La Coupe du Monde est terminée, la guerre des constructeurs TV, elle, continue. Dans cette bataille rangée, LG et sa série C sont habituellement très bien armés. Le C, chez LG, c’est l’OLED le plus polyvalent. Moins bien loti qu’une série G au tarif prohibitif, mais suffisamment musclé, notamment sur l’aspect gaming, pour satisfaire des utilisateurs exigeants qui n’auraient pas l’intention de mettre leur PEL dans l’achat d’un téléviseur.
C’est avec ce regard que nous avons abordé l’arrivée du LG C6 cette année… sauf que LG a décidé de tout changer. Le constructeur s’est surtout évertué à brouiller les pistes et à compliquer la vie des utilisateurs. Pour faire court, nous entrerons dans les détails de ce choix par la suite, vous n’aurez pas les mêmes dalles selon la diagonale de votre C6. Et mieux vaut le savoir avant d’acheter.
La dalle tandem OLED RGB (celle du LG G5 de l’an dernier) et qui aurait dû ruisseler sur la série C toute entière en 2026, n’est disponible que sur les deux diagonales les plus grandes, celles de 77 et 83 pouces (respectivement 3 499 euros et 4 999 euros). Si vous optez pour un modèle plus petit, vous aurez une dalle plus modeste. C’est le cas de notre 65C6 de test qui doit se contenter d’une dalle OLED EX EVO.
Design et finitions : du C dans le texte
Sur l’aspect esthétique, la série C reste une valeur sûre. LG considère son téléviseur comme un haut de gamme et ça se voit immédiatement dans les finitions. En plus de la finesse des bordures, du travail sur le pied central en aluminium brossé ou des passages de câbles, on a également le droit à un rendu travaillé sur la face arrière du TV. Un effet marbré sur les plastiques qui dénote dans la mesure où cette partie (invisible la plupart du temps) n’est pas spécialement soignée chez les concurrents.

Qu’importe, on appréciera le geste, ou on ne le remarquera même pas, mais il est une preuve de l’attention portée par le constructeur aux finitions de son modèle.
Au niveau de la connectique, LG reprend tout simplement la recette de l’année précédente (et de celles d’avant) avec 4 ports HDMI 2.1 dont un en eARC, une entrée optique, deux ports USB et des entrées antenne et satellite classiques.

La télécommande qui avait connu une évolution sensible l’an dernier est reprise presque à l’identique. Seule différence : le bouton en haut à droite (un petit cœur) est une touche dédiée aux favoris qui demandera à être paramétrée par l’utilisateur. C’est simple, sans chichi et toujours aussi réussi. En revanche, une télécommande non rétroéclairée en 2026 est une pure aberration et LG n’a aucune raison de continuer à nier l’évidence.
La bonne dalle ? C’est 3 500 euros minimum
Nous l’avons dit et cela vaut la peine d’être répété. La véritable question autour du C6 est celle de la taille de sa diagonale. C’est elle qui déterminera en grande partie la qualité d’image. Car pour le reste, c’est-à-dire essentiellement le processeur, LG a fait un choix bien plus clair, celui de mettre son dernier processeur partout. L’alpha 11 AI Gen3, ce que LG fait de mieux aujourd’hui, bénéficie à toute la gamme et c’est heureux.

Dès lors, où se situe vraiment la différence ? Elle est à chercher du côté de la luminosité, bien entendu. Pour le 65C6, LG annonce un pic lumineux à 1900 nits. Il serait de 2900 nits pour les diagonales de 77 et 83 pouces. Là où le constructeur n’est pas très clair, c’est qu’il ne s’est pas contenté de piocher dans son stock de dalles de l’an dernier. Il y a bien un gain de luminosité par rapport au LG OLED 65C5, mais il est marginal. LG se vante pourtant d’une nouvelle technologie en usant de la formule « brightness booster Pro » pour souligner cette progression du pic lumineux. D’ailleurs cette technologie, ou disons plutôt ce label, n’est appliqué qu’aux dalles de 55 et 65 pouces. Les diagonales inférieures (42 et 48 pouces) en sont tout simplement dépourvues. Là encore, c’est on ne peut plus contre-intuitif pour l’acheteur.
Dans notre cas, nous nous contenterons de juger le C6 sur pièce et de projeter, en théorie, ce qu’une dalle nettement plus lumineuse, celle du G5 de l’an dernier, par exemple, pourrait lui apporter. C’est ce qui permet au mieux de comprendre s’il faut investir davantage et de basculer sur 77 ou 83 pouces, à condition que son salon et son budget le permettent bien entendu.

