Après un Galaxy Z Fold 7 qui réinventait la formule des smartphoness pliants de Samsung, le Galaxy Z Fold 8 Ultra, son successeur malgré l’ajout d’un petit Ultra en fin de nom, ne bouleverse logiquement pas les cartes. On a tout de même le droit à quelques améliorations : une couche de titane en plus pour soutenir l’écran (ce dernier est d’ailleurs lumineux et profite d’une plus grande définition), un ultra grand angle un peu plus capable, une amélioration de la charge en filaire comme en sans fil et une plus grande batterie. Est-ce que cette évolution somme toute assez itérative suffit à convaincre ? D’autant que le prix a augmenté au passage d’une centaine d’euros. Réponse dans ce test complet.
Prix et date de sortie
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 est vendu dans trois configurations : 12 Go de RAM + 256 Go pour 2199 euros, 12 Go de RAM + 512 Go pour 2299 euros, 16 Go de RAM et 1 To de stockage.
Cela représente une hausse de près de 100 euros pour la version de base, et près de 80 euros pour les deux autres.
Quatre coloris sont proposés : violet, vert, graphite et blanc. Le vert n’est disponible que sur le site du fabricant.
Design : toujours aussi fin et agréable, mais pas d’amélioration majeure
Pour celles et ceux qui situent le Galaxy Z Fold 7 de l’an dernier, disons-le d’entrée de jeu : c’est le même produit. D’un point de vue du design tout du moins, s’il n’y avait pas de nouvelles couleurs, il serait bien impossible de distinguer les deux. Il y a bien un petit gain sur le poids, autour de 15 g, une nouvelle génération de verre Ceramic Glass 3 signé Corning ou encore une nouvelle charnière renforcée au titane, mais le look and feel demeure très proche.
Ce n’est pas nécessairement un problème. L’approche de Samsung l’an passé était très bonne. Le constructeur coréen joue à fond la carte de la finesse et de la sobriété. Dos monochrome (violet sombre pour notre modèle de test), bloc photo minimaliste avec les trois appareils photo empilés, des tranches plates et des coins plutôt carrés, le tout avec des arêtes biseautées pour faciliter la prise en main.
Tout cela permet d’obtenir une prise en main très agréable. L’appareil dégage un ratio compacité/puissance qui impressionne et qui fait qu’on a plaisir à l’utiliser.
La pliure toujours moins visible
Un test de smartphone pliant qui n’évoquerait pas la pliure ne serait pas complet. Grâce à l’ajout d’une nouvelle couche de titane ultra fine, Samsung parvient encore à gommer cette dernière qui devient quasi imperceptible lorsqu’on passe le droit dessus. De face, lorsque l’écran est allumé, vous ne la verrez pas. En revanche, elle se devine encore un peu sur le côté. Bref c’est plutôt du très bon boulot.

Reste la question de la durabilité et de combien de temps l’écran va demeure bien plat. Vous faudra-t-il vous habituer à une pliure d’ici deux ou trois ans ? Les premiers retours d’utilisateurs de pliant sur le long terme tendent à confirmer cela, mais rien ne nous permet de conclure que les ajouts effectués ici ne permettent pas de juguler le phénomène.
Concession habituelle pour les smartphones pliants, le capteur d’empreinte n’est pas intégré sous l’écran, mais se retrouve relégué sur le bouton d’alimentation. Au quotidien, cela n’est pas du tout gênant. Il se montre juste un peu moins véloce qu’un capteur ultrasonique de dernière génération qu’on peut trouver sur les smartphones Android les plus haut de gamme.
La question du format
Avec la sortie de son nouveau format incarné par le Galaxy Z Fold 8, offrant un écran interne plus large, il nous faut plus que jamais vous avertir sur les limites inhérentes aux choix techniques de ce produit. Sur le papier, le principe même d’un smartphone pliant est le suivant : en façade, un écran qui s’utilise comme n’importe quel smartphone ; lorsqu’on le déplie, un écran qui fonctionne peu ou prou comme une tablette.
Sauf que voilà, pour rendre l’ensemble cohérent, les constructeurs comme Samsung ont depuis plusieurs années opté pour un format un peu ambigu. L’écran interne possède en effet un ratio entre sa longueur et sa largeur très loin du format 16/9 utilisé en télévision et pratique pour la diffusion des films, et se rapproche davantage d’un carré. Résultat, lorsque vous regardez du contenu sur ce grand écran, le gain demeure négligeable. C’est d’ailleurs pour cela que le Fold 8 a changé de format pour quelque chose de plus allongé.

