Les futures missions spatiales s’annoncent de plus en plus longues. Au-delà des défis techniques, un risque de taille survient, celui du phénomène SANS. En d’autres termes, certains astronautes souffrent de problèmes de vue après un long séjour passé dans l’espace. Le problème est tel que l’Agence spatiale européenne (ESA) a missionné une startup pour développer une solution. Cette solution réside dans un appareil actuellement en cours de développement. Et bonne nouvelle, cette coopération entre les deux organismes pourrait bénéficier au grand public.
Un problème majeur pour les futures missions spatiales
Le phénomène SANS (Spaceflight-Associated Neuro-Ocular Syndrome) est relativement peu connu du grand public. Pourtant, il risque de constituer un sérieux problème pour les missions spatiales futures. Concrètement, certains astronautes rencontrent des troubles de la vision après un séjour prolongé dans l’espace. En effet, en raison de la faible gravité dans l’espace, certains fluides corporels peuvent s’accumuler dans la tête, comprimer les globes oculaires et pousser la rétine vers l’avant. Selon la NASA, ce phénomène touche environ 70 % des astronautes présents à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
Dans certains cas, les astronautes retrouvent leur vue normale après leur retour sur Terre. Dans d’autres, plus minoritaires, les dégâts peuvent être permanents. Mais le principal défi est à venir : les missions spatiales vont devenir de plus en plus longues, ce qui implique un risque accru de SANS pour les astronautes. Imaginez un astronaute embarqué dans une mission spatiale de plusieurs mois qui perd petit à petit la vue : les conséquences pourraient être lourdes. Justement, l’Agence spatiale européenne (ESA) a maintenant décidé de prendre le problème à bras-le-corps.
L’ESA charge une startup de développer une solution
L’ESA a chargé la start-up britannique spécialisée dans l’imagerie oculaire Siloton de développer un appareil permettant aux astronautes de réaliser eux-mêmes un test de la vue, à bord d’un véhicule spatial. À l’heure actuelle, les astronautes disposent déjà d’un appareil pour évaluer leur vue, mais il nécessite une assistance d’experts (et donc une connexion), tout en étant encombrant. Le nouvel appareil développé par la startup Siloton sera miniaturisé et pourra être utilisé sans aucune assistance d’experts. L’objectif est clair : anticiper les risques liés aux missions Artemis.
Une coopération qui pourrait bénéficier au grand public
La startup Siloton travaille actuellement avec le National Health Service (NHS) britannique afin de permettre aux personnes sur Terre souffrant de pathologies rétiniennes de réaliser elles-mêmes des examens à leur domicile. L’ESA a chargé Siloton de développer un appareil semblable pour les astronautes. Les deux organismes cherchent maintenant à mieux comprendre le phénomène SANS afin de surveiller les éventuelles lésions oculaires, mais aussi de pouvoir, à terme, les traiter et prévenir leur aggravation.
Euan Allen, cofondateur de Siloton, explique : « L’ESA a pratiquement les mêmes exigences. C’est simplement dans un environnement totalement différent ». Il précise ensuite : « Je pense qu’une grande partie de ce que nous développons pour l’espace finira par améliorer notre appareil destiné au domicile, et inversement ».
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Source : Wired

