Il y a des marques dont le nom est irrémédiablement associé à un usage spécifique. Pendant des années, Shokz a régné en maître incontesté sur le marché des écouteurs de sport, notamment grâce à sa fameuse gamme OpenRun à conduction osseuse. Mais les temps changent et les habitudes des consommateurs avec eux. Depuis quelques années, le constructeur tente un virage audacieux et assumé vers un public beaucoup plus « lifestyle ». C’était déjà le cas de la première génération d’OpenDots, mais aussi des OpenFit Air et Pro. Cette seconde génération, commercialisée à 199 euros, incarne encore un peu plus cette nouvelle philosophie.

L’idée maîtresse de cette nouvelle itération est limpide : Shokz maîtrise indéniablement son produit et ses technologies, mais la conception de ces écouteurs les destine avant tout à un usage particulier, comme le bureau, la maison ou le télétravail. On est bien loin de l’esprit de l’effort physique intense pour se tourner vers le confort d’un bureau ou d’un salon. Le défi est de taille : réussir à convaincre un public de travailleurs hybrides que le format ouvert n’est pas réservé qu’aux coureurs de marathons. Voici notre avis après plusieurs jours de test intensif.
Design et confort : une véritable plume dans l’oreille
S’il y a bien un domaine où Shokz n’a plus rien à prouver, c’est l’ergonomie. Avec un poids extrêmement contenu de seulement 6,4 grammes par écouteur, la sensation de légèreté est immédiate. Le constructeur a opté pour un design profilé en silicone. Ce revêtement doux vient enrober une structure interne reposant sur une plaque en alliage de nickel-titane, un matériau bien connu pour sa mémoire de forme et sa robustesse. Ces écouteurs sont déclinés en trois coloris plutôt sobres et élégants : Pearl White, Grey et Black.

Une fois en place, le résultat est tout simplement bluffant. Ils sont très légers et confortables, à tel point que l’on peut les porter pendant des heures et des heures sans s’en rendre compte. C’est ici que l’usage sédentaire prend tout son sens. Ils sont parfaitement adaptés à un usage particulier comme le bureau, la maison ou le télétravail, car on peut passer d’un usage à l’autre, que ce soit pour une visioconférence ou l’écoute de musique, sans jamais avoir besoin d’enlever ses écouteurs. C’est un véritable atout pour ceux qui enchaînent les réunions virtuelles.

Malgré cette orientation clairement domestique, Shokz n’a pas pour autant fait l’impasse sur la solidité. Les écouteurs bénéficient en effet d’une certification IP57, garantissant une excellente résistance à la poussière et à l’eau. Le boîtier de charge, quant à lui, affiche une certification IP54. Vous n’aurez donc aucune crainte à avoir si vous renversez accidentellement votre tasse de café sur votre bureau.
Ergonomie et fonctionnalités : le contrôle du bout des doigts
Pour interagir avec ces OpenDots 2, Shokz propose une expérience utilisateur aussi fluide que possible. L’application compagnon fournie par le constructeur est particulièrement complète. Les contrôles, tous personnalisables, s’avèrent d’une facilité déconcertante : ils s’effectuent en tapotant simplement l’arc de l’écouteur ou en serrant la batterie à l’arrière de l’oreille. Ces gestes permettent de gérer la lecture musicale et les appels avec une grande aisance, sans avoir besoin de manipuler son smartphone.

Du côté des fonctionnalités avancées, Shokz a intégré les protocoles Fast Pair et Swift Pair pour faciliter l’appairage avec vos différents appareils. En cas de perte de vos écouteurs, il est possible de les localiser uniquement sur Android en utilisant l’application Localiser de Google. Les utilisateurs d’iPhone devront quant à eux se contenter uniquement de pouvoir faire sonner leurs écouteurs depuis l’application.
Connectivité et application : le roi du multipoint
L’application ne se contente pas de régler les commandes tactiles. Elle offre également une belle flexibilité sonore. L’utilisateur a ainsi accès à quatre présélections d’égalisation ainsi qu’à un mode personnalisé à cinq bandes. Cela permet d’ajuster finement le rendu sonore selon ses préférences personnelles ou le type de contenu écouté.
La connectivité est assurée par du Bluetooth 6.1. Les OpenDots 2 embarquent une fonction multipoint qui permet de connecter simultanément deux appareils. C’est une fonctionnalité absolument cruciale pour le public cible. Vous pouvez ainsi écouter de la musique sur votre ordinateur portable et prendre instantanément un appel entrant sur votre smartphone, sans aucune manipulation hasardeuse.
Kit mains libres : le talon d’Achille en milieu urbain
C’est souvent sur la qualité des microphones que les écouteurs sans fil trébuchent et les OpenDots 2 ne font malheureusement pas exception à la règle, malgré un équipement impressionnant sur le papier. La marque a intégré un système complexe composé de deux microphones à conduction aérienne couplés à un microphone à conduction osseuse.

