L’industrie automobile traverse une tempête économique sans précédent. Les constructeurs n’hésitent pas à fermer des usines à tour de bras et à valider des plans de départs massifs. Certains dégraissent leurs gammes en supprimant les modèles les moins rentables, tandis que d’autres risquent carrément de rendre le tablier. C’est le cas de Seat, qui a visiblement été abandonné par Volkswagen depuis de longues années.
Même si les restylages des Ibiza et Arona ont très légèrement relancé le constructeur espagnol, il semblerait que les jeux soient faits : Seat pourrait disparaître après 2030. Dans un communiqué officiel, Volkswagen a confirmé que « des réglementations de plus en plus contraignantes [associées à] la rentabilité de l’électrification » compliquent une situation déjà très complexe pour la marque ibérique.
Quand la jeune Cupra fait de l’ombre à l’historique Seat
Et cette dernière phrase confirme que la suite apparaît compromise : « les investissements nécessaires au développement d’une nouvelle génération de modèles rendent la décision d’investir davantage dans la marque SEAT de plus en plus difficile ». Volkswagen a malgré tout précisé qu’ « aucune décision définitive n’a été prise ». Il y a donc des raisons d’espérer, même si elles sont extrêmement faibles.
Comment lutter en effet face à Cupra faisant de meilleurs chiffres de ventes et dégageant en parallèle une rentabilité supérieure ? Vu le contexte actuel où chaque économie est la bienvenue, mettre fin à Seat n’est clairement plus une simple hypothèse. Dans une interview accordée à Auto Express, Marcus Haupt, le PDG de la marque espagnole, tient tout de même à rassurer en affirmant que Seat adopterait un rôle plus industriel et moins automobile.
Quel avenir pour l’usine géante de Martorell ?
D’après lui, « il s’agit d’une histoire de transformation, avec Cupra comme moteur essentiel de notre croissance et de notre rentabilité futures […]. Parallèlement, nos responsabilités industrielles s’accroissent, et avec elles, les créations d’emplois. Nous bâtissons un avenir solide pour Seat et pour Martorell ». Véritable bastion du groupe allemand, l’usine de Martorell emploie plus de 10 000 personnes pour la production des modèles Seat et Cupra.
Il est alors fort possible que l’ensemble de la fabrication soit redirigé vers les futures Cupra après 2030. L’autre issue probable risque de déplaire davantage : Volkswagen pourrait complètement vendre l’usine aux marques chinoises afin qu’elles produisent en Europe. Ce serait une formidable porte d’entrée pour ces dernières, mais un véritable scandale pour les salariés présents depuis longtemps sur le site.
Une fin programmée ou une simple mutation ?
La chose n’est pourtant pas à exclure car Volkswagen a déjà entamé des discussions avec des constructeurs chinois sur le sujet. Le dénouement semble donc proche pour Seat, née en 1949 et intégralement passée sous pavillon allemand en 1993. Seule réjouissance ? Une énième mise à jour des Ibiza et Arona, qui adopteront des mécaniques micro-hybrides l’année prochaine…
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Source : Auto Express

