Acheter une voiture électrique d’occasion revient souvent à acheter une batterie d’occasion, avec une voiture autour. La crainte de tomber sur un accumulateur usé fait fuir les acheteurs et fondre les prix de revente. Pour y répondre, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut a signé le 4 septembre à Rambouillet un « pacte de confiance » avec la filière automobile, Stellantis et Renault en tête.
Le SOH, la jauge de santé qui débarque sur les annonces
Le document réunit l’État, Renault, Stellantis, le vendeur en ligne Aramis et les organisations professionnelles du secteur, dont la Plateforme automobile et Mobilians. Tous s’engagent à afficher l’état de santé de la batterie, le fameux SOH (pour « State of Health »), sur les électriques d’occasion mises en vente. Ce pourcentage compare la capacité restante à la capacité d’origine, exactement comme la jauge « État de santé de la batterie » cachée dans les réglages de votre smartphone. Une voiture affichée à 90 % a donc perdu environ un dixième de son autonomie initiale.
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Près de 179 000 électriques d’occasion ont changé de mains en 2025, en hausse de 30 % sur un an, mais la confiance n’a pas suivi la croissance. Les modèles de cinq à huit ans patientent plus de 200 jours en stock d’après AAA Data, deux à trois fois plus qu’un véhicule thermique. La presse spécialisée relaie des pertes atteignant 60 % de la valeur en cinq ans pour certains modèles. Sur les moins de trois ans, une Twingo électrique décote déjà de 48 % en moyenne, contre 26 % pour sa version essence. Avec 38 % de voitures neuves électriques immatriculées en août dont une bonne part de leasing, la vague d’occasions de demain est déjà en route. Mieux vaut lui préparer le terrain.
Une poignée de main, pas une loi
Le pacte relève du volontariat : aucune sanction, aucun contrôle, et un calendrier d’application qui n’a pas été communiqué. Bon nombre d’enseignes affichaient d’ailleurs déjà ce pourcentage sur leurs annonces, si bien que le texte grave surtout une pratique existante dans le marbre (photo de famille à Rambouillet comprise). Le particulier qui vend sa Zoe sur un site de petites annonces, lui, n’est tenu à rien (mais l’afficher lui permettrait peut-être de ne pas laisser son véhicule prendre la poussière pendant 6 mois).
Le règlement européen sur les batteries prendra le relais le 18 février 2027 : les véhicules électriques neufs embarqueront alors un passeport batterie numérique, accessible par QR code, capacité résiduelle comprise. La France anticipe donc, poliment et sans contrainte, une transparence que l’Europe rendra obligatoire dans cinq mois pour les véhicules neufs. Un pourcentage seul ne raconte pas tout, au demeurant : deux batteries à 88 % n’ont pas forcément vécu la même vie, et le chiffre ne remplace ni un diagnostic complet ni une garantie. Il donne en revanche un langage commun à un marché qui n’en avait pas, et un argument de négociation à l’acheteur. À ce titre, autant l’exiger par écrit sur le bon de commande dès aujourd’hui : le pacte vous offre au moins ce levier.
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Source : Monique Barbut via LinkedIn

