Quand on s’appelle Apple, on peut se permettre de prendre son temps. Plus de cinq ans, en l’occurrence. La première version des AirPods Max avait provoqué, à sa sortie en décembre 2020, une réaction mi-admiration mi-stupeur. Admiration pour la qualité de fabrication hors norme, la réduction de bruit bluffante, le son équilibré et cette couronne digitale héritée de l’Apple Watch, plutôt bien pensée. Stupeur face à un prix de 629 euros qui donnait des sueurs froides et face à une Smart Case qu’on aurait voulu beaucoup plus protectrice.

Cinq ans plus tard, Apple nous ressort quasiment le même casque, avec une puce H2 en guise de grande nouveauté, un nouvel amplificateur dynamique et quelques fonctions logicielles en bonus. Malgré tout, désormais à 579 euros les AirPods Max 2 méritent qu’on s’y attarde sérieusement.
Même corps, même âme
Inutile de sortir la loupe : d’un premier coup d’œil, les AirPods Max 2 sont strictement identiques à leurs aînés. Même arceau en tissu maillé suspendu, même coques en aluminium anodisé, mêmes pistons qui permettent d’ajuster la taille du casque à n’importe quelle morphologie sans pièces mobiles extérieures.
On retrouve les coussinets en tissu à mémoire de forme, aimantés et toujours aussi faciles à retirer et à remplacer. Apple décline ce millésime en cinq coloris : minuit (notre version de test), lumière stellaire, bleu, mauve et orange.

La qualité de fabrication, elle, demeure irréprochable. Six ans après le lancement du premier modèle, le casque continue de transmettre une impression premium et de solidité qu’aucun concurrent direct ne parvient tout à fait à égaler.
L’aluminium, omniprésent, confère une rigidité rassurante et une allure résolument haut de gamme. On est loin des plastiques, même de qualité, qui constituent le gros de la production concurrente.

Revers de la médaille : ce choix de matériaux nobles se paie au poids. Avec ses 386,2 grammes, les AirPods Max 2 comptent parmi les casques les plus lourds du marché, à des années-lumière des 250 grammes environ du Bose QC Ultra ou du Sony WH-1000XM6.
Sur de courtes sessions, on l’oublie presque, notamment par l’apport du filet de l’arceau permettant en quelque sorte de suspendre le casque sur son crâne (même s’il avait tendance à se détendre au fil des mois sur la première génération). Sur de longues journées, les coques métalliques finissent inévitablement par se rappeler à votre mémoire.

Autre regret, toujours identique : le casque n’est pliant qu’à plat. Il faut donc soit le porter en collier — ce que son gabarit généreux rend légèrement inconfortable —, soit le transporter dans un sac assez grand pour l’accueillir. Ce qui nous amène à la Smart Case.

Cette fameuse housse en forme de sac à main, qui avait suscité les moqueries dès 2020, est de retour telle quelle. Son rôle reste le même : placer le casque en veille profonde lorsqu’il y est rangé. Sa capacité de protection, elle, reste la même aussi : limitée aux seules coques, sans protection contre les chocs, la saleté ou les accrocs sur le tissu maillé de l’arceau. Pour un casque à ce prix, et après avoir essuyé tant de critique, on aurait été en droit d’espérer mieux.

Une couronne qui ne lasse pas
Pour le reste de l’ergonomie, Apple ne change pas une formule qui gagne. Les commandes se résument à deux éléments : un bouton large permettant de passer du mode ANC au mode Transparence et la couronne digitale empruntée à l’Apple Watch. Cette dernière reste l’un des apports les plus réussis du casque : tourner pour régler le volume, appuyer une ou plusieurs fois pour gérer la lecture, raccrocher ou décrocher, naviguer entre les pistes.
Pas de surface tactile capricieuse, pas de faux contacts — juste de la mécanique bien réalisée, intuitive dès la première utilisation.

La nouveauté physique du millésime est mince : la couronne permet désormais de déclencher à distance l’obturateur de l’appareil photo d’iOS. Un détail, mais c’est à peu près la seule évolution tangible sur le plan des commandes.

L’absence de bouton d’extinction physique se fait toujours sentir. Pour préserver l’autonomie, il faut impérativement ranger le casque dans sa Smart Case dès qu’on ne l’utilise pas. Posé sur un bureau, il consomme silencieusement, et on peut perdre plusieurs points de batterie en quelques heures. Un réflexe à adopter, sous peine de trouver le casque à plat le lendemain matin.

H2, iOS 26 et l’écosystème Apple avant tout
La véritable nouveauté des AirPods Max 2 tient en deux caractères : H2. Cette puce, déjà embarquée dans les AirPods Pro 3 et les AirPods Pro 2, remplace la H1 vieillissante du premier modèle. Son impact est double : d’abord une puissance de calcul accrue qui profite à l’ANC, à l’égalisation adaptative et à la captation des micros ; ensuite, la compatibilité avec l’ensemble des fonctionnalités logicielles les plus récentes de l’écosystème Apple.

Concrètement, les AirPods Max 2 embarquent un audio adaptatif qui module automatiquement l’isolation en fonction de l’environnement, une détection des conversations qui réduit le volume dès que l’on parle, un isolement de la voix pour les appels, une réduction des sons forts et une traduction en direct disponible via iOS 26.4 — toujours en bêta au moment de notre test.

L’audio spatial personnalisé avec suivi des mouvements de tête est également de la partie, tout comme la lecture audio Lossless et à très faible latence via le port USB-C uniquement. Une option déjà disponible après une mise à jour logicielle déployée sur les AirPods Max USB-C en 2025.