Cela n’empêche en rien ce Fold 8 Ultra d’être un excellent écran d’appoint pour regarder du contenu. Mais cette limitation se doit d’être connue de quiconque envisage son achat. Terminons par dire que pour beaucoup d’autres tâches, plus axées sur la productivité, ce format d’écran se montre parfait : consulter des mails, un Excel, réaliser du multitâche. On se rapproche d’un mini PC en somme.
En façade en revanche, l’écran externe est encore un peu étroit, mais on s’habitue bien vite. Au bout d’une semaine ou deux à se tromper de touches quand on tape, vous finirez par prendre le pli.
Écrans : toujours aussi performants avec une calibration correcte
Les stars du show sont là. Évidemment, avec un smartphone pliant, les capacités des écrans sont scrutées de près. Voici donc le résultat de nos mesures réalisées à l’aide de Calman Ultimate de Portrait Displays.
Pour rappel, nous avons donc deux écrans, l’un en façade et l’autre plié à l’intérieur. Le premier affiche peu ou prou les mêmes capacités que l’an dernier : un écran de 6,5 pouces avec un ratio assez étroit en 1080 x 2520 pixels, le tout rafraichi en 120 Hz et profitant des contrastes infinis de l’OLED. On retrouve de l’OLED, bien évidemment, pour l’écran pliant, qui, pour sa part, voit sa définition augmenter légèrement, 2256 x 2504 contre 1968 x 2184 pixels l’an passé, soit un gain de résolution, puisqu’on passe de 368 ppp à 422 ppp.
Les mesures du 01lab
Passons aux mesures. L’écran externe semble avoir été changé, puisqu’il affiche désormais une meilleure luminosité que l’an passé, autour des 2890 cd/m². Un chiffre qui le place une légère ête au-dessus de son rival, le Honor Magic V6, et à quelques encablures d’un certain iPhone 17 Pro. C’est donc une performance tout à fait convenable pour ce type de produit.
Écran externe
Au niveau de la calibration, l’écran vire un peu vers les bleus en sortie de boite avec une balance des blancs à 6729 K, qui demeure tout de même assez proche de la cible des 6500 K. Concernant le delta E 2000 moyen, qui permet de mesurer la dérive des couleurs entre ce qui doit être affiché et ce qui l’est, le mode vif par défaut du téléphone s’en sort convenablement avec un delta E à 1,7 de moyenne en sRGB et 2,5 en P3 (plus le chiffre est petit, meilleure est la mesure).

Écran externe
Entre parenthèses, les performances de l’écran interne, celui qui se plie donc, sont très proches au niveau calibration.
Écran pliant
Pour la luminosité on constate là aussi une amélioration, mais plus modeste, par rapport à l’an passé. En revanche, l’écran pliant est bien plus lumineux que chez son concurrent Honor.
Écran pliant
Recommandation du 01lab
Si le mode vif proposé par défaut dans l’interface du téléphone est plutôt correct, nous vous conseillons après vérification d’opter pour le mode naturel, le second mode de couleurs proposé par le constructeur.
Celui-ci améliore la marque à peu près à tous les niveaux, avec un delta E moyen sRGB de 1,3 pour l’écran interne, par exemple. En revanche, la balance des blancs bascule les tons chauds avec 6207 K.
Logiciel : One UI 9 et Android 17
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra est fourni avec One UI 9, l’interface du constructeur coréen basée sur Android 17. Le téléphone profitera de 7 ans de mises à jour majeures et 7 ans de patch de sécurité. De quoi voir venir.
À l’usage, One UI se montre une interface très fluide avec un soin particulier apporté aux animations, qui donnent une impression de vitesse assez fulgurante sur le grand écran. On trouve aisément ce qu’on souhaite, les catégories des options sont claires et agréables. En revanche, nous avons pu constater pas mal de petits ralentissements et lags ici ou là.
Les options de multitâches offertes pour profiter de l’écran pliants sont simples et efficaces. Il vous suffit de quelques glissements et tapotements pour réaliser du double écran.
Les nouveautés pour cette nouvelle version sont assez chiches. Samsung a revu la copie de son Now Brief, le super widget dopé à l’IA qui vous accompagne au fil de la journée. Celui nous paraissait un peu vide dans sa dernière mouture et Samsung a entendu la critique, puisqu’ils ont ajouté plusieurs blocs, comme une sélection de vidéos YouTube ou un bloc météo assez détaillés. Dans l’ensemble, le tout continue tout de même de paraître un peu gadget et manque de personnalité.
Une des nouveautés les plus marquantes cette année porte sur la vidéo. Il est en effet possible de demander à l’IA de recadrer une vidéo en plan large sur une personne. Jugez plutôt :
Et voici le résultat après recadrage. On peut voir que mon collègue est légèrement déformé par moment, mais la facilité d’utilisation demeure assez bluffante.
Photo : un trio efficace, mais limité
Voici la configuration photo du Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra :
- Module grand angle avec capteur de 200 Mpx de type 1/1,3 pouce, ouverture f/1.7, focale 24 mm (wide), PDAF multidirectionnel et OIS ;
- Module ultra grand-angle avec capteur de 50 Mpx de type 1/2,5 pouce, ouverture f/1.9, PDAF multidirectionnel ;
- Module téléobjectif équivalent X3 avec un capteur de 10 Mpx, de type 1/3,94 pouce, ouverture f/2.4, focale 67 mm, PDAF et OIS.

