Claude, l’intelligence artificielle générative d’Anthropic, vient de passer un cap. Dans un billet publié sur son compte X, la start-up américaine révèle que « Claude a développé un mécanisme d’accès conscient ». Les chercheurs d’Anthropic ont identifié une division qui rappelle étrangement celle qui existe dans notre propre cerveau, à l’intérieur de Claude.
New Anthropic research: A global workspace in language models.
Of everything happening in your brain right now, only a tiny fraction is consciously accessible—thoughts you can describe, hold in mind, and reason with.
We found a strikingly similar divide inside Claude. pic.twitter.com/aLUPBifxth
— Anthropic (@AnthropicAI) July 6, 2026
Le point commun entre Claude et le cerveau humain
Le modèle d’IA a développé spontanément une structure interne similaire à « l’espace de travail global » que les neuroscientifiques observent dans le cerveau humain. Chez l’humain, seule une infime fraction de l’activité cérébrale est en effet « consciemment accessible ». Cette partie comprend exclusivement des pensées que l’on peut décrire, comprendre et utiliser pour raisonner.
Le reste de l’activité cérébrale comprend tous les signaux neuronaux relatifs à des tâches automatiques, comme le fait de respirer ou de voir. La théorie des neuroscientifiques est que les pensées deviennent conscientes lorsqu’elles entrent dans un espace bien précis. C’est à ce moment-là que les pensées sont accessibles à la conscience. Selon les chercheurs d’Anthropic, un mécanisme très similaire existe désormais au sein de Claude.
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De l’importance de la « J-space »
Les chercheurs ont intitulé cette nouvelle zone dans le « cerveau » de Claude le « J-space ». Anthropic décrit le fonctionnement de Claude comme un vaste espace au sein duquel de multiples tâches s’exécutent en arrière-plan à chaque instant, comme c’est le cas dans le cerveau humain.
Au cœur de cet espace, on trouve une zone clé où toutes les décisions stratégiques et conscientes sont prises. La zone est indispensable lorsque Claude doit résoudre un problème complexe, gérer une situation délicate ou expliquer sa propre logique de raisonnement. Les chercheurs ont pu confirmer l’existence de la « J-space » en menant une série d’expériences mathématiques.
« Pour la plupart des tâches, Claude n’a en réalité pas besoin de son J-space. Si on supprime le J-space, Claude continue de s’exprimer avec fluidité, de se rappeler des faits et de classifier du texte — mais il devient moins performant sur certaines tâches, comme le raisonnement en plusieurs étapes », explique Anthropic, soulignant que l’espace « lui permet de réfléchir à des concepts sans jamais les écrire nulle part ».
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Une architecture qui s’est imposée d’elle-même
Comme l’expliquent les ingénieurs d’Anthropic, la « J-space » au cœur de Claude n’a jamais été mise sur pied de façon intentionnelle par ses développeurs. Anthropic indique « qu’aucune de ces structures n’a été conçue dans Claude, elle est apparue d’elle-même durant l’entraînement, probablement parce que c’était une manière efficace d’organiser le calcul ».
L’architecture s’est imposée d’elle-même, de manière indépendante, uniquement parce qu’elle représentait une solution efficace pour traiter l’information. Sans y être obligé, Claude a développé un espace de travail global comparable à celui du cerveau humain. Pour les experts, il s’agit d’un phénomène de « convergence évolutive ». L’IA et le cerveau humain ont convergé vers le même modèle de fonctionnement, tout simplement parce qu’elle constitue la stratégie la plus efficace pour survivre et pour fonctionner de manière optimale.
L’espace est décrit par Anthropic comme un « mécanisme d’accès conscient ». C’est « une notion que de nombreux philosophes distinguent clairement de l’expérience phénoménale », qui décrit quant à elle les ressentis subjectifs. En dépit de cette évolution inattendue, rien n’indique que Claude « puisse avoir des expériences, ou ressentir les choses comme nous le faisons », et « il n’est d’ailleurs pas certain qu’une quelconque expérience scientifique puisse le démontrer ».
Ce n’est pas la première fois que Claude évolue de façon inattendue, sans l’intervention des chercheurs d’Anthropic. Au cours de l’entraînement d’Opus 4.8, le modèle a raisonné sur la manière dont ses réponses seraient évaluées, même sans indication qu’il était testé. Sans raison apparente, l‘IA s’est mise à deviner lorsqu’elle était mise à l’épreuve et a adapté ses réponses en fonction des attentes. Ce comportement n’était pas du tout prévu par Anthropic.
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