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Une fuite compromet les données médicales de milliers malades du cancer

Jinko.care, plateforme française qui accompagne les malades du cancer, vient d’être piratée. Le cybercriminel revendique le vol des données médicales les plus intimes de plus de 3 500 patients, dont le type de cancer, les chimiothérapies, les métastases, les ordonnances et les échanges avec des soignants. L’entreprise a confirmé l’incident.

Début septembre, un pirate a revendiqué une cyberattaque à l’encontre de Jinko.care, start-up française d’accompagnement des patients atteints de cancer, sur un forum criminel. Jinko.care est une plateforme qui accompagne les malades du cancer avant, pendant et après leur traitement, notamment en les mettant en relation avec des professionnels de santé, spécialistes en cancérologie ou paramédicaux.

La revendication, relayée par nos confrères de French Breaches, indique que le pirate a mis la main sur une archive de 3,7 Go, truffée de données sensibles. Le lendemain de la revendication, France Inter a pu échanger avec le hacker. Interrogé par le média, le pirate prétend avoir profité d’une faille connue dans le système qui gère la base de données de la plateforme. En exploitant cette vulnérabilité, il a pu s’infiltrer dans le système et dérober un ensemble de fichiers sensibles. Celles-ci ont été mises en ligne gratuitement sur un forum de cybercriminels.

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Plus de 3500 victimes

Les informations de plus de 3 500 personnes inscrites sur le service ont été récupérées. Parmi les données compromises, on trouve le type de cancer soigné, les traitements suivis, les praticiens consultés et leurs coordonnées, le stade de la maladie, la présence de métastases, les récidives, les antécédents chirurgicaux et familiaux, ou encore des questionnaires sur la qualité de vie, avec des mentions de cancers du sein, du poumon, digestifs et gynécologiques.

Des conversations écrites et des messages vocaux, parfois très personnels, échangés en toute confiance sur la plateforme, auraient également été compromis. Plus de 20 000 messages répartis dans plus d’un millier de conversations, ainsi que plusieurs centaines d’échanges réalisés avec un assistant utilisant l’intelligence artificielle, figurent parmi les données revendiquées. Les données de professionnels de santé sont aussi concernées : identité, spécialité, établissement d’exercice et coordonnées professionnelles de médecins en oncologie, radiothérapie, chirurgie ou hématologie.

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Une fuite confirmée

Nos confrères de France Inter ont pu consulter plusieurs centaines de photos et de documents, dont certaines ordonnances portant l’en-tête d’hôpitaux parisiens et d’instituts réputés. Peu après la revendication du cybercriminel, la start-up française a confirmé l’incident. Elle reconnaît un « accès non autorisé et l’exfiltration de données » et indique être « profondément désolée » de ce qu’il s’est passé. L’entreprise assure avoir depuis sécurisé ses systèmes et informé directement les personnes concernées. Elle compte déposer une plainte auprès des autorités compétentes.

Cette affaire s’inscrit dans une série de fuites touchant le secteur de la santé en France ces dernières semaines. Entre juillet et septembre 2026, plusieurs structures ont été visées par des incidents similaires, dont la clinique de Vontes (INICEA), avec 4 100 personnes concernées, l’assureur Alaxione, avec 6,8 millions de personnes touchées, la Mutuelle Générale de Prévoyance, avec près de 198 100 personnes affectées, ou encore l’INSERM, avec 245 800 personnes exposées.

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Source : France Inter