Passer au contenu

Google verrouille Android 17 : GrapheneOS crie à l’étouffement

Android reste open source sur la brochure. Dans la pratique, le code source se fait attendre des mois, les correctifs de sécurité voyagent en classe affaires réservée, et les systèmes indépendants comme GrapheneOS comptent les portes qui se ferment.

GrapheneOS occupe une place à part dans la galaxie Android : ce système durci, débarrassé des services Google, équipe les smartphones de ceux qui prennent leur vie privée très au sérieux. Le projet a publié cette semaine une charge sévère contre Google, accusé de transformer Android 17 en club privé dont les membres extérieurs découvrent les règles après tout le monde. L’accusation mérite le conditionnel, mais elle s’appuie sur une série de décisions bien réelles et déjà documentées.

Un code source distribué au compte-gouttes

Depuis janvier, Google ne publie plus le code source d’Android que deux fois par an, au deuxième et au quatrième trimestre, là où chaque mise à jour trimestrielle avait droit à sa publication. La mise à jour QPR1 d’Android 17, déployée sur les Pixel cette semaine, inaugure ce nouveau calendrier. Elle embarque quelque 200 correctifs de sécurité : les appareils de Google les reçoivent, les projets alternatifs attendront le prochain lâcher de code (prévu au mieux en fin d’année, personne ne connaît la date exacte).

GrapheneOS affirme par ailleurs que Google aurait réduit en silence le périmètre des correctifs reportés vers les anciennes versions d’Android. Seules les failles critiques découvertes en interne seraient encore corrigées sur les versions antérieures, le reste attendant la version suivante. Google n’a jamais confirmé ce changement de politique, et c’est bien le problème : un téléphone peut afficher fièrement son niveau de correctif de septembre tout en ignorant une partie des failles corrigées ailleurs. La jauge est pleine, le réservoir un peu moins.

Le caillou dans la chaussure de Google vient de loin

Le conflit entre le géant et le projet indépendant . GrapheneOS dépend entièrement du calendrier de Google : le système ne s’installe que sur des Pixel (seuls appareils à offrir les protections matérielles exigées par le projet, en attendant que le partenariat avec Motorola se matérialise), et chaque retard de publication du code se traduit par des semaines d’attente pour ses utilisateurs. En août, la banque en ligne Revolut a par ailleurs fermé son application aux téléphones sous GrapheneOS, un blocage que le projet avait qualifié d’acharnement.

La dimension française de l’histoire ajoute une couche d’ironie. GrapheneOS a retiré ses serveurs de l’Hexagone fin 2025 et quitté OVHcloud, après un article de presse associant le système au trafic de stupéfiants et des déclarations menaçantes de la police judiciaire (l’équipe avait cité le sort de Pavel Durov comme repoussoir). Chassé de France par la crainte d’une justice trop curieuse, le projet se heurte maintenant à un fournisseur américain moins bavard mais tout aussi verrouillé.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.