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Test Galaxy Z Fold 8 : Samsung change tout… et ça marche vraiment

Grâce à son nouveau format de poche, le Samsung Galaxy Z Fold 8 métamorphose la gamme et notre relation avec le smartphone pliant. Il réussit son pari de chambouler l’expérience pliante tout en bénéficiant du savoir-faire de Samsung dans le domaine, mais il n’est pas parfait pour autant.

L'avis de 01net.com

Samsung Galaxy Z Fold 8

Les plus

  • + Format passeport compact
  • + Écran interne adapté à la vidéo
  • + Autonomie solide pour un pliant
  • + Multitâche asymétrique bien pensé
  • + Performances solides
  • + Charge améliorée

Les moins

  • - Absence de téléobjectif
  • - Pas de Flex Mode (ni de S-Pen)
  • - Throttling marqué
  • - Prix de lancement très élévé

Autonomie

5 / 5

Charge

3.5 / 5

Écran

3.5 / 5

Photo & vidéo

3.5 / 5

Rapport qualité-prix

4 / 5

Note de la rédaction

Voir le verdict

Fiche technique

Samsung Galaxy Z Fold 8

Système d'exploitation Android 17
Système sur une puce (SoC) Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
Capacités de mémoire vive disponibles 16 Go, 12 Go
Capacités de stockage disponibles 256 Go, 512 Go, 1 To
Taille de l'écran 7.6 "
Voir la fiche complète

L’année du changement a sonné pour Samsung et ses smartphones pliants. Sept ans après le premier Galaxy Fold, le géant sud-coréen revient avec une série Fold largement remaniée et le Galaxy Z Fold 8 Ultra en tête d’affiche… successeur direct du Galaxy Z Fold 7. Toutefois, ce modèle risque de se faire voler la vedette cette année par un autre smartphone : le Galaxy Z Fold 8.

On a longtemps cru que le format télécommande imposé par les précédentes générations resterait la norme immuable des modèles hybrides. Samsung balaie aujourd’hui cette certitude avec un appareil qui adopte un gabarit radicalement différent. Ce Galaxy Z Fold 8 s’éloigne de son prédécesseur pour embrasser une silhouette trapue et élargie qui rappelle étrangement un passeport. Plus compact, il embarque un écran de 7,6 pouces au format 4:3 taillé pour le divertissement.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Design Semi Ouvert
© Laura Mietton Servadei

En effet, le Galaxy Z Fold 8 délaisse l’approche purement orientée vers la productivité pour se concentrer sur l’ergonomie quotidienne. Le constructeur a visiblement écouté les retours des utilisateurs qui trouvaient les anciens modèles trop étroits une fois fermés et trop encombrants dans une poche. On ressent immédiatement cette volonté de séduire un public plus large et moins exclusivement technophile. Faut-il craquer pour ce smartphone pliant d’un nouveau genre ? Voici notre test complet.

Prix et date de sortie

Annoncé mondialement fin juillet 2026, le Samsung Galaxy Z Fold 8 débarque sur les étals au cœur de l’été. Le modèle de base embarquant 256 Go de stockage et 12 Go de mémoire vive s’échange contre 1 999 euros.

Les utilisateurs avides d’espace de stockage devront débourser 2 199 euros pour la déclinaison 512 Go. Enfin, une version avec 1 To de stockage culmine à 2 399 euros.

Samsung décline son nouvel appareil en graphite, blanc, lavande et pistache. Ce dernier coloris est uniquement disponible sur le site officiel du constructeur.

