la plus chère (près de 40 000 euros tout de même) à 105 kW, c’est vraiment regrettable.
Skoda, comme d’autres, arguera que le 10 à 80 % se fait en moins d’une demi-heure. Il n’empêche que ce temps pourrait approcher le quart d’heure si ces constructeurs ne manquaient pas d’ambitions sur ce point.
Le meilleur à moins de 25 000 euros ?
Cousin de la Cupra Raval et de l’ID. Polo, ce Skoda Epiq navigue à peu près dans les mêmes eaux tarifaires. Surtout, il dispose d’une version d’entrée de gamme qui s’affiche, une fois le bonus appliqué, à moins de 25 000 euros.

S’il semble aujourd’hui le mieux armé dans la famille, VW (en attendant notre essai de l’ID. Polo), le SUV tchèque devra sans doute convaincre face au Kia EV2 et, surtout, à la Renault 4 E-Tech, considérée en France, comme la référence électrique du segment. Sur ce que nous avons pu découvrir au cours de ce court essai, avec un meilleur équipement, un style plus conventionnel, plus de place à bord et un tarif bien plus attractif, l’Epiq peut avancer avec quelques certitudes.
Verdict du test :
La Skoda Epiq est l’une des très bonnes surprises de cette fin d’année. Skoda frappe fort avec un modèle qui est plaisant à regarder, très confortable au quotidien et qui procure en plus du plaisir sur la route. Si on ajoute à ces premières qualités un intérieur malin, de la place dans le coffre et aux jambes, une autonomie honnête et un prix plutôt intéressant, on arrive sans doute à la conclusion qu’il s’agit de l’un des meilleurs véhicules électriques de l’année.
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