Quand s’effacera la légende des casques QuietComfort ? L’histoire de Bose dans l’univers audio nomade est indissociable de la réduction de bruit active et d’un confort référence, instauré il y a dix ans avec le mythique QC35. Si le constructeur américain a modernisé son offre avec les Headphones 700 puis le QuietComfort Ultra Headphones, il n’a jamais délaissé la formule ergonomique classique qui a fait sa renommée. En 2026, la marque relance ainsi une nouvelle version de son casque culte : le QuietComfort Headphones, avec cette deuxième génération.

Positionné à 349,95 euros, ce modèle s’insère juste sous les fleurons du marché que sont le Sony WH-1000XM6 et le propre QC Ultra de la firme. Sans altérer ses fondations, cette seconde mouture se dote d’un arceau épuré, de fonctionnalités héritées du haut de gamme et d’une connectivité revue. Mais face à une concurrence affûtée, cette formule traditionnelle suffit-elle encore à s’imposer ? Nous l’avons testé pour le savoir.
Un design affiné dédié au confort royal
Dès le premier coup d’œil, le Bose QuietComfort Headphones (2e génération) affiche une filiation évidente avec son prédécesseur. Pourtant, la marque a apporté des retouches visuelles subtiles. La modification la plus notable concerne l’arceau : Bose a remisé le mécanisme de réglage cranté traditionnel au profit d’un ajustement coulissant interne fluide, inspiré du QC Ultra. Visuellement, le résultat gagne en sobriété et en élégance, sans casser la ligne du casque lorsqu’il est déployé. La bande de rembourrage repose de manière plus homogène sur le sommet du crâne.

Les écouteurs adoptent un profil plus elliptique, procurant une allure affinée sur la tête. Côté matériaux, l’appareil privilégie un plastique mat, associé à des charnières métalliques consolidées et à une conception d’un seul bloc sans visserie apparente. Si l’ensemble inspire confiance en matière de durabilité, le choix de plastiques fins semble un peu modeste face aux standards du marché. C’est toutefois le prix à payer pour conserver une légèreté record.

Sur notre balance, le casque affiche un poids plume de 239 grammes. Une prouesse qui se traduit par un confort absolu. La pression sur le crâne est quasi inexistante et le serrage latéral demeure très bien dosé. Les coussinets en similicuir, garnis d’une mousse moelleuse et amovibles, enveloppent doucement les oreilles. Bose a retravaillé leur rembourrage pour assurer une étanchéité acoustique optimale, très appréciable pour l’isolation passive tout en préservant les porteurs de lunettes. Lors de nos tests, le casque s’est fait oublier pendant des heures.

Pensé pour les déplacements, ce QuietComfort conserve une structure repliable extrêmement pratique. Il prend place aisément dans son étui de transport rigide fourni. Seul regret d’usage : lorsqu’on garde le casque autour du cou, les oreillettes pivotent vers l’extérieur et non vers le torse. Cinq coloris sont proposés, dont certains très originaux : noir, blanc nuage, menthe fraîche, vert eucalyptus et mauve rosé (la version prêtée par la marque pour notre test). Il y en a donc réellement pour tous les goûts et les styles.

La simplicité des boutons physiques
À l’heure où les pavés tactiles s’imposent chez la plupart des constructeurs, Bose fait un choix rétro en maintenant une ergonomie entièrement basée sur des boutons physiques. Un parti-pris qui ravira les utilisateurs allergiques aux commandes tactiles, pas toujours efficaces avec les doigts humides ou en portant des gants.

L’organisation des commandes s’avère limpide. Sur la coque droite, on retrouve les boutons de volume (+ et -) encadrant une touche centrale multifonction pour la lecture, le saut de piste et la gestion des appels. Sur la tranche inférieure de l’écouteur gauche, le commutateur d’allumage et d’appairage Bluetooth se matérialise sous la forme d’un curseur mécanique à butée. Ce système s’avère plus intuitif qu’une touche à maintenir enfoncée : un simple coup d’œil permet de s’assurer du statut du casque.

Juste à côté se trouve le bouton d’action. Il permet de basculer entre les modes de réduction de bruit et de transparence ou de déclencher un raccourci personnalisé (lancer Spotify, solliciter l’assistant vocal ou basculer vers l’audio spatial). À l’usage, les commandes réagissent sans délai. Tout juste regrettera-t-on le clic plastique qui crée une petite résonance interne dans la coque.