C’est évidemment sur les contenus HDR et en Dolby Vision que cet écart sera le plus marqué. Cette différence aura également des conséquences sur la couverture des espaces colorimétriques. Pas tant sur le DCI-P3 où on atteint presque 100 % de couverture, mais en REC 2020 la différence ne pourra qu’être plus significative.
Qualité d’image : deux nouveautés dans une recette à succès
Le C6 débarque avec la promesse d’un meilleur rendu. Cette dernière s’appuie sur deux nouveaux procédés permis par le processeur Alpha 11 Gen3.
L’une des nouvelles fonctionnalités du processeur de LG s’attaque directement aux performances de l’upscaling. Le procédé est simple : améliorer le rendu autour des contours de chaque sujet de l’image pour donner une meilleure impression générale, notamment au niveau du piqué.
La seconde « Ambiant Filmmaker Mode » est un ajustement de la luminosité en temps réel mais dans le respect des exigences colorimétriques du mode privilégié de visionnage.

Avouons-le : ces deux promesses sont bien difficiles à vérifier à l’œil nu, aussi bien du point de vue des progrès réalisés entre deux générations de produits que sur les performances en tant que telles de chaque procédé.
En revanche, l’Alpha 11 Gen 3 s’attaque directement au phénomène de « banding ». C’est un sujet pour LG qui a eu par le passé des plaintes de certains utilisateurs, notamment sur le visionnage des contenus en Dolby Vision. Sur ce point, les prochains mois diront si la solution mise en place est payante. Nous aurions aimé ajouter à cette courte liste de nouveautés le support du Dolby Vision 2, mais LG fait l’impasse malheureusement, ce qui risque de pénaliser la série C face à ses concurrents les plus ambitieux.
Là où le 65C6 n’a pas grand-chose à craindre, c’est sur les basiques et sur sa qualité d’image en général. Sur ce point, ô combien important, le C6 est à la hauteur de ses prédécesseurs. C’est ce que confirment les chiffres mesurés par le 01lab qui soulignent, entre autres, les très bonnes performances en colorimétrie du modèle.

Ainsi, en SDR, le Delta E des gris est mesuré à 0,5 et celui des couleurs à 1,1. On note également un Gamma à 2,39 là où la température des couleurs épouse parfaitement la ligne des 6500 K avec une valeur de 6564 K.
Les résultats diffèrent quelque peu en HDR, mais restent solides. Ainsi, le pic lumineux en mode Filmmaker est pointé à 1877 nits, très proche donc des 1900 nits annoncés par le constructeur. La température des couleurs est un poil moins maîtrisée (6417 K), mais c’est surtout au niveau de la couverture de l’espace colorimétrique que nous observons une différence. Alors qu’elle frise les 100 % en SDR en DCI-P3, elle redescend à 87,2 en HDR. Idem en BT.2020 avec une valeur de 73,9 qui pourrait inquiéter, mais il n’en est rien. C’est cette limitation de la couverture de l’espace colorimétrique qui permet en réalité à LG d’afficher des couleurs plus fidèles.

Au final, si vous souhaitez privilégier la fidélité des couleurs avec votre LG 65C6, nous vous recommandons d’opter pour le mode Filmmaker en HDR et de régler la « Luminosité maximale » sur faible. À contrario, si vous souhaitez bénéficier de couleurs éclatantes, sans trahir la fidélité, gardez le mode Filmmaker en HDR par défaut. C’est celui qui offre le rendu le plus équilibré tout en exploitant au mieux le pic lumineux du téléviseur.
Concernant les angles de vision, c’est excellent, tout simplement. C’est une constante pour un téléviseur OLED, et ça se vérifie sur le C6.
Le seul point faible selon nous concerne la réflectance de l’écran. Sur ce point, LG réserve son savoir-faire à sa pépite, le G6. La conséquence, c’est que même sur un modèle aussi onéreux qu’un C6 de 83 pouces, soit 5 000 euros, la gestion des reflets sera bien moins efficace que sur un modèle QD-OLED au tarif inférieur chez Samsung. C’est un angle mort chez LG et c’est aussi un point de détail qui pourrait coûter cher au fabricant coréen au moment des comparatifs, mais LG l’assume pleinement.
WebOS : LG seul sur sa planète ?
Difficile d’évoquer les téléviseurs LG sans prendre le temps de s’arrêter sur l’une de leurs spécificités : webOS, leur système d’exploitation propriétaire qui est également l’un des aspects les plus appréciés des fidèles de la marque.

