Sur le marché des écouteurs sans fil, Apple continue d’imposer ses AirPods 4 comme référence du format ouvert, et Xiaomi ne veut plus se contenter du rôle de challenger low-cost. Avec les Buds 6, la marque chinoise vise directement le segment premium à 120 €, en misant sur un partenariat acoustique avec Harman, le codec aptX Lossless de Qualcomm et une intégration inédite des deux grands réseaux de localisation, Apple Find My et Google Find Hub. Après quelques semaines de test, voici notre avis sur les Xiaomi Buds 6.
Un format ouvert toujours confortable
La première impression est la bonne. Xiaomi a retravaillé la géométrie de ses écouteurs par rapport à la génération précédente, avec une tige plus fine et une sortie audio moins volumineuse, pour un contact élargi qui répartit mieux le poids. Sur la balance, chaque oreillette affiche 4,4 grammes pour des dimensions de 31,77 x 17,17 x 20,56 mm, un gabarit qui se fait oublier après quelques minutes de port.

Ce format semi-intra conviendra particulièrement à celles et ceux qui ne supportent pas les embouts en silicone. En usage bureautique ou en marche, le maintien reste solide. En revanche, en sport intensif, les écouteurs auraient tendance à se désaxer légèrement lors des mouvements brusques, faute d’un embout pour les verrouiller dans le conduit. Cela peut évidemment varier selon les morphologies d’oreilles. La certification IP54 permet tout de même d’affronter transpiration et pluie fine sans crainte.
Le boîtier de charge, très compact et plutôt élégant avec ses 52,34 x 52,57 x 24 mm pour 34,5 grammes, se glisse facilement dans une poche. Son revêtement brillant marque en revanche les traces de doigts, un défaut plus visible sur le coloris Graphite Black que sur les teintes Pearl White ou Titan Gray. L’appairage en Bluetooth 5.4 se fait de son côté sans accroc, l’écouteur se connectant rapidement dès la sortie du boîtier.

Le son, terrain de jeu du partenariat Harman
C’est sur la restitution sonore que Xiaomi a le plus à prouver, et le résultat est plutôt intéressant. Les écouteurs embarquent un transducteur unique de 11 mm à triple aimant, associé à un diaphragme plaqué or 24 carats qui augmenterait la sensibilité aux hautes fréquences de 30 %, selon le constructeur. Une fois en place dans nos oreilles, on découvre une signature maîtrisée, avec des médiums clairs où les voix se détachent nettement du mix.

Sur une voix seule, a cappella ou en piste acoustique, le grain reste naturel et jamais fade, un net progrès par rapport aux Buds 5, où les médiums manquaient justement de corps. Les aigus, souvent le point faible de cette gamme de prix, montent avec finesse sans sibilance agressive, y compris sur des morceaux chargés en cymbales ou en cordes aiguës.
Le partenariat avec Harman se traduit concrètement dans l’application Xiaomi Earbuds, qui propose deux profils sonores distincts. Le mode AudioEFX livre une écoute analytique et froide, taillée pour le podcast ou le jazz, tandis que le mode Master réchauffe l’ensemble avec des basses plus présentes et une dynamique plus enveloppante, plus adaptée à un morceau électro ou hip-hop rythmé. Ce calibrage évite le piège des basses artificielles et boursouflées que l’on trouve encore sur beaucoup de modèles concurrents, et marque une nette progression par rapport au son plus terne des Buds 5.
L’autre argument fort est la prise en charge du codec aptX Lossless de Qualcomm, qui grimpe jusqu’à 2,1 Mbps en 24 bits/48 kHz avec un smartphone compatible. Sur des pistes non compressées, la différence avec l’AAC classique se veut audible, notamment sur la largeur de la scène sonore.

