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Câbles sous-marins du détroit d’Ormuz : des taxes iranienne menacent de perturber l’Internet mondial

Sur X, le porte-parole de l’armée iranienne l’affirme : « Nous imposerons des taxes sur les câbles Internet ». Téhéran veut instaurer une taxe sur les câbles sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz et acheminent l’essentiel des flux Internet du Golfe vers l’Europe et l’Asie. Si une telle mesure était appliquée, les GAFAM pourraient se retrouver dans une situation difficile, voire sans véritable issue.

Le régime iranien menace d’appliquer une taxe sur les câbles Internet sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz et amènent quasiment l’ensemble des flux Internet du Golfe vers l’Europe et l’Asie. Les GAFAM sont concernées par ces menaces de taxes, mais un problème de taille survient : le gouvernement américain leur interdit strictement de verser des fonds au régime iranien. Si ce dernier met en œuvre ses menaces, la situation s’annonce sans issue, et l’impact pourrait se ressentir à un niveau mondial.

Téhéran menace de taxer les câbles Internet sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz

Après avoir créé un organisme chargé de gérer le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, le régime de Téhéran veut maintenant activer un nouveau levier de pression, et non des moindres, en taxant les câbles Internet sous-marins qui traversent le détroit et acheminent quasiment l’ensemble des flux Internet du Golfe vers l’Europe et l’Asie. Sur X, Ebrahim Zolfaghari, porte-parole de l’armée iranienne, l’affirme : « Nous imposerons des taxes sur les câbles Internet ». Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs appuyé cette mesure dans un message sur Telegram.

Le régime iranien veut ainsi faire payer ceux qui utilisent ces infrastructures, notamment les GAFAM, mais un problème de taille survient : le gouvernement Trump interdit aux géants américains de la tech d’effectuer des transactions avec Téhéran qui menace de son côté de sanctions si ces potentielles taxes ne sont pas payées. Le régime iranien veut donc faire payer des taxes aux GAFAM qui ont interdiction totale de lui verser des fonds. Téhéran ne donne pas de détails concernant les potentielles sanctions, mais menace par exemple de bloquer l’accès aux navires chargés de la maintenance des câbles sous-marins dans le détroit pour tout opérateur refusant de payer ces taxes.

Des conséquences à un niveau mondial

Les câbles sous-marins font transiter plus de 99 % du trafic Internet mondial. Cependant, TeleGeography, une société de recherche en télécommunications, précise que « les câbles traversant le détroit d’Ormuz représentent moins de 1 % de la bande passante internationale mondiale en 2025 ». Moins de 1 % de la bande passante internationale passe par les câbles traversant le détroit d’Ormuz, mais ce 1 % peut avoir des répercussions à un niveau mondial s’il est perturbé.

Interrogé par CNN, Mostafa Ahmed, chercheur principal au centre de recherche Habtoor (Émirats arabes unis), considère qu’une perturbation majeure des câbles pourrait provoquer une « catastrophe numérique » pour les voisins de l’Iran dans le Golfe, l’Inde et certaines régions d’Afrique de l’Est. Les exportations de pétrole et de gaz, les systèmes bancaires et les industries de services numériques seraient notamment fortement impactés. 

Toujours selon CNN, des médias proches des Gardiens de la révolution affirment que des groupes comme Google, Microsoft, Meta et Amazon seront dans l’obligation de se conformer au droit iranien. Mais comment le régime iranien peut-il obliger les GAFAM, mais aussi certaines banques européennes, à payer une telle taxe s’ils ont interdiction totale de lui verser des fonds ? Donald Trump ne risque pas de se montrer flexible sur ce sujet et Téhéran semble avoir trouvé un moyen de pression qui consiste à « imposer un coût tellement élevé à l’économie mondiale que plus personne n’osera attaquer l’Iran », comme l’explique auprès de CNN Dina Esfandiary, responsable Moyen-Orient chez Bloomberg Economics.

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Source : CNN