Design : l’avènement du format passeport

La première prise en main tranche immédiatement avec ce que l’on connaissait de la gamme. Fermé, le Galaxy Z Fold 8 mesure 123,9 mm de haut pour 81,9 mm de large et 9,7 mm d’épaisseur, le tout pour 201 grammes. Ces chiffres ne disent pas grand-chose dans l’absolu, mais ils changent tout au quotidien : l’appareil se glisse dans une poche de pantalon sans la déformer, ce qui n’était pas exactement le cas des générations précédentes.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Ecran Externe
© Laura Mietton Servadei

L’ergonomie profite directement de cette nouvelle morphologie. Écrire un message à une main sur l’écran externe ne demande plus d’apprentissage. Les touches du clavier virtuel tombent sous le pouce là où on les attend, et l’on n’a plus l’impression de composer sur une « télécommande ». Ceux qui ont utilisé un Fold 7 (ou un Fold 8 Ultra) pendant plusieurs semaines mesureront tout de suite l’écart : dans notre test du Fold 8 Ultra, il fallait compter une semaine ou deux avant de cesser de se tromper de touches. Ici, la question ne se pose pas.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Ecran Interne
© Laura Mietton Servadei

En contrepartie, il faut accepter une largeur inhabituelle une fois l’appareil déplié. Le format 4:3 de la dalle interne se tient moins bien à une main que le format allongé de l’Ultra, et l’appareil demande la seconde main pour atteindre les coins supérieurs.

Flex Titanium, charnière et résistance

Le cadre en aluminium reçoit cette année un renfort structurel que Samsung baptise Flex Titanium, à savoir une double couche de titane placée sous la dalle flexible. Le principe reprend celui déjà vu sur le Fold 8 Ultra, où l’ajout d’une couche de titane servait surtout à discipliner la pliure. L’armature Aluminium Armor encadre l’ensemble.

Le dos se pare d’un revêtement Gorilla Glass Victus 2 et la façade d’un Gorilla Glass Ceramic 3. La finition mate limite efficacement les traces de doigts. La charnière, redessinée, ouvre l’appareil sans à-coup. En revanche, elle ne se laisse pas facilement immobiliser à mi-course : passé un peu plus de la moitié du mouvement, le téléphone a tendance à finir son dépliage tout seul. Le maintien en position intermédiaire, que l’on trouve chez les Z Flip par exemple, n’est manifestement pas au programme ici.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Design 1
© Laura Mietton Servadei

La certification retenue est l’IP48. Le 8 garantit une immersion à un mètre cinquante pendant trente minutes. Le 4, en revanche, ne couvre que les corps solides de plus d’un millimètre : le sable fin, lui, n’est pas concerné par la norme et reste un risque pour la mécanique de la charnière. La plage n’est donc pas le terrain de jeu de ce téléphone, et cela n’a rien de spécifique à Samsung.

Ce que la finesse a coûté

Deux concessions méritent d’être connues avant l’achat. La première concerne le stylet : la dalle de ce modèle n’est pas compatible avec le S Pen. Ceux qui prennent des notes manuscrites ou annotent des documents devront se tourner vers le Fold 8 Ultra, plus cher et plus encombrant. C’est un choix qui se défend techniquement, la couche de numérisation ayant une épaisseur, mais il écartera une partie des utilisateurs historiques de la gamme.

La seconde est plus visible au quotidien : le poinçon de la caméra frontale interne fait son retour, alors que les itérations précédentes dissimulaient ce capteur sous les pixels. Sur un fond clair, il se remarque. Samsung justifie ce retour en arrière par la réduction d’épaisseur de la dalle, ce qui est cohérent avec le reste du cahier des charges, mais le résultat déçoit sur un produit à ce tarif.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Finesse
© Laura Mietton Servadei

On regrette également le son produit par les haut-parleurs qui n’est pas au niveau des meilleurs élèves, mais plus proche de l’expérience très moyenne offerte par les smartphones « fins » comme l’iPhone Air ou le Galaxy S25 Edge.

Concession habituelle du format, enfin, le capteur d’empreintes n’est pas sous l’écran mais intégré au bouton d’alimentation. Il fait le travail, avec un temps de réponse très satisfaisant.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Design
© Laura Mietton Servadei

Écrans : carrément cool

L’écran externe s’étend sur 5,5 pouces dans un ratio de 10:16, soit une façade nettement plus large que celle du Fold 8 Ultra. Cette dalle Dynamic AMOLED 2X grimpe à 120 Hz en rafraîchissement adaptatif. L’écran interne, lui, mesure 7,6 pouces au format 4:3, en définition 1828 x 2448 pixels, soit 403 pixels par pouce. Sur le papier, ce format se rapproche davantage d’une petite liseuse que d’une tablette de poche.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Ecran Interne 1
© Laura Mietton Servadei

Un mot sur ce que cela implique concrètement, car c’est le cœur du produit. Là où les générations précédentes imposaient une dalle interne quasi carrée sur laquelle une vidéo se retrouvait cernée d’épaisses bandes noires, ce nouveau format change la donne. Une vidéo YouTube en 16:9 occupe désormais l’écran avec des bordures très fines, et le gain par rapport à l’écran externe devient enfin évident.