Cette année, les nouveautés sont assez rares au niveau de l’interface, mais on souligne tout de même un effort certain de la part du constructeur pour que l’ensemble soit un peu moins touffu, pour ne pas dire chargé. À cet égard, webOS semble regarder du côté de Google TV et c’est plutôt une bonne chose. Pour le reste, l’interface est toujours aussi agréable à utiliser, fluide et surtout personnalisable. Là où le fabricant a concentré ses efforts, c’est sur la partie jeu vidéo.
Gaming : LG prend soin des joueurs
Pour la partie gaming, tout se passe maintenant sur le LG Gaming Portal, la rubrique de WebOS dédiée au jeu vidéo. Un hub dédié aux consoles et aux jeux, ce n’est pas une première évidemment, mais il faut reconnaitre à LG un certain savoir-faire et un soin particulier sur l’intégration de ce bloc logiciel.
Pour autant, là n’est pas la grande nouveauté gaming de la famille C6. Il faut davantage regarder du côté de la fréquence de rafraîchissement qui monte à présent jusqu’à 165 Hz pour constater la principale avancée consacrée aux joueurs.

L’autre bonne nouvelle, c’est la compatibilité avec le service GeForce Now en Ultra HD 120 Hz qui permet de se passer d’une machine pour profiter de ses jeux préférés directement sur son TV. Compte tenu du coût des composants, cette solution pourrait être bienvenue pour une partie des utilisateurs. Malheureusement, nous n’avons pas eu l’occasion de tester les performances de GeForce Now sur ce C6 puisque cette compatibilité n’est réservée qu’à l’abonnement le plus onéreux du service de Nvidia.
Enfin, LG a fait un travail considérable pour améliorer la connexion Bluetooth et faire en sorte que la latence soit au plus bas entre TV et manette de jeu. Ainsi, le 65C6 est l’un des tout premiers modèles à bénéficier du Bluetooth Ultra Low Latency (2,5 ms de latence seulement). C’était une évolution nécessaire dans la mesure où il est possible de jouer désormais en streaming avec une fréquence de rafraîchissement de 120 Hz.

Dernier conseil, valable depuis 2025, sur la colorimétrie en jeu vidéo. Si vous souhaitez disposer d’une colorimétrie assez juste en SDR comme en HDR sur le jeu vidéo, il faut régler la balance des blancs sur « chaud 40 ». C’est ce qui permet de se rapprocher au plus près du rendu du mode Filmmaker.
Audio : du Dolby Atmos Flex Connect ouvert
Au niveau de l’équipement de base, il n’y a pas de différence notable sur l’audio entre le C5 de l’an dernier et le C6 de cette année. LG a considérablement rattrapé son retard en la matière depuis ces deux dernières années et présente aujourd’hui un niveau tout à fait performant, parmi les meilleurs du marché.
Sur ce point, il convient également de saluer le choix du fabricant de simplifier les différents modes audio. Il n’y en a plus que trois et même si le choix semble restreint, il est au contraire largement simplifié. Comme d’habitude, notre conseil si vous souhaitez profiter d’une meilleure expérience audio, c’est de ne pas vous contenter du système intégré au téléviseur. C’est évidemment un surcoût à prendre en compte lors de l’achat, mais aussi bons soient-ils, les systèmes audio intégrés butent sur des limites physiques (la place dans le châssis du TV) qui font qu’ils seront toujours moins efficaces qu’une barre de son ou qu’un système plus complet.

Le véritable progrès est ailleurs en 2026. À l’inverse de TCL qui bride la lecture du Dolby Atmos Flex Connect à ses seuls appareils, LG fait le choix de l’ouverture et de la compatibilité au plus grand nombre. Techniquement, le 65C6 est compatible avec l’excellent système audio Z100 de TCL que nous avons testé et particulièrement apprécié. Malheureusement, il faudra ici une approche théorique dans la mesure où, lors de nos tests, nous n’avons pas eu l’occasion de tester les deux produits en même temps.
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