Passer au contenu

Test Mapfour Roam : que vaut le vélo électrique tout suspendu à prix cassé ?

Comparer les prix

2 599.00 € *

* Prix public conseillé

Vélo de trekking taillé pour l’aventure et le confort absolu, le Mapfour Roam impressionne par sa fiche technique très généreuse. Avec un couple faramineux de 100 Nm, une suspension intégrale et une connectivité dernier cri, le tout pour un tarif extrêmement agressif de 2 599 euros, il coche presque toutes les cases. Mais face aux ténors du marché, cette formule a-t-elle exigé des compromis inavouables ? Verdict après un essai complet.

L'avis de 01net.com

Mapfour Roam

Les plus

  • + Confort exceptionnel grâce au cadre tout-suspendu
  • + Finitions impeccables, sans soudures apparentes
  • + Équipement ultra-complet de série
  • + Connectivité et application complète
  • + Transmission par courroie propre et sans entretien
  • + Couple moteur Mivice surpuissant de 100 Nm
  • + Autonomie gargantuesque et chargeur rapide

Les moins

  • - Un poids de 35 kg pachydermique
  • - Manque de vivacité globale du cadre
  • - Moteur très bruyant en mode Turbo
  • - Quelques défauts d’équipement (porte-bagages sans normes, phare mal conçu)
  • - L'extraction de la batterie par le dessous du cadre peu pratique
  • - Doutes sur le vieillissement des suspensions d'entrée de gamme
  • - Prise en charge du moteur Mivice encore limitée dans l'Hexagone

Confort & ergonomie

4.5 / 5

Qualité de fabrication

4.5 / 5

Autonomie

5 / 5

Qualité de l'équipement

4 / 5

Appréciation générale

4.5 / 5

Note de la rédaction

Voir le verdict

Fiche technique

Mapfour Roam

Type(s) VTC
Vitesse max. annoncée 25 km/h
Application Mobile Oui
Compatibilité de l'Application Android, iOS
Puissance du moteur 800 W
Voir la fiche complète

C’est un fait indéniable : le marché du vélo à assistance électrique arrive aujourd’hui à une phase de maturité où les utilisateurs ne se contentent plus de simples vélos urbains basiques. La tendance est au VTC (vélo tout chemin) et au trekking, des segments qui permettent de lier les trajets du quotidien dits « vélotaf », aux longues balades dominicales en forêt.

Mapfour Roam 00001
Le Mapfour Roam. © JSZ — 01net

C’est exactement sur ce créneau très porteur que vient se positionner Mapfour, une marque qui commence sérieusement à faire parler d’elle. Elle est issue d’une scission avec sa société mère Engwe, très connue pour ses modèles au rapport qualité-prix redoutable, à l’image du P275 SE (999 euros), mais à la réparabilité aléatoire, voire impossible. Mapfour prend donc son envol de manière indépendante pour cibler une clientèle européenne beaucoup plus exigeante. L’objectif est clair : s’éloigner de l’image d’entrée de gamme en s’appuyant sur des composants plus standards, réputés et qualitatifs, tout en conservant une tarification ultra-compétitive.

Mapfour Roam 00007
Le Mapfour Roam. © JSZ — 01net

Pour incarner cette montée en gamme assumée, la jeune entité dégaine le Roam, un VTC électrique qui se veut révolutionnaire sur son segment de prix. Proposé à seulement 2 599 euros, il s’attaque de front à des références établies qui coûtent souvent le double ou presque, comme le Moustache Lundi 27.6 FS (5 599 euros) ou le Trek Charter+ (4 099 euros). La promesse du constructeur est audacieuse : offrir un vélo de trekking tout-suspendu, à la fois connecté, puissant et capable d’avaler les kilomètres sans jamais fatiguer son pilote, sans pour autant sacrifier le budget. Mais sur un marché où la qualité se paie au prix fort, que vaut réellement ce modèle une fois lancé sur l’asphalte et les chemins cabossés ?

Un design statutaire et des finitions soignées, mais un poids lourd au quotidien

Au premier regard, le Mapfour Roam impose le respect. Son allure massive, presque digne d’un SUV à deux roues, rassure instantanément sur sa solidité. Le fabricant a pris le soin de proposer son modèle en deux déclinaisons de cadre, permettant ainsi de choisir entre une version classique (celle de notre test) et une version à cadre ouvert. Cette dernière s’avérera particulièrement pratique pour s’installer rapidement au guidon sans avoir à lever la jambe, un atout non négligeable lorsqu’on évolue en milieu urbain et que les arrêts aux feux rouges sont fréquents. La ligne générale est très réussie, d’autant plus que l’on observe une très bonne finition globale. Détail qui trompe rarement sur les ambitions haut de gamme d’un constructeur : le cadre ne présente pas de soudures apparentes. L’ensemble est remarquablement lisse, témoignant d’un soin particulier apporté à la fabrication en usine.