Le contenu vertical d’Instagram ou de TikTok s’en sort tout aussi bien, la hauteur disponible permettant d’afficher la vidéo sans recadrage agressif ni interface qui vient mordre dessus. C’est précisément ce que l’on reprochait au format retenu sur les précédents Fold (et Fold 8 Ultra), dont l’écran interne reste taillé pour la productivité avant tout. Les deux appareils ne visent donc pas le même usage, et il vaut mieux le savoir avant de choisir.

Et la pliure ?

Le travail sur la charnière et la couche de titane porte ses fruits. La démarcation centrale se devine encore sous le doigt, mais elle disparaît à l’usage dès que l’écran est allumé et vu de face. Le reflet parasite qui trahissait les premiers modèles n’est plus vraiment un sujet. Le toucher du verre ultramince se rapproche de celui d’une dalle rigide, sans l’égaler tout à fait.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Pliure
© Laura Mietton Servadei

Reste la question de la tenue dans le temps, qu’un test de quelques jours ne permet évidemment pas de trancher. Les retours d’utilisateurs de pliants sur plusieurs années laissent penser que la pliure finit par se marquer, mais rien ne permet d’affirmer que les renforts ajoutés ici ne freineraient pas le phénomène.

Les mesures du 01lab

Les écrans restent les éléments phares d’un modèle pliant. Nous avons passé les deux dalles sous les sondes à l’aide de Calman Ultimate de Portrait Displays.

Écran externe

  Pic lumineux Pic lumineux (boost) Pic lumineux HDR Luminosité min de l'écran
Samsung Galaxy Z Fold 8
494 cd/m²
2605 cd/m²
1468 cd/m²
1,22 cd/m²
Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra
489 cd/m²
2890 cd/m²
1464 cd/m²
0,88 cd/m²
Samsung Galaxy Z Fold 7
482 cd/m²
2436 cd/m²
1429 cd/m²
0,94 cd/m²
Honor Magic V6
828 cd/m²
2795 cd/m²
2049 cd/m²
1 cd/m²
Apple iPhone 17 Pro
832 cd/m²
2962 cd/m²
1571 cd/m²
0,99 cd/m²

Les 2 605 cd/m² relevés en mode boost sur l’écran externe assurent une lisibilité sans réserve en plein soleil. Le chiffre reste toutefois en retrait des 2 890 cd/m² mesurés sur le Fold 8 Ultra, ce qui n’a rien d’anormal compte tenu du positionnement des deux modèles. L’écran interne plafonne pour sa part à 1 483 cd/m² en boost, un choix logique pour contenir la consommation et la chauffe sur la plus grande surface. La luminosité minimale de 1 cd/m² sera appréciée pour la lecture nocturne.

Écran pliant

  Pic lumineux Pic lumineux (boost) Pic lumineux HDR Luminosité min de l'écran
Samsung Galaxy Z Fold 8
503 cd/m²
1483 cd/m²
1512 cd/m²
1 cd/m²
Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra
488 cd/m²
2784 cd/m²
1501 cd/m²
1 cd/m²
Samsung Galaxy Z Fold 7
774 cd/m²
2638 cd/m²
1481 cd/m²
0,86 cd/m²
Honor Magic V6
699 cd/m²
1298 cd/m²
1245 cd/m²
1,1 cd/m²
Apple iPhone 17 Pro

Côté colorimétrie, le mode Vif appliqué par défaut s’en sort correctement, avec un delta E moyen de 1,7 en sRGB sur l’écran externe et 1,9 sur l’écran interne (plus le chiffre est bas, meilleure est la mesure). La balance des blancs se situe à 6 756 K et 6 620 K, donc légèrement au-dessus de la cible des 6 500 K, avec une dérive vers les bleus perceptible sur les fonds clairs. La couverture sRGB dépasse les 114 % sur les deux dalles, ce qui explique cette impression de couleurs poussées. L’espace DCI-P3 est couvert à 89,1 % sur l’écran interne.

