Une voiture électrique au prix d’une thermique : la promesse de Skoda n’est pas des plus simples à tenir et pourtant, le constructeur tchèque, membre de la galaxie Volkswagen, y est parvenu avec sa dernière production, l’Epiq.
Skoda aime les SUV et l’Epiq, malgré son « petit » gabarit, 4,17 m de long seulement, a toutes les caractéristiques de ses grands frères, Elroq et Enyaq (pour ne citer que les électriques).
Mais l’Epiq a un atout maître : un prix d’appel sans égal dans le catalogue de Skoda : moins de 25 000 euros, bien moins même si on applique les différents bonus auxquels ses acheteurs peuvent prétendre, nous y reviendrons. Mais à ce tarif, celui d’une Skoda Kamiq, son équivalent thermique, peut-on vraiment proposer une voiture électrique digne de ce nom ?

C’est fort de cette question que nous sommes partis à la découverte du Skoda Epiq, dans le studio de design où il a été dessiné, à quelques kilomètres de Prague.
Design : un baby SUV au look épique
Jusqu’ici, l’Epiq ne nous était apparu qu’en version camouflée, il était donc assez difficile de savoir à quel point il reprendrait les bonnes idées du concept qui a présidé à sa conception.
Le premier contact a donc été des plus rassurants. Les designers de Skoda ont non seulement repris les bonnes idées de leurs dessins initiaux, ils se sont même permis d’assumer certains traits qu’une partie de leurs collègues du groupe VW aurait commencé par effacer.

Le résultat ? L’Epiq a une sacré bouille. Il est à la fois l’incarnation d’un SUV qui assume complètement son identité avec des passages de roues proéminents, un bouclier très marqué ou encore les barres de toit chères aux baroudeurs. Mais il est aussi, par ses dimensions, un SUV relativement sage, presque « petit ».
Le tout ne manque clairement pas de caractère, surtout dans la version « First Edition » qui bénéficie en plus d’un travail soutenu avec ses touches rouges par endroit. Enfin, toujours côté design, l’Epiq parvient à mêler subtilement des aspects franchement dynamiques, comme sa poupe, avec des petites touches d’élégances comme le logo Skoda marqué discrètement sur le montant C.

Voilà pour nos premières impressions à l’approche de cet Epiq. Mais comme souvent, chez Skoda, c’est l’habitacle qui fait la différence. Qu’en est-il sur ce petit SUV électrique ?
Habitacle : du Skoda dans le texte
Il ne faut que quelques secondes, une fois assis dans l’Epiq, pour retrouver l’ambiance et le confort chers à Skoda. Ce qui saute aux yeux, immédiatement, c’est la place à bord, qu’il faut évidemment mettre en rapport avec le gabarit compact de la bête.
À l’avant (un peu moins à l’arrière), on est particulièrement bien accueillis dans l’Epiq et la place aux jambes ne manque pas. Surtout, on retrouve comme souvent chez Skoda un sens de l’habitacle et des bonnes idées. Il en va ainsi des différents rangements présents en nombre et en volume, y compris dans la porte pour ranger un discret parapluie, très pratique.

Surtout, Skoda exploite à plein tube la plateforme MEB+ sur laquelle est bâtie son SUV. Explications : dans cette formule, le moteur et toute la chaine électromécanique sont intégrés sous le capot, à l’avant ce qui laisse un maximum d’espace à l’arrière. Skoda en profite pour mettre à l’aise ses passagers mais aussi pour creuser un immense coffre pour le segment, 475 L s’il vous plait.

À titre de comparaison, la Renault 4 E-Tech, son rival direct, doit se contenter de 420 L. Et c’est sans compter sur la présence d’un « frunk ». Ce petit coffre sous le capot ajoute un rangement de 25 L supplémentaire. Seul bémol : il est en option.

Un nouveau système d’infodivertissement
Côté écrans, Skoda présente une copie tout à fait sérieuse. Un écran central de 13 pouces pour l’info-divertissement complété par un écran d’instrumentation tout à fait suffisant de 5 pouces. Surtout, pour la première fois, l’OS maison s’appuie sur Google Automotive.

