Chez Nothing, même à 99 euros, on ne fait jamais dans la discrétion. La marque britannique persiste et signe avec une nouvelle déclinaison de sa gamme d’entrée de gamme, les Ear (3a), qui n’a clairement pas pour ambition de se fondre dans la masse. Boîtier transparent, coloris rose inédit, driver agrandi et surtout une fonction d’enregistrement directement intégrée aux écouteurs sans fil : sur le papier, Nothing coche beaucoup de cases pour un tarif contenu. Nous avons passé ces Ear (3a) au crible pour savoir si l’exécution est à la hauteur des promesses.

Un design qui ne laisse jamais indifférent
Impossible de le manquer : Nothing conserve son identité visuelle si particulière, faite de transparence et d’éléments mécaniques apparents. Ces Ear (3a) reprennent ce langage de conception, mais y ajoutent une touche de couleur avec un rose vif qui vient rejoindre le noir, le blanc et le jaune déjà disponibles sur la gamme Ear (a). Le constructeur revendique une inspiration venue de l’emballage de plaquettes de pilules bombées, du mouvement artistique Finish Fetish et même des études de couleurs de Josef Albers. Une filiation un brin ambitieuse, mais qui a le mérite de donner du sens à cette esthétique si reconnaissable.

Le boîtier, équivalent à celui des Ear (a), embarque un clapet magnétique caché et une charnière en acier inoxydable pour une ouverture plus fluide. Nous confirmons : la finition est très bonne pour ce niveau de prix, avec un capot transparent du plus bel effet. Un bémol tout de même sur la durabilité des plastiques employés, plutôt durs et sensibles aux rayures. Nous avons ainsi constaté l’apparition d’une marque sur le boîtier après l’avoir simplement rangé dans une poche de sac à dos, au contact d’autres objets. Un point de vigilance si vous comptez transporter vos écouteurs sans étui de protection supplémentaire.

Côté confort, les Ear (3a) se montrent agréables à porter et tiennent bien en place dans l’oreille, avec quatre tailles d’embouts en silicone liquide (XS, S, M, L) et un nouveau design de buse censé améliorer l’étanchéité acoustique. Le corps des écouteurs reste toutefois assez imposant, ce qui pourra poser problème aux plus petites oreilles. Nothing ajoute enfin, pour la première fois sur cette gamme, un voyant LED à trois niveaux sur le boîtier permettant de vérifier d’un coup d’œil la charge de la batterie, l’état de l’appairage ou l’ouverture du couvercle grâce à des motifs lumineux dédiés.

Une fonction d’enregistrement qui change la donne
C’est la vraie nouveauté de ces Ear (3a) : la possibilité d’enregistrer directement ce que l’on écoute ou ce que l’on dit, sans sortir son smartphone. Avec 32 Mo de mémoire intégrée dans les écouteurs, il suffit de pincer les deux tiges simultanément pour déclencher un « Enregistrement instantané » et capturer jusqu’à une minute de contenu — un podcast, une conversation, un morceau de musique. Détail malin : la fonction peut également revenir en arrière et conserver jusqu’à trente secondes précédant le déclenchement, pratique si l’on veut garder un passage qu’on vient tout juste de manquer sans devoir rembobiner. Une pression prolongée permet quant à elle de lancer un enregistrement d’appel, pouvant durer jusqu’à deux heures ; un message audio prévient d’ailleurs automatiquement l’interlocuteur que la conversation est enregistrée

Une fois synchronisés dans l’application Nothing X, ces enregistrements peuvent être retranscrits, résumés par une IA, partagés ou même faire l’objet d’un partage de citations depuis un « Audio Snapshot ». Nothing offre trois mois de « Pro Transcription » avec les Ear (3a), pour 120 minutes utilisables chaque mois, censée offrir la transcription la plus rapide et la plus précise. Passé ce délai, Nothing nous a indiqué que les modèles locaux resteront gratuits et disponibles sans aucune limite de temps pour les utilisateurs ayant épuisé leur quota de modèles cloud et que les utilisateurs ne pourront pas utiliser le modèle en ligne via le cloud s’ils ont épuisé toutes leurs minutes. Les différents modèles et offres de souscription seront seront quant à eux dévoilés en septembre.

La transcription « Standard », elle, se fait directement en local, mais s’avère plus longue à générer. L’enregistrement en arrière consomme par ailleurs davantage d’énergie. Au final, si l’idée est séduisante et clairement inédite sur le marché à ce niveau de prix, nous nous sommes interrogés sur son utilité réelle au quotidien : la fonction ne nous a pas vraiment servi dans nos usages courants, mis à part bien sûr l’enregistrement des conversations téléphoniques que certaines professions adoreront.

