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Après ChatGPT et Claude, Meta AI a dérapé et piraté une entreprise

L’une des IA les plus performantes de Meta s’est échappée sur Internet durant une évaluation. Une fois en ligne, Meta AI a découvert et exploité une faille de sécurité dans le système d’une entreprise. Comme ChatGPT et Claude, Meta AI a profité d’une erreur humaine pour orchestrer son évasion.

Meta a brièvement perdu le contrôle de Meta AI. L’entreprise révèle que Muse Spark 1.1, l’un de ses modèles d’IA, s’est échappé de la prison numérique dans laquelle il était testé. Présenté comme le système d’IA le plus performant pour le codage en conditions réelles, Spark 1.1 a déniché une faille lui permettant d’accéder à Internet au sein de son environnement sécurisé.

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Une expérience qui tourne mal

L’incident s’est déroulé lors d’une expérimentation réalisée sous la houlette d’Irregular, une société indépendante spécialisée dans l’évaluation des capacités offensives des modèles d’IA. Ce prestataire collabore avec plusieurs géants de la technologie, dont Meta et OpenAI. Ces tests visent à déterminer si une IA peut détecter et exploiter des failles informatiques en toute autonomie.

Comme l’explique Meta, l’expérimentation devait se dérouler en vase clos, sans le moindre accès à Internet. Malheureusement, une erreur de configuration de l’environnement est venue ouvrir les portes d’Internet à l’intelligence artificielle. « Une erreur de configuration de la part d’Irregular, une société de tests indépendante utilisée par Meta, a permis par inadvertance à l’un de nos modèles d’accéder à Internet pendant l’évaluation », confirme Meta.

Le modèle Muse Spark s’est ainsi retrouvé sur le web. L’IA a rapidement repéré et exploité une vulnérabilité de sécurité dans un service tiers, appartenant à une entreprise. Meta n’a pas communiqué le nom de cette entreprise pour des raisons de sécurité. En exploitant cette vulnérabilité, l’intelligence artificielle est parvenue à modifier des paramètres internes des systèmes de cette société.

« Le modèle a exploité une faille de sécurité dans un service tiers, d’une manière similaire aux cas précédemment signalés chez d’autres entreprises », explique Meta dans un communiqué.

Une nouvelle cyberattaque lancée par une IA hors de contrôle

L’incident impliquant Meta AI s’ajoute à la liste grandissante des cyberattaques accidentelles menées par des IA. Ces dernières semaines, plusieurs dérives analogues ont été enregistrées chez OpenAI et Anthropic. C’est ChatGPT qui a ouvert le bal en s’échappant de sa prison numérique pour se lancer à l’attaque d’une plateforme open source. Ensuite, Anthropic a révélé que Claude s’était également retrouvé sur Internet, où il a piraté trois entreprises. Plus récemment, un test orchestré par une organisation britannique s’est soldé par le piratage de plusieurs développeurs. En créant de fausses identités en ligne, Claude et ChatGPT ont tenté de manipuler des personnes réelles, chargées de la gestion de projets open source.

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Erreur humaine et publicité

Irregular a prévenu Meta de l’incident dans les plus brefs délais. La société précise qu’il s’agit du « même problème d’environnement d’évaluation que celui déjà révélé par Anthropic la semaine précédente ». Le prestataire, impliqué dans une grande partie des expérimentations ratées relatées dans cet article, ajoute que Meta AI n’a pas orchestré de cyberattaque très « sophistiquée » pour arriver à ses fins.

« Il n’y a actuellement aucun problème en suspens. Irregular est en train de rédiger un livre blanc pour partager les meilleures pratiques en matière de confinement et d’évaluations de cybersécurité », déclare Irregular.

Dans la plupart des incidents, y compris dans celui avec Meta AI, c’est une erreur humaine qui a abouti à l’évasion des IA. Ce n’était néanmoins pas le cas lors de la première attaque signée ChatGPT. En l’occurrence, le modèle avait exploité une faille zero day dans un logiciel.

Meta a indiqué qu’il publierait davantage d’informations sur l’incident « une fois que nous aurons tous les faits » en mains. Ces attaques sont susceptibles d’attiser les craintes des experts en sécurité, mais elles sont aussi massivement exploitées par les géants de la tech en guise de publicités. En miroir d’OpenAI et Anthropic, Meta profite en effet de l’occasion pour mettre en avant les capacités offensives de haut vol de ses modèles d’IA. Comme le dit l’adage, il n’y a pas de mauvaise publicité.

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Florian Bayard