La France continue d’être l’un des terrains de jeux préférés des cybercriminels. Une étude de Surfshark, une entreprise lituanienne spécialisée dans la cybersécurité, révèle même que la situation ne cesse de s’aggraver.
Plus de 43 millions de comptes compromis
Au cours du premier semestre de l’année 2026, 43,4 millions de comptes en ligne appartenant à des Français ont été piratés, contre 26,7 millions au second semestre 2025. Près de trois comptes ont été compromis chaque seconde. D’un semestre à l’autre, les violations ont augmenté de 62,3%. L’an dernier, 40,3 millions de comptes français étaient tombés entre les mains de cybercriminels. Cette année, il n’aura fallu que six mois pour battre le record annuel de 2025.
« Même si le volume de comptes compromis semble légèrement inférieur à celui observé au début de l’année, il reste largement supérieur aux niveaux de 2025 », analyse le chercheur Tomas Stamulis.
Si le nombre de comptes compromis a légèrement reculé par rapport au début de l’année, cela ne doit pas « donner un faux sentiment de sécurité ». Les données volées lors d’une fuite peuvent en effet continuer à circuler sur des forums spécialisés ou sur le dark web pendant de longues années avant d’être exploitées dans une cyberattaque.
« Les données volées ne disparaissent pas avec le temps. Des informations dérobées il y a plusieurs années peuvent réapparaître dans de nouvelles escroqueries, servir à prendre le contrôle de comptes, usurper une identité ou commettre des fraudes financières », précise le chercheur.
Le second pays le plus touché au monde
Avec ces chiffres toujours vertigineux, la France s’impose comme « le pays européen le plus touché par les violations de données », loin devant ses voisins. L’étude ajoute que « la France concentre plus de la moitié des comptes compromis en Europe ».
À l’échelle mondiale, seuls les États-Unis font pire, avec 90,8 millions de comptes compromis sur la même période. Le Brésil complète le podium avec 10,3 millions de comptes touchés, suivi de l’Inde (8,8 millions) et du Royaume-Uni (7 millions). Au total, ce sont 313,4 millions de comptes qui ont été piratés dans le monde entre janvier et juin, soit l’équivalent de 20 comptes compromis chaque seconde.
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L’Europe dans le viseur du cybercrime
Comme le soulignent les chercheurs lituaniens, l’Europe est devenue, pour la première fois, le continent le plus touché par les violations de données, dépassant l’Amérique du Nord. Au cours du second semestre de l’année, un compte piraté sur trois dans le monde appartenait à un utilisateur européen. Parmi ces victimes européennes, près de 60% étaient françaises.
Autre fait marquant : la France affiche à nouveau la plus forte densité de comptes compromis au monde. Le nombre de comptes compromis rapporté à la population du pays, et non au volume brut de comptes piratés, fait de l’Hexagone le pays le plus frappé par les fuites de données, devant la Pologne, les États-Unis, le Portugal et la Lituanie. Selon les calculs de Surfshark, chaque Français a été concerné par environ 11 violations de données depuis 2004.
Les experts ont constaté que les cybercriminels se tournent désormais « vers des cibles plus faciles ». Les pirates s’attaquent notamment de plus en plus à des « institutions publiques et gouvernementales, qui ne disposent pas toujours de défenses suffisamment robustes ». En France, la première partie de 2026 a d’ailleurs été marquée par le piratage de l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS), organisme chargé de délivrer cartes d’identité, passeports, permis de conduire et certificats d’immatriculation, de Parcoursup, de l’Éducation nationale, et de Service-public.gouv.fr. Face à cette vague d’attaques, le gouvernement français a débloqué 200 millions d’euros pour sécuriser les systèmes d’État.
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