Le reste des contrôles reste plus classique, avec un pincement pour la lecture/pause, un double pincement pour passer au morceau suivant et un maintien pour ajuster le volume ou changer de mode de réduction de bruit — tout est personnalisable dans l’application.
Une application parmi les meilleures du marché
Sans surprise, Nothing X reste l’un des gros points forts de l’écosystème de la marque. L’interface est claire, agréable et permet de tout piloter : réduction de bruit, audio spatial, enregistrements, personnalisation des commandes tactiles. Nous confirmons qu’il s’agit clairement de l’une des meilleures applications du marché, aussi bien en clarté qu’en richesse fonctionnelle.

Les possibilités d’égalisation sont particulièrement poussées. Un égaliseur simple propose quatre présélections (équilibré, plus de basses, plus d’aigus, voix), tandis qu’un égaliseur avancé permet, comme d’habitude chez Nothing, de créer un profil paramétrique sur mesure via un réglage à huit bandes. On peut également piocher dans une bibliothèque de profils conçus par des experts ou par des artistes partenaires de la marque, une bonne idée pour qui ne souhaite pas se plonger dans les réglages techniques.

Côté connectivité, le Bluetooth 6.0 promet une meilleure stabilité dans les environnements saturés et une latence réduite pour le jeu ou le streaming vidéo, avec une connexion possible à deux appareils simultanément. Les propriétaires d’un smartphone Nothing bénéficieront de quelques extras liés à Nothing OS, comme l’activation vocale de ChatGPT ou des briefings d’actualité générés par IA directement diffusés dans les oreilles — des fonctions réservées à l’écosystème maison.
Réduction de bruit honnête, mains libres décevant
Nothing annonce jusqu’à 45 dB de réduction de bruit active à large bande, avec trois modes disponibles (dont un mode transparence) pour s’adapter à son environnement. Dans les faits, nous avons trouvé cette réduction de bruit efficace sans pour autant être bluffante, ce qui reste cohérent avec le tarif demandé. Les basses fréquences sont bien filtrées, mais l’efficacité diminue nettement sur les sons plus aigus : les bruits de moteur de scooter dans la rue, par exemple, passent encore assez facilement à travers.

Pour les appels, Nothing mise sur sa technologie Clear Voice, entraînée sur 28 millions de scénarios et épaulée par trois microphones par écouteur censés isoler la voix des bruits parasites comme la circulation, le vent ou les travaux. Sur le papier, l’argumentaire est solide. Dans la pratique, le bilan est plus mitigé : le kit mains libres se montre honorable dans un environnement calme, mais il est très vite dépassé dès que des bruits ambiants se font entendre. Une performance en retrait par rapport à ce que proposent certains concurrents plus haut de gamme sur ce point précis.
Une qualité audio à ajuster soi-même
Nothing a fait grimper la taille du driver à 12 mm — contre 11 mm sur les Ear (a) —, pour une puissance dans les basses annoncée en hausse de 5 dB, couplée à un diaphragme en PMI de qualité aérospatiale censé garantir des instruments et des voix plus nets. Les écouteurs sont également certifiés Hi-Res Audio, avec prise en charge du LDAC et une transmission possible jusqu’en 24 bits/96 kHz.

À l’usage, la qualité audio est bonne, mais à une condition : il ne faut pas hésiter à mettre les mains dans l’égaliseur. Par défaut, le son est en effet extrêmement riche en basses, de manière si démesurée qu’elles ont tendance à manger le reste du spectre, notamment les voix. Il est donc conseillé d’augmenter sensiblement les fréquences aiguës pour rééquilibrer l’ensemble ; le profil « Pop » de la sélection experts nous a semblé, à ce titre, bien plus adapté que le réglage par défaut. Une fois ce travail effectué, on profite d’une excellente spatialisation entre les voies droite et gauche, avec un bon placement des instruments dans l’espace sonore.

Seul vrai regret sur ce chapitre : la fonction « Audio spatial », censée offrir une expérience plus immersive, s’avère au final plus un gadget qu’autre chose. On y perçoit davantage des effets de réverbération qu’une réelle spatialisation tridimensionnelle du son.
Une autonomie qui tient ses promesses
Nothing annonce jusqu’à 42 heures d’écoute au total grâce au boîtier, avec des batteries de 55 mAh par écouteur permettant, sur le papier, d’atteindre 6 heures de lecture sur une seule charge (ANC désactivé) ou 4 h 30 avec la réduction de bruit active. Une charge complète nécessite 70 minutes via USB-C et cinq minutes suffisent pour récupérer une heure d’écoute supplémentaire en cas de batterie à plat.

Lors de notre test en conditions réelles, nous avons mesuré une autonomie de 4 h 43 avec la réduction de bruit activée en continu, soit légèrement mieux que l’estimation officielle du constructeur pour ce mode. Une performance qui tient ses promesses, mais s’avère toutefois plutôt maigre pour des true wireless de 2026 ; les meilleurs modèles du marché dépassant désormais les 8 heures.
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