En pratique, le bilan est extrêmement contrasté. Le kit mains libres s’avère très performant dans les environnements calmes où le correspondant vous entend parfaitement bien. C’est idéal pour un bureau isolé ou un salon silencieux. Cependant, le système se retrouve très vite en difficulté dès que du bruit se fait entendre autour de vous. Si vous comptez passer des appels importants en marchant dans une rue passante ou dans un open space bruyant, votre interlocuteur risque de souffrir. Cette limitation cantonne définitivement ces écouteurs à un usage sédentaire contrôlé.
Qualité audio : de belles promesses, mais des limites physiques
C’est sur le terrain de l’audio que Shokz était particulièrement attendu. Pour cette nouvelle génération, la marque n’a pas lésiné sur les moyens techniques et revendique fièrement 30 % de basses en plus par rapport au modèle précédent. Pour y parvenir, elle a développé la technologie Bassphere 2.0. Ce système ingénieux met face à face deux transducteurs de 11,8 mm, ce qui équivaut, selon la marque, à la puissance d’un grand transducteur de 16 mm. À cela s’ajoute la technologie MirrorPitch, conçue pour faire refléter le signal audio à l’intérieur de la conque de l’oreille avant qu’il n’entre dans le canal auditif. Le but avoué est d’améliorer significativement le punch des basses et le volume global.

Qu’en est-il dans les faits ? Les ingénieurs de Shokz ont accompli un travail remarquable sur l’ouverture de la scène sonore. Les OpenDots 2 offrent une excellente spatialisation, due aussi bien à leur format ouvert qu’au travail minutieux de la marque chinoise. Le rendu est aéré et très agréable. De plus, la fonction Dolby Audio intégrée permet de donner un peu plus de corps et de consistance au signal audio.
Cette clarté profite énormément aux contenus parlés. Nous avons constaté une très bonne qualité sur les contenus vocaux comme les podcasts. Les voix se détachent merveilleusement bien, rendant l’écoute prolongée d’émissions ou de réunions vocales très confortable.

Néanmoins, les lois de la physique sont tenaces. Malgré des progrès notables, on constate toujours un déficit en basses. On reste encore loin du compte si l’on compare ces écouteurs à des modèles intra-auriculaires classiques ou même aux OpenFit Pro de la même marque. De plus, l’ensemble souffre d’un manque de dynamique, dont on se rend bien compte en écoutant de la musique classique. Les envolées orchestrales manquent d’impact et de relief.
Enfin, la conception ouverte montre très vite ses limites en extérieur. Nous avons remarqué que l’on a systématiquement tendance à monter le volume assez fort dans les environnements bruyants. Forcément, c’est la limite inhérente de la conception ouverte; les bruits de la rue ne sont pas bloqués, ce qui force l’utilisateur à compenser en augmentant dangereusement le son de sa musique. Encore une preuve que ces écouteurs sont faits pour rester au chaud à la maison.
Autonomie : une endurance de marathonien
Si Shokz a abandonné l’esprit sportif sur le design, il l’a conservé sur la batterie. Les caractéristiques officielles annoncent jusqu’à 10 heures de musique avec une seule charge. Lors de notre test des OpenDots 2 en conditions réelles, nous avons mesuré une très bonne autonomie de 10 h 24, dépassant même légèrement les promesses du constructeur. C’est une très bonne performance qui permet de couvrir sans aucun problème une journée entière de travail continu.

Le boîtier de charge n’est pas en reste, puisqu’il pousse l’autonomie totale jusqu’à 40 heures. En cas de panne sèche entre deux réunions, une fonction de charge rapide est présente : 5 minutes de charge suffisent pour fournir aux écouteurs 2 heures de lecture musicale.
Pour faire le plein complet, comptez environ 1 heure pour recharger les écouteurs seuls. Le boîtier, quant à lui, nécessite 2 heures en charge filaire ou 3,5 heures en charge sans fil, puisqu’il bénéficie d’une certification pour la charge sans fil Qi.
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