Plus regrettable en revanche : Bose fait à nouveau l’impasse sur les capteurs de port. Contrairement à la majorité des concurrents, retirer le casque de la tête ne met pas la musique en pause automatiquement. Un oubli regrettable sur un produit à 350 euros.
L’arrivée de l’USB-C audio
Pour paramétrer le casque, le passage par l’application compagnon Bose s’impose. Déclinée sur iOS et Android, elle s’avère claire et épurée. Elle offre la possibilité de personnaliser les raccourcis, d’ajuster le retour vocal pendant les appels et de régler le délai de mise en veille. L’égaliseur se montre toutefois basique, ne proposant qu’un réglage à trois bandes (basses, médiums, aigus). Les mélomanes désireux de sculpter finement le son resteront un peu sur leur faim face aux applications de Sony ou Nothing.
En connectivité sans fil, le casque embarque le Bluetooth 5.4 avec appairage Google Fast Pair et connexion multipoint pour basculer sans accroc entre deux appareils. Cependant, Bose conserve une approche restreinte sur les codecs : le casque ne prend en charge que le SBC et l’AAC. Il faudra se passer des formats à haut débit comme le LDAC ou l’aptX Adaptive. De même, la prise en charge du LE Audio et d’Auracast n’est pas activée.
La véritable évolution matérielle concerne le câblage. La traditionnelle prise jack 3,5 mm directe disparaît au profit d’un unique port USB-C. Ce dernier prend désormais en charge l’audio numérique bidirectionnel sans perte (lossless). Branché en USB-C à un ordinateur ou un smartphone, le casque restitue un signal audio haute qualité tout en exploitant ses microphones en visioconférence. Pour se raccorder aux sources analogiques, Bose inclut également un câble USB-C vers mini-jack 3,5 mm. Attention toutefois : l’écoute en mode complètement passif n’est plus possible, le casque devant impérativement être sous tension.
Une maîtrise de l’ANC toujours impériale
S’il est un domaine où l’expertise de Bose demeure incontestée, c’est bien celui du traitement du bruit. Cette deuxième génération du QuietComfort embarque le système QuietControl, appuyé par une architecture à six microphones (trois par écouteur). Et le résultat en pratique est épatant.

Dès qu’on active l’ANC dans le métro, le train ou une rue passante, le casque installe une bulle de silence extrêmement convaincante. L’atténuation dans les basses fréquences et les bas-médiums est excellente. Les grondements de moteurs et les résonances graves disparaissent presque intégralement. Les voix humaines sont elles aussi très bien amorties dans un open space, sans générer de pression acoustique sur le tympan.

Le mode transparence, nommé mode Attentif, s’avère lui aussi convaincant. Il capte les sons environnants de manière fluide. Les voix de vos interlocuteurs ressortent avec clarté, permettant de tenir une conversation sans enlever l’appareil. On bénéficie également de la fonction ActiveSense, qui lisse automatiquement les bruits d’impact violents.

Concernant le kit mains libres, Bose accomplit des progrès significatifs. En intérieur ou en environnement modérément bruyant, la capture de la voix est claire, naturelle et exempte d’écho. En extérieur face au vent ou au trafic urbain, l’algorithme d’atténuation isole efficacement le timbre vocal des bruits ambiants. Seul le passage de véhicules très bruyants peut provoquer une baisse temporaire de niveau, mais l’ensemble demeure parfaitement exploitable au quotidien.
Un son chaleureux et dynamique
Sur le plan acoustique, Bose reste attaché à sa philosophie : offrir un rendu sonore vivant, dynamique et flatteur, plutôt qu’une restitution neutre. Le QuietComfort adopte ainsi une signature en V maîtrisée et très engageante.
Les basses se montrent profondes, percutantes et bien assises. L’accentuation dans le bas du spectre apporte une belle rondeur et un punch appréciable sur la pop, le rock et l’electro, sans jamais déborder sur le bas-médium. Les frappes de grosse caisse et les lignes de basse sont restituées avec une belle réactivité.

Le registre médium profite d’une mise en avant ciblée dans la zone des hauts-médiums, ce qui confère une présence remarquable aux voix et aux instruments solistes. Ce parti-pris offre une grande sensation de détail. Toutefois, sur certaines pistes déjà très claires ou à volume soutenu, cette énergie peut apporter un tranchant un peu appuyé. Dans les aigus, le casque monte haut avec de la brillance. Quelques petites pointes dans l’extrême aigu font ressortir les charleys et cymbales avec dynamisme, même si leur sonorité peut parfois paraître un brin métallique.

Une endurance honnête sans égaler les cadors
Côté autonomie, Bose joue la carte de la constance. Le fabricant annonce une durée de fonctionnement de 24 heures avec la réduction de bruit active activée. Au cours de notre test en conditions réelles, avec l’ANC enclenché à volume moyen, le casque a effectivement franchi de peu la barre des 24 heures d’écoute continue. Une prestation honnête, amplement suffisante pour couvrir une semaine de trajets ou un long voyage.

Néanmoins, cette endurance reste modeste face aux standards actuels. Le Sony WH-1000XM6 atteint les 30 heures, tandis que le Sennheiser Momentum 4 Wireless ou le Marshall Monitor III ANC franchissent les 50 à 70 heures. Le temps de charge complet réclame 3 heures en USB-C, mais la charge rapide offre 2,5 heures d’écoute en 15 minutes.
👉🏻 Suivez l’actualité tech en temps réel : ajoutez 01net à vos sources sur Google, et abonnez-vous à notre canal WhatsApp.

