Un écran sur le boîtier, vraiment ? Avec les Live Beam 4, JBL persiste dans une idée qui divise depuis plusieurs générations : équiper l’étui de charge d’un véritable écran tactile pour piloter ses écouteurs sans sortir le smartphone. Vendus 199 euros (on les trouve déjà à partir de 149,99 euros chez certains revendeurs), ces nouveaux true wireless veulent aussi convaincre par leur son signature, une réduction de bruit adaptative et une robustesse à toute épreuve. Le bilan, lui, est plus contrasté.

Du sérieux dans la fabrication
Reçus dans leur déclinaison « silver » (six autres coloris sont proposés), les Live Beam 4 affichent un design « tige », pensé selon JBL pour rester en place aussi bien lors des trajets du quotidien que des entraînements légers ou des écoutes nocturnes. Sur ce point, la marque tient parole : nous n’avons relevé aucun souci de stabilité durant nos sessions de test.

La finition générale est également au rendez-vous. Le boîtier, comme les écouteurs, ne souffre d’aucun défaut d’assemblage ; la charnière du couvercle ne présente pas le moindre jeu, et les matériaux employés inspirent confiance. Une qualité de fabrication qui tranche avec certains modèles plus abordables du marché. Côté résistance, les Live Beam 4 affichent une certification IP55 contre l’eau et la poussière. De quoi les utiliser sans crainte sous la pluie ou pendant une séance de sport.

Le bémol vient surtout du boîtier, lourd (73 grammes) et épais (3 centimètres), conséquence directe de l’écran tactile intégré sur son couvercle ; nous y reviendrons juste après. Chaque écouteur pèse quant à lui 9,7 grammes, nettement plus que les 4,3 grammes des AirPods 4 ou les 5,8 grammes des FreeBuds Pro 4. Dans la boîte, JBL fournit 4 tailles d’embouts en silicone.
L’écran qui divise
La fonctionnalité phare se trouve sur le couvercle de l’étui : un écran tactile permettant de régler le volume, de changer de piste, d’activer ou de désactiver la réduction de bruit, et même de choisir un préréglage d’égalisation, sans sortir son téléphone. Une promesse séduisante sur le papier.

Mais à l’usage, l’intérêt de ce gadget s’amenuise rapidement. La quasi-totalité des commandes proposées par l’écran — changement de piste, réglage du volume, bascule de l’ANC — sont déjà accessibles via les commandes tactiles présentes sur les écouteurs eux-mêmes. Seule la sélection des préréglages d’égalisation n’est pas dupliquée ailleurs, mais il s’agit rarement d’un réglage que l’on modifie plusieurs fois par jour ; l’application aurait largement suffi à cet usage. Au final, cet écran ressemble davantage à un argument marketing qu’à une réelle avancée ergonomique, d’autant qu’il alourdit et épaissit sensiblement le boîtier.

Heureusement, le reste de l’ergonomie est plus convaincant. Les écouteurs profitent de commandes tactiles complètes, ainsi que de la recharge sans fil, en plus du traditionnel port USB-C du boîtier. JBL promet une heure d’écoute supplémentaire pour seulement 5 minutes de charge en cas de panne sèche — une fonctionnalité désormais quasi standard sur ce segment de prix.
Une appli (trop) complète
C’est dans l’application JBL Headphones que les Live Beam 4 dévoilent tout leur potentiel. Et le mot est faible : il s’agit là de l’une des applications les plus complètes du marché actuellement. Réglages fins de l’ANC, égaliseur 10 bandes, personnalisation des commandes tactiles : la quasi-totalité des paramètres du produit y sont accessibles. À tel point que l’on peut s’y perdre un peu, la possibilité de personnaliser le fond d’écran du boîtier ou de calibrer le son spatial (peu convaincant à l’usage) relevant clairement du superflu. 
C’est également via l’application que l’on configure le comportement de la fonction Smart Talk, en choisissant le délai — 5, 15 ou 20 secondes — avant que la musique ne reprenne et que l’ANC ne se réactive après une prise de parole. Côté connectivité pure, JBL passe au Bluetooth 6.0 permettant la connexion multipoint pour basculer facilement entre deux appareils appairés, un smartphone et un ordinateur par exemple.
JBL annonce une réduction de bruit active avec étalonnage en temps réel de l’environnement sonore. Sur le papier, l’argumentaire est solide. Dans les faits, le résultat se situe en retrait par rapport aux meilleurs modèles du marché (mais aussi bien plus chers). L’ANC des Live Beam 4 laisse passer une grande partie des fréquences hautes, un défaut que l’on retrouve d’ailleurs régulièrement chez la concurrence directe. Ils souffrent, par exemple, d’un problème face aux bruits de petits scooters ou aux conversations alentour. Le mode transparence n’est pas plus convaincant ici, les voix qu’il restitue ne sonnant pas de façon naturelle, loin du naturel qu’offrent les modèles haut de gamme intra-auriculaires, d’Apple, Sony ou Bose.

