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Après la panne mondiale de 2024, CrowdStrike rattrapé par une faille publique

Un chercheur coutumier des failles Microsoft publie cette fois le mode d’emploi d’une attaque contre Falcon, le logiciel de sécurité vedette de CrowdStrike. L’éditeur enquête, ses clients bricolent, et le souvenir de 2024 flotte dans l’air.

Le 19 juillet 2024, une mise à jour défectueuse de CrowdStrike paralysait 8,5 millions de machines Windows, clouant des avions au sol et perturbant hôpitaux comme chaînes de télévision. Deux ans plus tard, l’éditeur texan revient dans l’actualité pour une tout autre raison : un exploit en libre accès visant Falcon, sa plateforme de protection des entreprises.

FalconFlank, l’exploit qui retourne Falcon contre les PC qu’il protège

Son auteur signe Nightmare Eclipse, un pseudonyme également décliné en Chaotic Eclipse ou MSNightmare, bien connu des équipes de sécurité de Microsoft pour ses publications de failles à répétition. Sa dernière trouvaille, baptisée FalconFlank et rendue publique dans les derniers jours d’août, permettrait une élévation de privilèges en détournant une fonction bien précise de Falcon : la suppression automatique des macros Office malveillantes, ce mécanisme qui inspecte les documents et en retire les codes suspects. Le gardien nettoie, l’attaquant en profite pour passer par la porte qu’il tient ouverte.

La démonstration fonctionnerait sur des systèmes entièrement à jour, Windows 11 25H2 et Windows Server 2025, avec la protection réglée au niveau maximal. Le chercheur en sécurité Kevin Beaumont, qui suit activement le dossier Nightmare Eclipse depuis ses premiers zero-days en avril, affirme avoir vérifié le bon fonctionnement de l’exploit. Aucun identifiant CVE n’a encore été attribué, et CrowdStrike se contente pour l’heure d’un prudent « nous enquêtons activement sur ces affirmations », assorti d’une recommandation : désactiver le réglage Windows de suppression des macros suspectes en attendant. Voilà donc des clients priés de débrancher une protection pour se protéger.

Après Microsoft, le chasseur de failles s’attaque aux gardiens du temple

La cible surprend, car ce chercheur avait jusqu’ici réservé ses munitions à Microsoft (tout en ne mâchant pas ses mots sur l’éditeur de Redmond). Le voilà qui élargit sa chasse aux éditeurs de sécurité eux-mêmes : il a déjà publié HardBreacher contre Kaspersky, PrettyPrague contre Avast et GreenSection contre Nvidia. Son message, revendiqué, pointe des problèmes de qualité logicielle systémiques dans une industrie censée montrer l’exemple.

Un logiciel comme Falcon s’exécute avec des privilèges très élevés, condition nécessaire pour surveiller tout le système. C’est un vigile qui possède les clés de toutes les portes : quiconque parvient à le manipuler transforme sa ronde en visite guidée. Les entreprises équipées, en France comme ailleurs, ont donc un réglage à désactiver, un correctif à guetter et quelques questions à poser à leur fournisseur lors du prochain comité de suivi.

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Source : MSNightmare (Nightmare Eclipse)