Nous avons également le droit à deux caméras selfie de 10 Mpx, l’une perçant l’écran externe, l’autre l’écran pliant.
Samsung oblige, le téléphone supporte la capture en HDR 10+, mais pas en Dolby Vision.
Grand angle
Pour commencer le module principal se montre assez intéressant, puisqu’il offre une colorimétrie un peu chatoyante, et laisse sa part d’ombre aux clichés, sans trop tomber dans la sursaturation comme ce qu’on a pu voir dans les modèles précédents. Le niveau de détail est très convenable. Le mode nuit est efficace, mais toujours un peu flou en cas de cliché avec très peu de lumière.
Ultra-grand-angle
Passons au module secondaire. L’ultra grand angle propose une colorimétrie assez proche de son comparse, avec une petite perte de piqué et une dynamique un peu moins bien maitrisée. Les clichés paraissent plus sombres. Dans l’ensemble, ce nouvel ultra grand angle ne crève pas l’écran, mais il permet tout de même d’attraper des clichés intéressants.
Téléobjectif
La présence d’un téléobjectif X3 est une bonne chose, et un avantage par rapport au Galaxy Z Fold 8. Celui-ci conserve la colorimétrie légèrement flatteuse que l’on connait chez Samsung. Le rendu est parfois un peu trop artificiel à notre goût, notamment sur la gestion des micro détails. On sent clairement que le capteur de 10 Mpx un peu petit fait de son mieux. Toujours est-il que sa présence aide beaucoup pour attraper des portraits plutôt réussi avec un bokeh naturel ou encore des scènes ou des éléments un peu éloignés de vous.
Selfie
Un mot sur les deux capteurs selfie. Ceux-ci sont loin d’être là pour faire de la figuration, puisqu’il affiche un bon niveau de détail et une gestion de la dynamique au poil. La colorimétrie est peut-être un poil plus accentuée sur ces modules, mais cela fonctionne globalement bien.
Performances : un Snapdragon bien difficile à dompter
Le Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra possède une puce Snapdragon 8 Elite Gen 5, à savoir, la puce Android la plus performante du moment, gravée en 3 nm. Elle est accompagnée de 12 à 16 Go de RAM et de 256 Go à 1 To de stockage.

Au quotidien, le pliant se montre véloce et performant, malgré quelques saccades ici ou là qu’on peut sans doute imputer à l’interface. En jeu, il parvient à monter sans peine à 120 FPS dans des titres gourmands au prix d’une chauffe modeste, mais bien présente.
Dans des benchmarks, on constate comme toujours avec les pliants que le niveau de performance est peu ou prou en deçà de ce que la puce est capable de délivrer sur un téléphone classique. 3DMark et son stress test démontrent un throttling assez important, comprendre par là que la puce n’est sans doute pas assez refroidit pour maintenir des performances au beau fixe. Ceci étant, le niveau atteint, même ainsi, demeure très élevé et garantis une expérience fluide au global.
Batterie : 5000 mAh enfin
Samsung a enfin amélioré un des points qui pêchait jusqu’ici sur ses pliants : la taille de batterie a été revue à la hausse. Le Z Fold 8 Ultra passe ainsi de 4400 mAh sur le Fold 7 à 5000 mAh. Soit une hausse d’environ 12 %.
Mais comme l’autonomie n’est pas qu’une affaire de composants, mais bien le résultat d’un ensemble d’optimisations réalisées par le constructeur, nous avons procédé à notre test d’autonomie interne habituel. Celui-ci simule un usage en continu du smartphone de 100 à 5 % d’autonomie et délivre un temps d’usage.
Et le résultat est plutôt très encourageant, avec un gain non négligeable de près de 3 h par rapport à l’an passé. En mettant 22 h et 13 minutes à compléter notre test, le Samsung dépasse de près de 1 h 30 son concurrent principal, le Honor Magic V6.

La charge a aussi été améliorée. En filaire, on passe d’un support théorique de 25 à 45 W en pic, et en sans fil de 15 à 20 W.
Là encore, cela se ressent concrètement avec une amélioration notable de la durée de charge, qui passe de 1 h 37 à 1 h 6, le tout avec une batterie plus importante, il faut le rappeler. Plus impressionnant encore, la charge moyenne de 22 W est suffisamment élevée pour battre à son propre jeu le Honor Magic V6, qui affiche pourtant un pic à 73 W, mais qui maintient une moyenne à 16 W. Résultat, même dans les 10 premières minutes de charge, le Samsung va plus vite et monte à 28 % contre 23 %
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