La bonne nouvelle vient en revanche du mode Smart Talk. Son efficacité nous a agréablement surpris : la détection de la prise de parole fonctionne très bien, mettant immédiatement la musique en pause et basculant les écouteurs en mode transparent, avant de reprendre automatiquement après le délai choisi dans l’application. Un fonctionnement qui rappelle la détection des conversations déjà proposée par Apple sur ses AirPods, mais qui a ici l’avantage d’offrir un réglage fin du délai de reprise.
Concernant l’usage en kit mains libres, JBL mise sur six microphones associés à un algorithme de réduction de bruit entraîné par intelligence artificielle, censé garantir une voix claire et naturelle pour les interlocuteurs. Pas de surprise également sur ce point : les écouteurs offrent une performance dans la bonne moyenne du segment. À savoir que les conversations dans un lieu calme sont bien captées, mais deviennent plus difficiles dans des environnements bruyants, créant de nombreux artefacts sur la voix.
Un son qui mise sur l’énergie
Sans surprise pour qui connaît la marque, les Live Beam 4 reprennent la signature sonore caractéristique de JBL : un profil en V, qui met clairement en avant les basses et les aigus. Le résultat est immédiatement engageant, très grand public, mais diablement efficace pour une écoute du quotidien. L’impression qui domine est celle d’un son énergique et vivant.

Plus surprenant pour des écouteurs de ce gabarit, la spatialisation est particulièrement réussie. Même sans la moindre compatibilité Dolby Atmos, la séparation entre les canaux gauche et droit est nette et le placement des instruments dans l’espace sonore, convaincant. La fonction Spatial Sound proposée dans l’application, censée transformer la stéréo classique en expérience tridimensionnelle, nous a en revanche moins convaincus ; son apport reste trop artificiel pour trouver un réel intérêt au quotidien.

Le bilan n’est cependant pas exempt de défauts. Le haut médium manque clairement de tranchant, de précision et d’impact, ce qui peut desservir certains styles musicaux exigeants en termes de définition. La dynamique générale se révèle également limitée, un constat particulièrement flagrant à l’écoute de musique classique, où les nuances entre passages calmes et plus puissants peinent à transparaître pleinement. Rien de rédhibitoire pour des genres musicaux moins exigeants en dynamique, mais les audiophiles les plus pointilleux resteront sur leur faim.
Une autonomie solide
Côté autonomie, JBL annonce des chiffres confortables : jusqu’à 12 heures d’écoute sans réduction de bruit activée pour les écouteurs seuls et 10 heures avec ANC enclenché. Promesse tenue, puisque nous avons pu les utiliser 10 h 27 d’affilée lors de notre test en conditions réelles.

Grâce au boîtier, la marque promet une autonomie totale pouvant grimper jusqu’à 48 heures (ANC désactivé). La recharge rapide permet d’obtenir 1 heure d’écoute supplémentaire pour seulement 5 minutes de charge, et la recharge sans fil reste disponible en complément de l’USB-C.
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