Revendre son surplus solaire au réseau rapporte de moins en moins. Les tarifs de rachat pour les petites installations ne cessent de baisser, alors que le prix de l’électricité continue, lui, sa progression. Stocker sa propre production pour la consommer plus tard devient donc une option de plus en plus regardée par les foyers équipés de panneaux solaires. C’est sur ce créneau que Jackery, connu jusque-là pour ses stations d’énergie portables destinées au camping et aux activités de plein air, se positionne avec le SolarVault 3, présenté début juin lors d’un événement parisien.
Au fait, c’est qui Jackery ?
Fondée il y a 14 ans en Californie par un ex-ingénieur batteries de chez Apple, le nom de la marque est né de la contraction de « jacket » et « battery ». Jackery revendique aujourd’hui plus de 6 millions d’utilisateurs dans plus de 50 pays et plus de 2 800 brevets internationaux.
Trois modèles pour trois usages
La gamme se décline en trois versions. Le SolarVault 3 Pro s’adresse aux premiers projets, en balcon ou en appartement, avec une entrée photovoltaïque pouvant aller jusqu’à 4 000 W répartie sur 4 trackers MPPT indépendants (jusqu’à 8 panneaux raccordables), ce qui permet de brancher des panneaux orientés différemment sans perdre en rendement. Sa sortie en courant alternatif culmine à 1 200 W, avec un mode bypass à 2 300 W.

Le SolarVault 3 Pro Max vise les foyers plus consommateurs, avec la même entrée solaire de 4 000 W mais une puissance de sortie en courant alternatif portée à 2 500 W et un mode bypass à 3 680 W pour alimenter directement les appareils les plus gourmands. Avec une exposition optimale, Jackery annonce jusqu’à 4 800 kWh de production solaire exploitable par an pour ce type de configuration.
Le SolarVault 3 Pro Max AC, enfin, ne dispose d’aucune entrée photovoltaïque propre : il se branche sur une installation solaire déjà existante via une prise standard ou un micro-onduleur, pour stocker la production excédentaire plutôt que de la revendre à bas prix, avec les mêmes 2 500 W de sortie et 3 680 W de bypass que le Pro Max.

Les trois modèles reposent sur une chimie LFP (lithium fer phosphate), plus stable thermiquement que les batteries lithium-ion classiques. Conçus pour s’empiler, ils acceptent jusqu’à cinq modules de batterie supplémentaires, pour une capacité totale modulable de 2,52 à 15,12 kWh. Une extension par connexion sans fil entre plusieurs systèmes est également annoncée : jusqu’à trois unités en parallèle, en monophasé ou triphasé, pour atteindre 12 kW d’entrée solaire cumulée, 45,36 kWh de capacité et 7 500 W de puissance injectable sur le réseau. Cette fonction multi-systèmes n’est toutefois pas active au lancement, Jackery la présentant comme une évolution à venir sans donner de date précise.
Une installation pensée pour être faite soi-même
Jackery met en avant une conception tout-en-un, avec gestion de l’énergie, gestion de la batterie et conversion de puissance réunies dans un seul boîtier. L’installation est annoncée sans perçage, avec trois câbles à brancher et un temps de mise en service inférieur à 5 minutes, un chiffre toutefois précisé par le fabricant comme reposant sur l’installation d’un SolarVault 3 Pro Max associé à un seul panneau solaire. Le fonctionnement plug & play resterait par ailleurs soumis aux réglementations locales, qui varient selon les pays et les fournisseurs d’électricité.
Pilotage par intelligence artificielle et tarifs dynamiques
Le système embarque une gestion énergétique pilotée par IA qui anticipe la production solaire, la consommation du foyer et l’état de charge de la batterie pour choisir, en continu, le mode de fonctionnement le plus économique. Pour les marchés où l’électricité est facturée à un tarif variable, Jackery revendique une connexion aux prix en temps réel de plus de 860 fournisseurs d’énergie répartis sur plus de 30 marchés (dont la France), avec des partenaires nommément cités comme Tibber, Essent, EDF ou E.on, afin de charger la batterie lorsque les prix sont bas et de la décharger lorsqu’ils grimpent.

Le système s’appuie aussi sur un écosystème d’accessoires propriétaires (Smart Plug, Smart Meter 1P/3P, et des lecteurs de compteur dédiés à chaque marché européen, dont un lecteur TIC pensé pour les compteurs Linky en France) pour observer la consommation réelle du foyer et ajuster sa puissance de sortie en conséquence. Au-delà de ses propres accessoires, Jackery annonce une compatibilité avec des solutions domotiques tierces déjà répandues comme Shelly, Homey, HomeWizard, everHome ou Home Assistant, ce qui évite de devoir remplacer un équipement existant.
Cinq niveaux de sécurité
Jackery détaille un système de sécurité à plusieurs étages. Une surveillance continue de la température aux bornes permet de détecter un échauffement anormal avant qu’il ne s’aggrave. En cas de dépassement d’un seuil critique, un système de suppression par aérosol s’activerait automatiquement, sans intervention humaine. La conception thermique, avec un flux d’air en V et une isolation dédiée, ferait fonctionner le cœur du système environ 4°C plus froid qu’une conception classique à charge équivalente.
L’ensemble est annoncé pour fonctionner entre -20°C et 55°C, avec une certification IP65, une garantie de 10 ans et une durée de vie visée de 15 ans. Le traitement des données se ferait enfin en local plutôt que dans le cloud, avec une conformité RGPD revendiquée. En cas de coupure réseau, le système basculerait en moins de 20 millisecondes, avec jusqu’à 2 500 W de puissance de secours selon le modèle.
Des économies annoncées… à resituer dans leur contexte
C’est l’argument central de la communication de Jackery. Sur la base d’une installation produisant 4 000 W de solaire, d’une consommation annuelle de 6 000 kWh et d’un tarif de 0,20 €/kWh, la marque chiffre à 1 104 € les économies annuelles permises par un SolarVault 3 Pro Max AC équipé de cinq batteries d’extension, contre 374 € pour des panneaux solaires sans aucun stockage.
De quoi annoncer un retour sur investissement théorique d’environ 3 ans et 7 mois, et jusqu’à 16 560 € d’économies cumulées sur 15 ans. Ce calcul repose sur une configuration précise et maximale : le gain réel dépendra fortement de la taille de l’installation solaire, de l’ensoleillement et des habitudes de consommation de chaque foyer.
Tarifs et disponibilité
La gamme SolarVault 3 est d’ores et déjà disponible en France et bénéficie de prix de lancement, à partir de 839 euros pour le SolarVault 3 Pro (au lieu de 1 139 euros). L’addition passe à 959 euros (au lieu de 1 259 euros) pour le 3 Pro Max AC et à 1 079 euros (au lieu de 1 379 euros) pour le 3 Pro Max.
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