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Lunettes connectées : suite à plusieurs plaintes pour harcèlement sexuel, la France lance une enquête

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pénale sur les lunettes connectées. L’enquête découle d’une série de plaintes pour harcèlement sexuel. Des individus ont filmé des femmes dans la rue sans leur consentement.

Les lunettes connectées continuent de susciter la controverse. Pour leurs détracteurs, les lunettes intelligentes, comme les incontournables Ray-Ban de Meta, représentent une menace pour le respect de la vie privée. Équipées de caméras, les lunettes peuvent permettre de prendre des photos ou de filmer sans se faire repérer, bien que les fabricants multiplient les restrictions pour éviter les abus. Un groupe de protection des consommateurs néerlandais (la Consumentenbond) vient d’ailleurs de réclamer l’interdiction pure et simple des accessoires sur le marché. En Allemagne, les lunettes connectées de Meta risquent même le tribunal pénal.

En France, c’est d’abord la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) qui s’est emparée du dossier. Le gendarme de la vie privée estime que les lunettes connectées, de plus en plus présentes dans l’espace public et privé, sont « un nouveau défi pour la vie privée et soulèvent des enjeux éthiques et sociétaux forts ».

Contrairement à un smartphone qu’il faut sortir et orienter, les lunettes connectées captent tout ce que regarde leur porteur, souvent de manière quasi invisible pour les personnes filmées à leur insu, rappelle la CNIL. L’organisme met en avant l’article 226-1 du Code pénal, qui punit d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende la captation non consentie de l’image d’une personne dans un lieu privé.

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Une enquête pénale ouverte en France

Dans ce contexte, le parquet de Paris a ouvert une enquête pénale sur le sujet des lunettes connectées, rapportent nos confrères de Reuters. Les investigations ont été lancées à la suite d’une série de plaintes pour harcèlement sexuel impliquant des lunettes intelligentes. Les plaintes visent des individus qui se sont mis à filmer des femmes dans la rue à leur insu. Notez qu’il s’agit même d’une tendance grandissante sur les réseaux sociaux, où des rois autoproclamés de la drague, abordent des inconnus en les enregistrant.

Afin de mieux cerner les infractions qui pourraient découler des lunettes, la brigade de lutte contre la cybercriminalité a réalisé une série de tests. Le parquet n’a précisé ni la marque des lunettes utilisées, ni le nombre de personnes visées par l’enquête. En théorie, les peines vont jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

Meta, l’actuel leader avec plus de 75 % des parts de marché, a multiplié les mesures pour tenter d’endiguer les abus. Le groupe a notamment déployé une mise à jour qui désactive toutes les lunettes qui ont été trafiquées pour désactiver le témoin lumineux, qui indique qu’un enregistrement est en cours. Meta bloque aussi les petits malins qui cachaient la LED une fois que l’appareil photo s’était mis à filmer. Enfin, le géant américain s’est engagé à bannir de Facebook et Instagram toutes les vidéos abusives filmées avec les lunettes.

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Source : Reuters


Florian Bayard