La semaine dernière, le ministère de l’Éducation nationale a subi une nouvelle cyberattaque. L’attaquant a usurpé le compte d’un professionnel pour accéder au système d’information dédié à la formation des personnels. Dans le système, le pirate, dont l’identité est inconnue à ce stade de l’enquête, est parvenu à mettre la main sur les données personnelles de nombreux agents de l’Éducation nationale. Parmi les informations piratées, on trouve l’identité, les fonctions, l’adresse, le numéro de téléphone et le numéro de sécurité sociale. C’est déjà la troisième cyberattaque de l’année contre l’Éducation nationale.
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« Flou total » et manque de transparence
À la suite de ce nouvel incident, le Syndicat national de l’enseignement technique action autonome (SNETAA-FO) s’est fendu d’un communiqué pour fustiger la manière dont le ministère de l’Éducation nationale gère la situation. Le premier syndicat français des professeurs de lycée pro estime que le ministère manque de transparence. En effet, l’Éducation nationale n’a pas pris la peine de prévenir les enseignants touchés. Ceux-ci ont appris la nouvelle du piratage sur Internet, comme n’importe quel internaute.
« Une fois de plus, c’est par les médias et les réseaux sociaux — et non par leur institution au temps de réaction plus tardif par un communiqué envoyé il y a 4 jours sur notre messagerie professionnelle — que les personnels ont appris la nouvelle en plein cœur de l’été », regrette le Syndicat national de l’enseignement technique action autonome dans un communiqué publié ce 4 août 2026.
[Communiqué ] Fuite de données à l’Éducation nationale : le SNETAA exige la transparence et la protection immédiate des personnels ✊
Disponible sur : https://t.co/NYqf32XxNm pic.twitter.com/sQ4pqMvwGq
— SNETAA-FO (@SnetaaFO) August 4, 2026
Le syndicat souligne que le ministère n’est même pas en mesure de définir le « périmètre exact des données dérobées », ainsi que « l’identité des personnes touchées ». Le communiqué parle d’un « flou total » pour tous les enseignants. Enfin, le syndicat n’hésite pas à fustiger la réponse de l’Éducation nationale face à l’explosion des fuites de données depuis deux ans. Selon l’organisation syndicale, qui compte plusieurs milliers d’adhérents, le ministère se contente à chaque fois d’imposer des « contraintes supplémentaires aux agents ».
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Le syndicat pointe du doigt des « changements de mots de passe à répétition », le « blocage des redirections de courriels vers les messageries personnelles », et, plus globalement, un « alourdissement des procédures d’accès au quotidien ». Toutes ces mesures compliquent la vie des enseignants sans garantir la sécurité des systèmes informatiques de l’État, qui sont criblés de « failles d’infrastructures majeures », tacle le SNETAA-FO. Pour le syndicat, l’administration doit rendre des comptes, prendre ses responsabilités, et protéger les données en sa possession. La riposte du ministère ne doit pas se résumer à une nouvelle série « d’actions de vigilance » imposées aux agents.
Ce nouvel incident d’envergure illustre à quel point la France est devenue la cible préférée des cybercriminels. Selon la dernière étude de Surfshark, la France est devenue le pays le plus touché d’Europe par les violations de données, avec 43,4 millions de comptes piratés entre janvier et juin 2026, soit une hausse de 62,3% en six mois.
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