Cependant, cette robustesse affichée se paie cash sur la balance. Le Mapfour Roam est un VAE très lourd, affichant 35 kg sur notre balance. Un chiffre colossal pour un vélo, même électrique, qu’il est difficile de manœuvrer au quotidien. Si ce poids s’oublie en partie une fois lancé grâce à l’assistance électrique, il se rappelle à votre bon souvenir dès qu’il s’agit de stationner la bête ou de la faire pivoter dans un local à vélos exigu.

Mapfour Roam 00034
Cachée derrière une trappe, sous le tube diagonal, la batterie du Mapfour Roam n’est pas très facile à extraire. © JSZ — 01net

Cette ergonomie parfois contrariante se retrouve également au moment de la recharge si l’on ne dispose pas d’une prise directement dans son garage. En effet, la volumineuse batterie est extractible, mais cette manipulation s’effectue par le bas du cadre. À l’usage, ce système ne s’est pas révélé très pratique à manipuler. Il faut se contorsionner et soutenir d’abord le cache, puis le poids de l’accumulateur pour l’extraire ou le remettre en place, ce qui, au vu du gabarit du vélo, manque cruellement de fluidité.

Un équipement pléthorique et connecté qui ne laisse rien au hasard

Là où le Mapfour Roam frappe un grand coup, c’est sur la liste de ses équipements de série. Il est très bien équipé, embarquant par défaut des garde-boue efficaces et un solide porte-bagages arrière. Ce dernier est conçu pour la randonnée et la ville, même s’il lui manque une compatibilité MIK HD ou QL 3.1 (nous avons dû ajouter notre propre fixation pour le second). Il est complété par la possibilité d’ajouter un porte-bagages avant, disponible en option. Autre point à relativiser, le phare avant est certes assez puissant pour bien éclairer la route, même en milieu périurbain. Mais lorsqu’on remonte la potence réglable pour adopter une position confortable, le phare ne peut plus être suffisamment descendu et éclaire… le ciel. La seule solution que nous ayons trouvée pour y remédier est de le monter dans l’autre sens, au détriment de la réfraction optique de l’éclairage qui n’illumine plus la route de manière optimale. Dommage.

Au centre du cintre, trône un grand écran de contrôle, dont nous avons particulièrement apprécié la luminosité, même en plein soleil, permettant de garder un œil sur sa vitesse et son autonomie en un simple coup d’œil. Seul regret, en mode navigation sur l’application Mapfour, l’écran n’affiche que les directions et pas la cartographie complète. Cela oblige à utiliser son smartphone en complètement, alors que ce grand écran intégré aurait été parfait pour fonctionner de manière autonome, téléphone dans la poche.

Mapfour a également mis le paquet sur la sécurité logicielle et la connectivité. Conscient que le vol est le frein principal à l’achat d’un VAE dépassant un certain prix, le constructeur intègre un système garantissant une protection antivol grâce à un traceur GPS en temps réel. L’application compagnon, que nous avons trouvée très complète, offre une multitude de fonctionnalités. On y retrouve notamment une navigation efficace et détaillée, parfaite pour les longues sorties de trekking.

Mapfour Roam 00005
©

Du côté de la sécurité, le système permet un verrouillage par smartphone et déclenche une alarme de mouvement en cas de manipulation suspecte. Encore plus fort, il est possible de définir des zones d’autorisation ou d’exclusion géographiques, une fonctionnalité digne des flottes professionnelles.

Sur le plan de la mécanique pure, l’effort d’utiliser des composants fournis par des marques reconnues et facilement trouvables sur le marché est très appréciable. C’est un point de réassurance majeur pour l’entretien futur. La transmission, par exemple, délaisse la traditionnelle chaîne pour une courroie signée Michelin, couplée à un moyeu à vitesses intégrées Shimano Nexus 5. Ce choix est extrêmement pertinent pour faciliter l’usage et limiter l’entretien. C’est un système propre, silencieux et sans lubrification, qui s’avère parfait pour les trajets du quotidien en costume comme pour les excursions boueuses du week-end. Les roues, quant à elles, sont chaussées de solides et larges pneus 2,35 pouces de la marque Kenda, parés pour affronter la terre et les graviers grâce à un système anti-crevaison.

