La date butoir est passée sans accord. Altice France devait recevoir une offre finalisée de Bouygues Telecom, Free et Orange avant ce 15 mai 2026. Les trois opérateurs n’y sont pas parvenus, et le groupe de Patrick Drahi a accepté de prolonger la période d’exclusivité jusqu’au 5 juin. C’est l’essentiel du communiqué commun publié ce matin par les quatre parties.
Pas d’accord, mais des discussions « constructives »
Le vocabulaire choisi dans le communiqué est celui des négociations qui avancent sans se conclure. Les parties parlent de « discussions constructives », formule diplomatique qui signale à la fois que le dialogue existe et qu’un point de friction subsiste. Lequel exactement ? Le texte ne le dit pas. Les trois semaines supplémentaires accordées par Altice France laissent penser que les discussions portent sur des détails juridiques ou financiers complexes plutôt que sur un désaccord de fond, mais rien ne permet de l’affirmer.
Ce qui est dit en revanche, clairement et en toutes lettres : « aucune certitude que ces discussions aboutiront à un accord ». Une précaution juridique liée au statut d’information privilégiée du communiqué, mais aussi un rappel que le dossier peut encore capoter.
Un feuilleton qui dure depuis octobre 2025
Pour rappel, l’offre à 20,35 milliards d’euros soumise le 17 avril était déjà le résultat d’un long processus : une première offre à 17 milliards rejetée en octobre 2025, une due diligence menée par près de 200 experts, et plusieurs semaines de tractations avant que Patrick Drahi, qui réclamait 23,6 milliards, accepte d’entrer en négociation exclusive. Le compromis à 20,35 milliards avait suffi à ouvrir la porte, mais pas encore à la franchir.
Pendant ce temps, les abonnés bougent
L’incertitude qui plane sur SFR n’est pas sans conséquences immédiates. Bouygues Telecom et Orange ont affiché des gains significatifs d’abonnés au premier trimestre 2026, une tendance qui pourrait s’expliquer en partie par des clients SFR préférant anticiper un démantèlement dont l’issue reste pourtant incertaine. Le processus réglementaire, s’il est enclenché, prendra au minimum 18 mois avant tout changement effectif pour les abonnés.
Si un accord de principe est trouvé d’ici là, il ne sera que le début d’un parcours réglementaire long et incertain. L’Autorité de la concurrence devra se prononcer sur ce passage de quatre à trois opérateurs, avec des conséquences potentielles sur les prix que les économistes et les précédents européens permettent déjà d’anticiper. Sans accord avant le 5 juin, le dossier s’ouvrirait à d’autres scénarios.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