Écran externe

  Balance des blancs DeltaE 2000 des gris DeltaE 2000 des couleurs (sRGB) DeltaE 2000 des couleurs (P3)
Samsung Galaxy Z Fold 8
6756 K
2,4
1,7
2,6
Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra
6729 K
2,1
1,7
2,5
Samsung Galaxy Z Fold 7
6694 K
2,1
1,69
2,37
Honor Magic V6
7077 K
2,8
2,7
3,3
Apple iPhone 17 Pro
6327 K
1,2
0,84

Recommandation du 01lab

Comme sur les autres appareils de la marque, le mode Vif proposé par défaut flatte l’œil au détriment de la fidélité. Après vérification, nous conseillons de basculer sur le profil Naturel dans les paramètres d’affichage : le delta E des couleurs tombe à 1,5 en sRGB, ce qui place la dalle au niveau d’un moniteur correctement calibré. Les tons chair et les paysages y gagnent nettement. En contrepartie, l’ensemble paraîtra plus terne les premiers jours, le temps que l’œil s’habitue.

Logiciel : One UI 9 et IA, mais où est passé le Flex Mode ?

Le Galaxy Z Fold 8 tourne sous One UI 9, la surcouche maison basée sur Android 17. Samsung annonce sept ans de mises à jour majeures et sept ans de correctifs de sécurité, ce qui reste l’un des meilleurs engagements du marché même s’il tend à se généraliser.

À l’usage, l’interface est fluide et le passage de l’écran externe à la dalle interne s’opère sans redémarrage d’application ni temps mort. Les applications maison exploitent correctement l’espace disponible : la messagerie affiche la liste des conversations à gauche et le fil à droite, le client mail sépare les dossiers du contenu. Nous avons tout de même constaté quelques ralentissements ponctuels, sans qu’ils gênent réellement.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Ecran Externe Allume
© Laura Mietton Servadei

Le multitâche asymétrique

La vraie nouveauté logicielle de ce modèle tient à la gestion des fenêtres. Là où les générations précédentes divisaient l’écran en parts égales, Samsung introduit une répartition asymétrique qui tire parti du ratio 4:3. Une application principale occupe l’essentiel de la surface pendant que deux applications secondaires se logent dans une bande latérale.

Capture Ecran Samsung Galaxy Z Fold 8 2
© Capture d’écran / 01net.com

Le principe fonctionne mieux que prévu. Ces panneaux compressés servent de contexte ambiant plutôt que d’espace de travail : on garde un œil sur une conversation et sur le lecteur de musique sans quitter la page consultée. Le format permet également d’aligner trois applications en colonnes lisibles, ce que le format allongé de l’Ultra rend plus difficile. La barre des tâches persistante et le glisser-déposer complètent l’ensemble, et le système mémorise les combinaisons d’applications pour les relancer d’une pression.

Capture Ecran Samsung Galaxy Z Fold 8 0
© Capture d’écran / 01net.com

Un regret toutefois, et il surprend sur un modèle aussi travaillé côté multifenêtrage : aucun Flex Mode ne vient exploiter la position à demi ouverte. Là où les autres Galaxy pliants réorganisent l’interface en séparant contenu et commandes dès que le téléphone est plié à 90 degrés, le Fold 8 se contente d’afficher la même chose en plus petit. La charnière n’aide d’ailleurs pas, puisque le smartphone a vite tendance à s’ouvrir d’un coup une fois arrivé à un peu plus de la moitié du mouvement de dépliage. Le format trapu de ce modèle s’y prêtait pourtant particulièrement bien, ne serait-ce que pour le poser sur une table et enchaîner les visioconférences en mains libres.