Sur la route : un moteur surpuissant qui compense une certaine inertie

C’est une fois en selle que le Mapfour Roam révèle son véritable caractère. Sa spécificité majeure repose sur son architecture de trekking à suspension intégrale. À l’avant, on retrouve une fourche Zoom Vaxa 32 dotée d’un débattement de 100 mm, travaillant de concert avec un amortisseur arrière DNM DV-22 de 60 mm. Bon point : ces deux éléments de suspension sont réglables en dureté ou en souplesse. Sur le terrain, cela se traduit par un vélo très confortable. On l’apprécie aussi bien sur les routes en mauvais état des centres-villes que sur les chemins de traverse pour aller se balader le week-end. Le vélo encaisse les chocs avec un flegme olympien, isolant le cycliste des vibrations indésirables.

Mapfour Roam 00009
La transmission par courroie du Mapfour Roam. © JSZ — 01net

Pour mouvoir les 35 kg du Roam, Mapfour n’a pas fait dans la dentelle et a sélectionné le moteur Mivice X700. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la fiche technique ne ment pas : avec ses 100 Nm de couple, ce moteur est sacrément puissant. L’assistance fournit un support fort et confiant, parfaitement adapté aux montées abruptes. Dans la pratique, il déplace sans faillir les 35 kg de la bête, effaçant le relief avec une aisance déconcertante.

Mapfour Roam 00026
Le moteur Mivice X700 du Mapfour Roam. © JSZ — 01net

Toutefois, cette débauche de puissance ne vient pas sans de menus défauts. Si le fabricant promet des performances silencieuses, notre essai a démontré que le moteur est bruyant ; on l’entend vraiment beaucoup en mode Turbo. Le sifflement électrique devient alors très présent. Pour des balades tranquilles en forêt, où l’on cherche généralement le calme et l’immersion dans la nature, on se rabat plutôt sur le mode Tour ou le mode Auto, nettement plus discrets.

Par ailleurs, malgré l’excellente santé du moteur, le poids colossal du vélo se ressent immanquablement sur son comportement. La machine n’est pas d’une grande vivacité. Si la stabilité est de mise à vitesse de croisière, le cadre s’avère beaucoup moins rassurant dans les enchaînements rapides que celui de la référence du genre, le Moustache Lundi 27.6 FS. La dynamique est pataude, exigeant d’anticiper ses trajectoires.

Cette inertie pose également la question du freinage. Mapfour a logiquement opté pour des freins à disques de 180 mm fournis par l’équipementier Tektro. S’ils se sont montrés efficaces dans la plupart des situations, nous avons noté leur manque de mordant lors des freinages d’urgence. Il n’y a là rien d’étonnant malgré tout, étant donné le poids de la machine. Il faudra simplement veiller à appuyer fermement sur les leviers pour arrêter l’équipage.

Enfin, bien que l’effort de standardisation soit louable, quelques doutes subsistent quant à la durabilité sur le long terme de la fourche et de l’amortisseur arrière, qui ne sont pas des modèles haut de gamme. Des interrogations persistent aussi sur la réparabilité du moteur Mivice ; cependant, Mapfour nous a précisé que plusieurs vélocistes partenaires en France prenaient en charge sa maintenance : environ 25 en France, dont une petite dizaine à Paris selon notre décompte. Attention tout de même à leur répartition, loin de couvrir tout l’Hexagone. Un élément à garder en tête avant l’achat.Mapfour Roam 00040

Une autonomie marathonienne et une recharge éclair

S’il y a bien un domaine où le Mapfour Roam met tout le monde d’accord, c’est celui de l’endurance. Conçu pour le trekking et les grandes échappées, le vélo dissimule dans son imposant tube diagonal une énorme batterie d’une capacité de 720 Wh. La marque annonce des performances long-courrier pouvant atteindre jusqu’à 150 km.

Si ces chiffres théoriques sont souvent obtenus dans des conditions irréalistes (pilote très léger, vent dans le dos, mode d’assistance minimum), la réalité de notre test confirme que le Roam jouit d’une excellente autonomie. Avec notre parcours mixte, alternant dénivelés et phases roulantes, nous avons eu de quoi atteindre les 100 km en mode Tour, 70 km en mode Auto, et un peu plus de 50 km en mode Turbo, le plus énergivore. Ce sont des scores de haut vol, parfaits pour envisager du tourisme sur plusieurs jours ou ne recharger la batterie qu’une fois par semaine dans le cadre d’un usage vélotaf.

Lorsque vient le moment de faire le plein d’électrons, Mapfour sort un dernier atout de sa manche : un chargeur rapide de 8 A ; c’est un équipement rarissime sur le marché (la norme se situant généralement autour de 2 ou 4 A). Grâce à ce dispositif musclé, la batterie bénéficie d’une recharge rapide en à peine plus de deux heures. Cette technologie de charge ultra-rapide change véritablement la donne, permettant de regagner la quasi-totalité de l’autonomie le temps d’une pause-déjeuner prolongée lors d’un road trip.

👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.