Le Crossline M2, c’est d’abord un excellent cadre. Ce vélo tout chemin partage ses gènes avec le Montmartre, mais ce dernier a fait le choix de se recentrer exclusivement sur des configurations à courroie et à cadre ouvert. Le Crossline, lui, conserve la fidèle transmission à dérailleur, plus polyvalente et plus abordable à l’entretien. Résultat : un VAE vif comme l’éclair en ville, qui répond au quart de tour dès qu’on le sollicite. Mais cette légèreté a un prix et il ne se limite pas qu’aux 3 322 euros affichés sur l’étiquette.

Une finition peaufinée dans le Nord de la France
Chez Origine, on ne fait pas les choses à moitié côté peinture. Les cadres et fourches de la marque sont peints à la main dans les ateliers du fabricant, situés dans le Nord de la France, avec des peintures hydrosolubles de qualité automobile. Un choix qui paye : sur notre modèle de test, la finition est très réussie, qu’il s’agisse des soudures du cadre en aluminium 6061-T6 que de la peinture elle-même. Cette dernière s’est montrée particulièrement résistante, en témoignent quelques malencontreux coups d’antivol qui n’ont jamais réussi à l’écailler.

Notre configuration reprenait la teinte Yéyé Green avec un vernis satiné et un décor Crossline Medium Blanc, mais Origine propose un configurateur maison permettant de personnaliser à peu près tout : couleur du cadre parmi une vingtaine de teintes, type de vernis (satiné ou brillant, ce dernier faisant même économiser 10 euros), décor, sans oublier la selle, les pédales ou les accessoires.

Reste que la vraie signature du Crossline M2, c’est son poids : 14,71 kg pour notre configuration testée dans la taille M, un chiffre qui frôle celui d’un vélo musculaire haut de gamme. C’est peu dire que le vélo se manœuvre avec une facilité déconcertante, que ce soit pour le porter dans un escalier ou le glisser entre deux voitures.

Un équipement pensé pour la ville, avec quelques angles morts
Côté freinage, Origine ne lésine pas sur les moyens : le Crossline M2 embarque d’immenses disques hydrauliques Shimano de 180 mm à l’avant comme à l’arrière (montés sur des étriers flat mount), pour un mordant et une efficacité qui ne laissent que peu de place au doute. La transmission fait appel à un dérailleur Shimano Cues à 11 vitesses, couplé à un pédalier de 40 dents et une cassette 11-50 sur notre modèle testé, qui obéit au doigt et à l’œil. Rien à redire sur ce choix de composants, éprouvés et fiables.

L’équipement embarque également deux emplacements pour porte-bidon ainsi que des œillets de chaque côté de la fourche en carbone, pratiques pour y accrocher sacoches ou bidons supplémentaires. Un phare avant complète le tableau, avec une puissance de 50 lux et une portée de 35 mètres, idéale pour circuler la nuit dans des environnements péri-urbains parfois mal éclairés.
En revanche, il faudra mettre la main au porte-monnaie pour transporter ses affaires : le Crossline M2 ne propose pas de porte-bagages par défaut, celui-ci étant facturé en option à 53 euros. Sur notre configuration de test, nous avions opté pour la selle Selle Italia X3 Flow Boost, une monte sportive qui mérite qu’on porte une peau de chamois en permanence tant elle se montre exigeante sur la durée. Le modèle de selle Royal Essenza Plus, monté par défaut, doit être bien plus confortable au quotidien. Les pédales Wellgo Urban C293 antidérapantes complètent une configuration qui reste cohérente avec l’esprit urbain du vélo.

Une excellente application mobile complète Mahle (le fournisseur du moteur) accompagne le Crossline M2, avec navigation intégrée, verrouillage électrique de la motorisation et configuration fine du comportement du moteur. Un ensemble malheureusement desservi par l’écran de contrôle LCD, non rétroéclairé et donc peu lisible la nuit. Celui-ci est amovible, ce qui contrait à le retirer à chaque arrêt pour limiter les risques de vol. Il faut aussi l’allumer et l’éteindre indépendamment de l’alimentation générale du vélo, ce qui devient vite fastidieux à l’usage.
Un cadre au rendement bluffant, un moteur un peu tendre
C’est bien là que le Crossline M2 se distingue : sur son cadre. Excellent, très rigide, au rendement impressionnant, il transforme chaque coup de pédale en accélération immédiate. Dans la taille M que nous avons testée, le vélo se montre vif et agile dans la circulation urbaine. Il répond au quart de tour dès qu’on le sollicite, un vrai plaisir à piloter qui démontre, une fois de plus, le savoir-faire d’Origine en matière de cadre.

Le moteur Mahle X30 installé dans le moyeu arrière développe 45 Nm de couple avec une petite batterie de 250 Wh. Sa position dans le moyeu présente un avantage de taille : l’absence de frottements, ce qui réduit considérablement sa consommation et rend le coup de pédale, une fois l’assistance coupée, quasiment identique à celui d’un vélo traditionnel. Pas besoin de plus de puissance pour parcourir des distances similaires à des vélos deux fois plus lourds, qui nécessitent des moteurs bien plus costauds. Le tout profite en plus d’une connectivité ANT+, capable de se lier directement à un GPS ou une ceinture cardio via une application dédiée pour adapter l’assistance au terrain et à l’effort fourni.

Mais ce moteur se révèle plutôt faiblard malgré ses 45 Nm annoncés. L’assistance se montre très naturelle sur le plat et les faux plats, mais elle affiche clairement ses limites dès que les côtes deviennent plus rudes. Même bien aidé par sa transmission généreuse, on transpire très vite dès qu’un peu de dénivelé s’invite au programme. Un comportement à mille lieues d’un moteur central puissant façon Bosch ou Shimano, mais qui reste cohérent avec la philosophie légère et sportive du Crossline M2. Que ce “petit” moteur soit moins musclé qu’une version pédalier, c’est tout à fait entendable. En revanche, le Mahle X30 risque de souffrir de la comparaison avec le tout nouveau Hub Line, le moteur moyeu de Bosch qui affiche des caractéristiques proches mais un comportement nettement plus dynamique.
Autre pendant de cet excellent rendement : le confort, ou plutôt son absence. Ce VAE se révèle très rigide, en particulier dans notre version de test en taille M et il ne faut clairement pas s’attendre à un tapis volant. C’est le revers de la médaille d’un cadre aussi efficace, encore accentué par la selle sportive montée sur notre configuration d’essai.
Une autonomie honnête, mais qui a ses limites
Malgré sa toute petite batterie interne non amovible de 250 Wh, l’autonomie du Crossline M2 s’avère tout à fait correcte d’après nos tests : nous avons parcouru 40 km en assistance maximale. Une belle performance qui s’explique avant tout par la légèreté du vélo et son excellent rendement : on dépasse en effet très souvent la vitesse de 25 km/h, seuil au-delà duquel l’assistance électrique se coupe automatiquement selon la réglementation.

Cette autonomie reste toutefois un peu juste pour les longs parcours ou pour ceux qui ne souhaitent pas recharger leur vélo tous les jours. Origine propose bien une solution : une batterie additionnelle optionnelle de 185 Wh sous forme de bidon, mais il faudra alors débourser 500 euros supplémentaires pour ce confort d’usage. Autre contrainte à prendre en compte : la batterie n’étant pas amovible, il faut nécessairement monter son vélo chez soi pour le recharger si l’on habite en appartement sans garage ni local à vélos. Le Crossline M2 s’adresse donc avant tout à des cyclistes disposant d’un espace de stockage adapté à domicile.

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