Galaxy AI

Le catalogue de fonctions dopées à l’IA est celui de la maison : traduction d’appels en temps réel, aide à la rédaction dans le clavier, résumés d’articles dans le navigateur, transcription de réunions avec identification des interlocuteurs dans le dictaphone. La retouche photo permet de détourer un sujet, de le déplacer et de laisser le logiciel reconstituer l’arrière-plan, avec des résultats convaincants sur les fonds simples et plus approximatifs dès que la scène se complique.

Rien de tout cela n’est propre au Fold 8, et l’ensemble continue de tenir davantage du confort que de la révolution annoncée. La transcription du dictaphone reste, à notre sens, la fonction qui change réellement quelque chose au quotidien.

Photo : des absences qui pèsent lourd

C’est ici que le produit paie sa silhouette. Le Galaxy Z Fold 8 se contente de deux modules au dos, là où le Fold 8 Ultra en aligne trois. Le pliant au format « passeport » présente la configuration photo suivante :

  • Module grand angle avec capteur de 50 Mpx de type 1/1,57 pouce, ouverture f/1,8, focale 23 mm, PDAF multidirectionnel et OIS ;
  • Module ultra grand-angle avec capteur de 50 Mpx de type 1/2,5 pouce, ouverture f/1,9, PDAF multidirectionnel ;

Il ajoute deux caméras selfie de 10 Mpx, l’une sur l’écran externe (équivalent 24mm, f/2,2) et l’autre sur la dalle interne (équivalent 18 mm, f/2,2). Enfin, le Galaxy Z Fold 8 peut filmer jusqu’en 8K à 30 images par seconde.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Appareil Photo
© Laura Mietton Servadei

L’absence de téléobjectif optique est le principal reproche que l’on peut adresser à cet appareil. Pour disposer d’un vrai zoom matériel, il faut basculer sur le Fold 8 Ultra et son module x3, plus cher et plus encombrant. Sur un produit affiché à 1 999 euros, la pilule passe mal.

Grand angle

Le module principal est celui qui fait tourner la boutique, et il s’en acquitte correctement. En extérieur et en pleine lumière, le niveau de détail est très convenable et la restitution ne cherche pas la surenchère. La colorimétrie reste fidèle à l’approche de la marque, à savoir chatoyante plutôt que clinique : les ciels bleus et les végétaux ressortent avec un peu plus de vigueur que dans la réalité, sans tomber dans la sursaturation que l’on pouvait reprocher aux générations passées.

La gestion de la dynamique est le point fort de ce capteur. Sur les scènes à fort contraste, une façade éclairée devant un ciel chargé ou un sujet à contre-jour, le traitement préserve à la fois les hautes lumières et une bonne partie de l’information dans les ombres, sans produire ce rendu aplati typique d’un HDR trop appuyé. Le piqué au centre est excellent, avec une accentuation logicielle des contours qui reste mesurée.

En intérieur et à mesure que la lumière baisse, le capteur tient encore la route grâce à son ouverture à f/1,8 et à sa stabilisation optique. Le mode nuit est efficace sur les scènes urbaines éclairées, où il évite de cramer les sources lumineuses. En très basse lumière en revanche, le bruit s’installe dans les aplats sombres et l’allongement du temps de pose fait apparaître un léger flou dès que le sujet bouge ou que la main tremble.

Ultra grand-angle

Le module secondaire montre ses limites plus rapidement. Sa colorimétrie reste proche de celle du grand angle, ce qui évite les ruptures désagréables quand on passe de l’un à l’autre, mais la perte de piqué est immédiate et la dynamique moins bien maîtrisée. Les clichés paraissent globalement plus sombres.

Le vrai problème tient à l’homogénéité. Le centre de l’image reste net, mais le piqué s’affaisse nettement en périphérie, et de légères franges violettes apparaissent le long des lignes très contrastées, typiquement une branche d’arbre se détachant sur un ciel clair ou l’arête d’un bâtiment. Sur un paysage large, cela reste acceptable. Sur une photo d’architecture ou dès que l’on regarde le cliché en grand, c’est visible.