Le revers de la médaille tient à la nature même du format ouvert. Sans isolation passive pour sceller le conduit auditif, les basses fréquences manquent d’impact physique. Sur un morceau électro ou hip-hop très chargé en basses, on ressent bien la présence du grave mais jamais la pression physique qu’offrirait un intra-auriculaire classique. Les amateurs de musique électronique ou de hip-hop pourraient regretter l’absence de rondeur dans le bas du spectre, malgré l’amélioration annoncée par Xiaomi sur ce point.
Réduction de bruit : une petite bulle de confort, pas de silence
Intégrer une réduction de bruit active efficace sur un écouteur qui ne bouche pas l’oreille relève de la gageure acoustique, et Xiaomi ne fait pas exception à la règle. Le constructeur ne communique pas de taux d’atténuation en dB pour cette ANC adaptative, contrairement à ce qu’il fait sur les Redmi Buds 6 vendus bien moins cher. L’application propose deux niveaux, Équilibrée et Profonde, le premier laissant filtrer davantage l’environnement pour continuer à échanger avec ses interlocuteurs, le second cherchant à isoler un peu plus l’auditeur.
Même sur ce mode Profonde, un bruit continu et sourd comme celui d’une climatisation ou d’un ventilateur de bureau peine déjà à être totalement couvert, ce qui place d’emblée cette ANC en retrait face aux meilleures références du marché. Les écouteurs ne sont évidemment pas les seuls en cause et sont pénalisés par le choix du format ouvert, mais il faut en tenir compte au moment de choisir.
Les voix humaines, les claquements de clavier et les bruits secs passent encore plus facilement au travers. L’efficacité semble aussi dépendante de la morphologie de l’oreille de chacun, ce qui peut expliquer les écarts de ressenti observés d’un porteur à l’autre. Autre limite qui pèse dans la balance : malgré l’appellation adaptative accolée au haut-parleur, l’ANC elle-même ne bascule jamais automatiquement entre les modes Équilibrée et Profonde selon le niveau de bruit ambiant, contrairement à ce que proposent des concurrents plus aboutis sur ce point. Il faut donc considérer cette ANC comme un simple filtre de confort, perfectible, plutôt qu’une véritable coupure du monde extérieur.
Le constat est bien plus favorable côté micros. Les trois capteurs par écouteur, épaulés par un traitement IA du bruit du vent annoncé jusqu’à 12 m/s, offrent une captation vocale nette même en extérieur venteux. Sur ce point précis, les Buds 6 sont de très bons élèves.
Écosystème et contrôles : la bonne surprise
Xiaomi frappe fort avec la prise en charge simultanée des deux plus grands réseaux de localisation mondiaux, Apple Find My et Google Find Hub. Cette compatibilité ne concerne toutefois que le boîtier, et non les écouteurs pris individuellement. À noter aussi que le support de Find Hub nécessite une mise à jour du firmware, et que les deux protocoles ne peuvent pas cohabiter sans réinitialisation du boîtier.
L’application Xiaomi Earbuds reste complète, avec gestion du Multipoint, personnalisation des gestes tactiles et un mode audio spatial avec suivi de la tête, dont l’effet reste toutefois plus discret que chez Apple.
Les commandes tactiles, situées sur la tige, se sont montrées fiables lors de nos essais, sans déclenchement intempestif notable au repositionnement de l’écouteur dans l’oreille. Elles restent personnalisables via l’application pour qui souhaite ajuster la sensibilité ou réattribuer les gestes.
Autonomie : le prix de la haute fidélité
Xiaomi communique deux jeux de chiffres selon le codec utilisé. En Bluetooth AAC, volume à 50 % et réglages par défaut, le fabricant annonce 6 heures sur un seul écouteur sans ANC (35 heures avec le boîtier), et 3,5 heures avec l’ANC activée (20 heures avec le boîtier). En aptX Adaptive, ces chiffres baissent légèrement : 5 heures sans ANC (28 heures avec le boîtier) et 3 heures avec l’ANC activée (19 heures avec le boîtier). L’écart entre les deux codecs reste modeste, mais confirme que l’activation de l’ANC coûte cher en autonomie, quel que soit le codec choisi.
Les chiffres annoncés par le constructeur sont plutôt fidèles à la réalité et nous avons bien réussi à obtenir autour de 3 heures et 30 minutes avec l’ANC activée. Même constat en désactivant l’ANC pour atteindre les 6 heures d’endurance, soit des résultats très corrects même si on observe une chute marquée de l’autonomie avec une réduction de bruit active pourtant limitée.
Côté recharge, comptez environ 1h20 pour recharger entièrement le boîtier et 48 minutes pour les écouteurs (30 % après environ 10 minutes et 80 % après 30 minutes). Une charge complète du boîtier permet ensuite d’obtenir environ quatre recharges complètes des écouteurs.
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