Les règles du jeu vont radicalement changer pour les ménages souhaitant investir dans des panneaux photovoltaïques. Un projet d’arrêté modifiant l’arrêté S21, récemment présenté au Conseil Supérieur de l’Énergie, prévoit une refonte totale des aides accordées aux particuliers. À noter : les contrats déjà signés ne sont pas remis en cause, seules les nouvelles installations seront concernées.
Une chute brutale de la rémunération
Le premier coup est le plus violent. Le prix d’achat du surplus d’électricité par EDF OA chuterait de 4 centimes d’euro à seulement 1,1 centime le kWh, soit une division par quatre. En tenant compte des baisses déjà appliquées depuis mars 2025, la rémunération serait ainsi divisée par plus de dix en l’espace d’un an à peine.
Autre mauvaise nouvelle, le rachat serait tout bonnement suspendu lors des épisodes de prix négatifs. Notez que le réseau électrique français a enregistré 513 heures de prix négatifs sur le marché de gros contre 352 en 2024. Autrement dit, l’électricité produite serait injectée sur le réseau sans aucune compensation. La prime à l’autoconsommation prendrait elle aussi la porte : actuellement entre 60 et 120 €/kWc selon la puissance de l’installation, elle disparaîtrait purement et simplement. Même chose pour la revente en totalité de la production, jusqu’ici accessible aux installations jusqu’à 100 kWc.
Les raisons d’un tel désengagement
Cette décision s’explique d’abord par les risques croissants de déséquilibre du réseau électrique. Fin 2025, Enedis recensait 848 374 installations photovoltaïques en autoconsommation individuelle. Cette multiplication fulgurante génère un énorme pic de production en milieu de journée, tandis que la consommation électrique globale stagne. Une situation qui contraint parfois EDF à réduire, voire à arrêter ses réacteurs nucléaires, conçus pour fonctionner le plus régulièrement possible, comme le rappelle Ouest-France.
L’aspect financier pèse également très lourd. Selon le récent rapport Lévy-Tuot, remis au Premier ministre le 10 avril 2026, la charge pour les finances publiques liée aux compensations versées par l’État s’élevait à 2,6 milliards d’euros en 2024, 5,3 milliards en 2025, et pourrait atteindre au moins 6,8 milliards en 2026.
Vers l’essor des batteries domestiques
Malgré ces annonces choc, l’investissement dans des panneaux photovoltaïques reste pertinent grâce à l’effondrement du prix du matériel. La stratégie d’équipement doit cependant évoluer : la rentabilité ne se fera plus sur la vente, mais sur la maximisation de la consommation personnelle. Les professionnels recommandent donc de ne plus surdimensionner les installations et d’associer les panneaux à une batterie domestique. Une batterie de 10 kWh (environ 5 000 €, amortie en dix ans) permet de faire passer l’autonomie électrique d’un foyer de 30 % à plus de 60 %.
En parallèle, face au retrait de l’État, des fournisseurs privés proposent de nouvelles alternatives. Octopus Energy a ainsi lancé une offre Solar Boost, garantissant le rachat du surplus à 4 c€/kWh pendant quatre ans, à condition de coupler l’installation à une batterie domestique. Une piste à explorer avec discernement toutefois : le secteur du rachat privé n’est pas à l’abri de sociétés peu sérieuses, comme l’illustre le cas JPME, lourdement sanctionné pour des millions d’euros d’impayés depuis 2023.
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Source : Que Chosir