Zoom

Faute de téléobjectif, le zoom repose intégralement sur un recadrage effectué dans le capteur de 50 Mpx. L’illusion tient à peu près au rapport x2 : la définition disponible suffit à conserver un niveau de détail présentable et l’on peut sans crainte s’en servir pour resserrer un cadrage ou isoler un sujet à quelques mètres.

Au-delà, les algorithmes décrochent. Dès le x4, les textures s’aplatissent, le lissage efface les détails fins et le rendu prend cet aspect peint caractéristique de la reconstruction logicielle. Un détail architectural en hauteur, une scène de spectacle ou un animal un peu éloigné restent hors de portée. Il faut également composer avec l’absence de mode portrait au téléobjectif : les portraits se font au grand angle, avec un bokeh entièrement calculé dont le détourage se montre convaincant sur un sujet bien détaché du fond, mais qui bute encore sur les cheveux et les objets fins.

Selfie

Les deux capteurs frontaux de 10 Mpx assurent l’essentiel pour la visioconférence sans se distinguer particulièrement, avec une dynamique limitée qui se remarque dès que l’on a une fenêtre dans le dos, et un piqué correct sans plus.

Grand Angle Avant Samsung Galaxy Z Fold 8
© Thomas Estimbre / 01net.com

Le format sauve heureusement la mise. Le logiciel permet d’utiliser l’écran externe comme retour vidéo et de déclencher avec le module principal de 50 Mpx, ce qui donne des autoportraits d’un tout autre niveau, avec la dynamique et le piqué du capteur dorsal. C’est l’un des rares avantages que seul un pliant peut offrir, et il compense largement la faiblesse des capteurs frontaux pour peu que l’on prenne l’habitude du geste.

Performances : une puissance pas toujours simple à maîtriser

Le Galaxy Z Fold 8 embarque un Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5, gravé en 3 nm, avec deux cœurs Oryon V3 à 4,74 GHz, six cœurs à 3,62 GHz et une partie graphique Adreno 840. Il est accompagné de 12 ou 16 Go de mémoire LPDDR5X et d’un stockage UFS 4.0. C’est la puce Android la plus performante du moment, celle que l’on retrouve aussi bien dans le Fold 8 Ultra que dans le S26 Ultra.

  SoC Geekbench 6 Single-Core Geekbench 6 Multi-Core Geekbench 6 GPU AnTuTu 11 Score
Samsung Galaxy Z Fold 8 Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
3624 pts
10958 pts
24575 pts
3240167 pts
Honor Magic V6 Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
1679 pts
5478 pts
19383 pts
1813423 pts
Samsung Galaxy Z Fold 7 Qualcomm Snapdragon 8 Elite
2698 pts
9006 pts
15669 pts
Apple iPhone 17 Pro Apple 19 Pro
3799 pts
9773 pts
46000 pts

Au quotidien, il n’y a rien à redire. La navigation dans le système est fluide, les applications lourdes se chargent sans attente et un montage vidéo 4K avec filtres ne pose aucune difficulté.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Jeux
© Laura Mietton Servadei

Le throttling, encore

Comme sur la plupart des pliants passés entre nos mains, le maintien de ces performances dans la durée est une autre affaire. Le test de stabilité 3DMark Wild Life Extreme, mené sur vingt itérations, démontre un throttling relativement important et affiche une stabilité de 48,8 %. La température extérieure relevée par nos caméras thermiques atteint 44,3 °C.

  SoC 3DMark Wild Life Extreme Stress Test Best loop score 3DMark Wild Life Extreme Stability Température max. extérieure (100 % CPU) Amplitude
Samsung Galaxy Z Fold 8 Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
6812 pts
48,8 %
44,3 °C
18 °C
Honor Magic V6 Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
6819 pts
53,6 %
53,1 °C
28,6 °C
Samsung Galaxy S26 Ultra Qualcomm Snapdragon 8 Elite Gen 5
7685 pts
51,5 %
43,9 °C
21,6 °C

Concrètement, la puissance est amputée de moitié après quelques minutes de sollicitation soutenue. C’est le prix d’un châssis aussi fin, dans lequel il n’y a tout simplement pas la place pour une dissipation digne d’un smartphone classique. Notez quand même que le S26 Ultra, équipé de la même puce et d’une chambre à vapeur redimensionnée, tombe à 51,5 % de stabilité. Le phénomène n’est donc pas propre aux pliants, mais il est ici un cran plus marqué.

