Les discussions autour du « vibe coding » (laisser une IA écrire le code à sa place) tournent généralement autour de promesses d’efficacité et de gains de productivité. Rarement autour du prix. Le 15 mai, Peter Steinberger a publié sur X une capture d’écran de son tableau de bord API OpenAI qui remet les pendules à l’heure : 1 305 088,81 dollars facturés en 30 jours. Steinberger est le créateur d’OpenClaw, l’agent de coding open source qui a accumulé plus de 302 000 étoiles sur GitHub en quelques mois. Le projet est l’un des plus rapides à avoir atteint ce seuil dans l’histoire de la plateforme. Depuis février 2026, il travaille aussi chez OpenAI.
The latest CodexBar update renders API costs wayyyy nicer. https://t.co/lJ4dxNHwzG pic.twitter.com/fCkWutJGzT
— Peter Steinberger 🦞 (@steipete) May 15, 2026
603 milliards de tokens pour trois développeurs
La somme correspond à l’exploitation d’environ 100 instances Codex tournant en parallèle, alimentées par le modèle GPT-5.5 (daté du 23 avril 2026). Sur la période, ces agents ont consommé 603 milliards de tokens à travers 7,6 millions de requêtes. Le tout opéré par une équipe de trois personnes. Ramené à l’agent, le coût moyen atteint environ 13 000 dollars par mois, soit un ordre de grandeur très éloigné de l’estimation officielle d’OpenAI pour Codex (entre 100 et 200 dollars par développeur et par mois).
Steinberger a précisé que la désactivation du « Fast Mode » réduirait la facture d’environ 80 %, la ramenant aux alentours de 300 000 dollars. Un montant qui reste considérable pour trois personnes. Le jour même de la publication, son tableau de bord affichait 19 985 dollars de consommation et 206 000 requêtes sur les dernières 24 heures.
Le détail qui éclaire l’ensemble : cette facture est intégralement prise en charge par OpenAI. Steinberger, embauché en février 2026, bénéficie d’un accès illimité à l’API dans le cadre de ce qu’OpenAI considère comme un investissement en recherche. Sans cette prise en charge, OpenClaw dans sa forme actuelle n’existerait tout simplement pas à cette échelle.
Ce que la facture dit du marché
Pour les développeurs qui utilisent des outils de coding assisté par IA au quotidien, la comparaison est parlante. Un abonnement GitHub Copilot Business coûte 19 dollars par mois. Claude Max d’Anthropic revient à 200 euros. ChatGPT Pro, repositionné en avril 2026 sur le segment développeur, est passé de 103 à 229 euros. Même au tarif le plus élevé, aucun de ces abonnements ne représente ne serait-ce que 2 % de ce que consomme le trio de Steinberger OpenClaw en un mois.
L’épisode éclaire aussi l’histoire récente du projet. En avril 2026, Anthropic avait exclu OpenClaw de ses abonnements Claude Pro et Max, estimant que le volume de tokens généré par l’outil dépassait largement l’usage prévu par ses forfaits. Quelques semaines plus tard, c’est OpenAI qui accueillait Steinberger (et sa consommation) à bras ouverts. La différence entre les deux approches tient en un chiffre : 1,3 million de dollars par mois, absorbé comme coût de recherche par l’un, jugé insoutenable par l’autre.
La promesse du vibe coding repose sur l’idée que les agents IA finiront par coûter moins cher qu’un développeur humain. À 13 000 dollars par agent et par mois, on n’en est pas encore là.
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