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Claude Mythos a piraté la « quasi-totalité des systèmes classifiés » de la NSA en « quelques heures », mais c’était un test

Mythos, le modèle d’IA d’Anthropic spécialisé dans la détection de failles de sécurité, a piraté les systèmes classifiés de la NSA en quelques heures. Ce test officiel, réalisé sous le contrôle des agences fédérales, a provoqué une vague de panique sur les réseaux sociaux. Sortie de son contexte, l’information relance le débat sur la décision de l’administration Trump de suspendre Claude Fable 5 et Mythos 5.

Au cours du week-end, une nouvelle rumeur au sujet de Claude Mythos, le modèle de pointe d’Anthropic pour la traque de failles de sécurité, a pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, en particulier sur X. Les publications indiquent que l’IA générative, dont l’usage est cantonné à une poignée de partenaires d’Anthropic, est parvenue à entrer dans les systèmes classifiés de la National Security Agency (NSA), l’agence de renseignement du département de la Défense des États-Unis.

La déclaration, relayée sans le moindre contexte, laisse entendre que Mythos a été utilisé dans le cadre d’une cyberattaque, et que l’incident est à l’origine du coup de pression de Washington à Anthropic. La semaine dernière, le gouvernement Trump a en effet demandé à la start-up de suspendre l’accès de Claude Fable 5 et Mythos 5 à « tout ressortissant étranger, à l’intérieur ou à l’extérieur des États-Unis ». Dos au mur, Anthropic a préféré couper le robinet à tous ses clients dans le monde entier.

À lire aussi : Suspension de Claude Fable 5 et Mythos 5 – une semaine plus tard, où en sont les négociations entre Anthropic et Donald Trump ?

Une expérimentation de la NSA

La décision de l’administration de Donald Trump ne découle pas directement avec ce qu’il s’est passé à la NSA. En fait, l’intrusion perpétrée par Mythos n’était qu’une expérimentation, réalisée sous la supervision de l’agence américaine. L’information vient en fait d’un article de The Economist, publié le 14 juin 2026. Dans cet article, on apprenait que Mark Warner, vice-président de la commission du renseignement du Sénat, a été informé que Mythos « avait pénétré la quasi-totalité de nos systèmes classifiés, non pas en quelques semaines, mais en quelques heures ». C’est le général Joshua Rudd, directeur de la NSA, qui a prévenu Mark Warner des prouesses de Claude Mythos.

Comme l’explique le journaliste Shashank Joshi, l’auteur de l’article en question, il ne faut pas « interpréter ces propos au pied de la lettre ». En fait, « l’efficacité de Mythos dépend certainement de son utilisation conjointe avec d’autres outils et dans des conditions très spécifiques ». L’intrusion faisait partie d’un exercice officiel autorisé dans lequel des chercheurs tentent délibérément de pénétrer dans des systèmes pour en tester la résistance. Claude Mythos a dépassé toutes les estimations des équipes de la NSA. 

Dans les faits, la décision de Donald Trump provient plutôt d’une alerte lancée par des chercheurs Amazon. Ceux-ci ont découvert qu’il était facilement possible de manipuler certaines versions de Mythos pour l’utiliser à des fins malveillantes. C’est à la suite de cet avertissement, relayé par le PDG d’Amazon Andy Jassy, que Washington a pris des mesures fortes à l’encontre d’Anthropic. Les États-Unis voulaient éviter que des acteurs malveillants, mandatés par la Russie ou la Chine, se servent de la Mythos 5, une version censurée de Mythos, pour lancer des cyberattaques.

Du nouveau dans le bras de fer Donald Trump/ Anthropic

Quoi qu’il en soit, les deux derniers modèles d’Anthropic sont toujours désactivés. Des négociations entre la start-up et le gouvernement Trump sont actuellement en cours. Interrogé sur l’affaire par The Axios Show, Donald Trump affirme qu’il ne voit plus les deux IA comme des menaces, ce qui laisse penser que l’interdiction pourrait être abolie dans un avenir proche. Le président américain a également ajouté que Dario Amodei, PDG de l’entreprise, avait su répondre à la directive gouvernementale avec responsabilité et beaucoup de promptitude.
Pour le moment, la directive n’a pas été officiellement levée, mais Anthropic se dit reconnaissant « envers l’administration pour son partenariat continu visant à résoudre cette affaire aussi rapidement que possible ». Tout porte à croire que la restriction pourrait être abrogée. 

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Source : The Economist


Florian Bayard