Les joueurs assidus le sentiront passer sur les sessions longues, avec des baisses de framerate perceptibles sur les titres les plus gourmands. Ceci étant, le niveau atteint après bridage reste très élevé et suffit largement à l’usage visé par ce téléphone.

Batterie : merci le sillicium-carbone

L’endurance des pliants de Samsung a régulièrement été pointée du doigt, la faute notamment à une capacité relativement faiblarde au regard du reste du marché. Pour cette génération de smartphones pliants, la marque passe enfin à la technologie silicium-carbone. Même si le changement se veut timide (Samsung ne précise pas le dosage), l’anode intégrant du silicium-carbone est une aubaine pour augmenter la densité énergétique par rapport aux batteries traditionnelles au lithium-ion.

Malgré un format « de poche », le Galaxy Z Fold 8 embarque une batterie de 4 800 mAh et fait mieux que les 4 400 mAh du Z Fold 7. Il reste toutefois en deçà des 5 000 mAh du Fold 8 Ultra.

Nous avons appliqué notre protocole habituel simulant un usage mixte mêlant navigation web, vidéo, messagerie et réseaux sociaux, de 100 à 5 % pour obtenir un temps d’usage. Le Galaxy Z Fold 8 tient 23 heures 26 minutes et 45 secondes, ce qui constitue le meilleur résultat obtenu par un pliant dans notre laboratoire.

  Autonomie mixte Capacité de la batterie
Samsung Galaxy Z Fold 8
23 h 26 mn
4800 mAh
Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra
22 h 13 mn
5000 mAh
Samsung Galaxy Z Fold 7
19 h
4400 mAh
Honor Magic V6
20 h 52 mn
6660 mAh
Samsung Galaxy S26 Ultra
23 h 15 mn
5000 mAh
Apple iPhone 17 Pro Max
21 h 14 mn
5088 mAh

Il devance le Fold 8 Ultra et ses 22 heures 13 minutes malgré une batterie plus petite, ainsi que le Honor Magic V6. Il se place même légèrement au-dessus du S26 Ultra, mesuré à 23 heures 15 minutes, et de l’iPhone 17 Pro Max, à 21 heures 14 minutes. Seuls les modèles chinois dotés de batteries silicium-carbone de plus grande capacité restent hors de portée.

Dans les faits, cela signifie une bonne journée et demie de travail dense sans réflexe d’aller chercher une batterie externe, y compris avec de nombreuses bascules entre les deux écrans et de la navigation GPS.

Une charge enfin plus rapide

La recharge filaire monte à 45 W en Power Delivery, soit le même plafond que le Fold 8 Ultra, et la promesse est tenue avec un pic de puissance mesuré à 43 W. Il est possible de récupérer 30 % d’autonomie en 10 minutes de charge tandis que la charge complète demande 1h14.

Samsung Galaxy Z Fold 8 Charge
© Laura Mietton Servadei

Concernant la charge sans fil, elle plafonne à 20 W tandis que la charge inversée est de la partie pour dépanner des écouteurs ou une montre. Il faudra en revanche fournir son propre bloc d’alimentation, absent de la boîte comme chez la quasi-totalité de la concurrence.

  Temps de charge Charge en 10 min Pic de puissance en charge Puissance de charge moyenne
Samsung Galaxy Z Fold 8
1 h 14 mn
30 %
43 W
20 W
Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra
1 h 6 mn
28 %
44 W
22 W
Samsung Galaxy Z Fold 7
1 h 37 mn
18 %
25 W
14 W
Honor Magic V6
2 h
23 %
73 W
16 W

Un mot enfin sur la réparabilité, qui souffre logiquement de cette architecture. Remplacer une batterie logée sous une dalle flexible demande un outillage spécifique et une intervention en atelier. Les sept ans de mises à jour promis par Samsung compensent en partie sur le volet logiciel, mais la question matérielle reste entière sur ce type de produit.

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