Le résultat final est une interface très claire, certes, mais franchement dépouillée et qui manque quelque peu d’allant. Toutefois, il convient ici d’apporter une précision : la voiture à laquelle nous avons eu accès était une version de présérie. Il y a donc encore un peu d’espoir que Skoda fasse évoluer son OS et, surtout, qu’il fasse disparaitre les quelques lenteurs que nous avons pu constater lors de notre prise en main.
Une cousine de la Raval et de l’ID. Cross
On l’a dit, logique de groupe oblige, l’Epiq partage la même plateforme et une bonne partie de ses caractéristiques techniques avec la piquante Cupra Raval et la très prochaine ID. Cross.
D’ailleurs, se démarquer et réussir à s’imposer face à ses cousines sera sans doute l’une de ses missions les plus complexes. Mais comme elles, elle devra justifier de quelques choix discutables en matière d’électrification, pour le dire plus clairement de compromis techniques.
Ce n’est pas tant le cas sur les batteries disponibles. Celles-ci collent plutôt à l’esprit citadin du SUV compact. L’Epiq donnera le choix entre deux accumulateurs, l’un de 37 kWh en LFP, et un plus généreux de 52 kWh en chimie NMC. Si le premier promet 310 km d’autonomie (WLTP), le second dépasse les 430 km en cycle mixte et permet donc, en théorie d’envisager une utilisation plus polyvalente.
Autre particularité, alors que l’écart en matière de capacité est relativement conséquent entre les deux batteries, leur poids est sensiblement égal (6 kg les séparent). L’explication tient évidemment dans la meilleure densité énergétique permise par la chimie NMC.
Le véritable compromis se retrouve sur la partie recharge. Sous prétexte qu’il s’agit d’un véhicule citadin, Skoda a limité la puissance de charge de sa version de base à 50 kW. Même la version intermédiaire, plafonne à 90 kW. C’est peu, trop peu, et ça limite considérablement l’usage de l’Epiq. Mais le plus décevant reste sans doute le pic de puissance de 125 kW sur la version la mieux dotée, celle dotée de la batterie de 52 kWh.

Certes, le fameux 10 à 80 % de recharge de batterie peut toujours être réalisé en 25 mn, mais ce que Skoda oublie de dire, c’est que cette performance à la borne de charge rapide n’est pas toujours régulière et que la charge inférieure à la demi-heure, c’est seulement quand toutes les planètes sont alignées.
De manière générale, il est curieux de voir en 2026 un nouveau véhicule électrique avec un pic de charge aussi faible, peu importe son prix.
Petits moteurs, belles promesses
L’autre limitation, c’est en soulevant le capot que nous la constatons. Dans ses versions Epiq 35 et Epiq 40, le SUV de Skoda dispose d’une motorisation plutôt timide, 85 et 99 kW, soit 116 ch ou 135 ch. Sur cet aspect, l’Epiq 55 se distingue avec un moteur de 155 kW (211 ch), qui lui permettra de tenir le 0 à 100 km/h en 7,4 secondes. Les versions les plus accessibles se reposeront surtout sur un couple généreux de 267 Nm pour aller chercher quelques sensations.

Un SUV électrique à 21 500 euros ?
L’Epiq démarre tout juste au dessus des 26 000 euros (26 290 euros précisément), auxquels on pourra immédiatement retrancher 3500 euros de bonus (ou plus en fonction des revenus) et même 1 200 de prime additionnelle grâce à une batterie assemblée en Europe. On arrive donc à un tarif entre 21 000 et 22 000, voire inférieur si le montant du bonus est plus élevé.
Il s’agit là, rappelons-le, de la version la plus accessible, celle dotée de la petite batterie, en finition « City ». C’est elle qui permet à Skoda de communiquer sur un prix d’appel aussi attractif, mais elle a sans aucun doute un intérêt pour bien des utilisateurs.

Sans surprise, l’Epiq 55 doté d’une batterie de 52 kWh démarre au-delà des 30 000 euros, dès 31 890 euros. Lui aussi est éligible aux différentes aides à l’achat, et il aura davantage de mal à se démarquer d’une concurrence très dense autour des 30 000 euros.
Premier avis sur le Skoda Epiq
Quoi qu’il en soit, l’objectif est réussi pour Skoda qui parvient avec cet Epiq à proposer un SUV électrique dans le même ordre de prix que son actuel Kamiq. À tel point que le nouveau venu pourrait bien faire de l’ombre à l’Elroq l’autre SUV, à peine plus grand, de la marque tchèque.
Sur ce qu’il nous a montré lors de cette première rencontre, à savoir un excellent design, une habitabilité exemplaire et quelques promesses sur les performances et l’efficience, l’Epiq donne envie d’en voir plus. Rendez-vous est donc pris pour l’essai du SUV électrique de Skoda.
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