Le problème, comme toujours, c’est qu’une partie significative de ces fonctions est strictement réservée à l’écosystème Apple. Sous Android, pas d’affichage du niveau de batterie, pas de fonctionnalités avancées, pas de reconnexion automatique.
Les AirPods Max 2 fonctionnent en casque Bluetooth standard, mais pas davantage. Pour les utilisateurs qui évoluent en dehors de l’univers Apple, le casque perd une grande partie de son intérêt.

La connectivité Bluetooth passe de la version 5.0 à la 5.3, sans bouleversement notable. Les codecs supportés restent AAC et SBC : pas d’aptX, pas de LDAC, pas de LE Audio. Côté câble, la connexion filaire via USB-C (câble fourni) est la seule façon de profiter d’une restitution Lossless sans latence.
Pour ceux qui disposent d’une source mini-jack 3,5 mm uniquement, il faudra débourser 45 euros supplémentaires pour un câble propriétaire.
Isolation au sommet, transparence parfaite
Sur le terrain de l’ANC, les AirPods Max 2 confirment leur statut de référence absolue. S’appuyant à la fois sur une isolation passive confortable — les coussinets en tissu offrent une excellente étanchéité naturelle — et sur le traitement numérique de la puce H2, le casque atteint des niveaux d’atténuation que peu de concurrents peuvent revendiquer.
C’est l’un des casques les plus efficaces du marché pour venir à bout des grondements de moteurs, des roulements de métro ou des vibrations d’avion.

Apple annonce une réduction de bruit 1,5 fois plus efficace que sur le premier modèle, une amélioration perceptible surtout dans les très basses fréquences, où la sensation de bulle sonore est plus nette et plus propre. Sur les voix et les sons les plus aigus, les coussinets en tissu montrent en revanche leurs limites face aux modèles Sony ou Bose, dont les mousses à mémoire de forme filtrent un peu mieux les conversations à proximité.

L’ANC adaptatif fait le reste : il analyse l’environnement en temps réel et ajuste le niveau d’isolation sans intervention de l’utilisateur, avec une réactivité convaincante. La Réduction des sons forts, héritée des AirPods Pro, atténue également les bruits soudains avec une efficacité comparable à celle des intra-auriculaires du même fabricant.

Le mode Transparence est, là encore, parmi les meilleurs disponibles sur le marché. La restitution de l’environnement sonore est naturelle, sans artefacts qui pénalisent encore certains concurrents, et la Détection des conversations réduit automatiquement le volume dès qu’une discussion s’engage — une fonction qui, une fois adoptée, devient vite indispensable.
Côté kit mains-libres, les neuf micros intégrés — dont trois dédiés à la captation vocale — livrent une performance impressionnante. La voix est captée avec une belle clarté et une bonne présence, même dans des environnements modérément bruyants.
En revanche, dans des conditions vraiment difficiles (rue animée, vent fort), des artefacts subsistent : Apple privilégie le naturel de la captation au détriment d’une suppression plus agressive des bruits environnants — un choix qui laisse passer davantage de fond sonore que chez Bose, meilleur de la classe sur cet aspect.
Un son toujours au-dessus du lot
Là où les AirPods Max 2 ne déçoivent pas, c’est sur la qualité audio pure. La formule reste inchangée dans ses grandes lignes (mêmes transducteurs maison de 40 mm, même chambre acoustique), mais elle bénéficie d’un amplificateur à gamme dynamique repensé et de la puissance de calcul accrue de la puce H2, dont l’égalisation adaptative en temps réel analyse en permanence la façon dont le casque épouse vos oreilles.

Le résultat, à l’écoute, tient toutes ses promesses. Le casque propose une signature sonore finalement très différente de celle de la première génération : équilibrée, légèrement flatteuse, avec des basses en avant, mais bien mieux maîtrisées que sur le modèle original où elles étaient sensiblement paresseuses.
Les médiums sont naturels, présents et bien définis, ce qui confère aux voix une incarnation chaleureuse. Les aigus sont précis et aérés, avec une certaine brillance qui peut parfois frôler la scintillance sur les sibilances vocales, mais sans jamais basculer dans l’agressivité. On notera quelques légères oscillations dans les très hautes fréquences, rien de rédhibitoire, mais des puristes pourront le signaler.
Pour cela, la puce H2 tient un rôle majeur. Apple n’hésite absolument pas à la solliciter pour embellir le signal audio. Au contraire, la signature audio repose en grande partie sur elle. Le « traitement audio informatique », comme l’appelle la marque, est omniprésent.
Au point qu’il est presque difficile de constater la différence entre un signal Bluetooth AAC et un autre lossless lorsque le câble USB-C est branché à la source. Là aussi, les puristes sauteront au plafond, le grand public lui ne pourra qu’admirer le rendu flatteur à la hauteur de leurs attentes.

Mais la grande force de ce casque reste sa scène sonore : large, profonde et aérée, elle sépare remarquablement bien les instruments et les voix, y compris sur des mixages complexes. On retrouve par là un niveau technique exceptionnel, même légèrement supérieur au Sony WH-1000XM6, qui reste l’autre poids lourd de la catégorie. Entre les deux, c’est avant tout une question de goût : Sony pousse un peu plus les basses et les bas-médiums pour un rendu légèrement plus viscéral, quand Apple privilégie davantage de nuance et d’air dans les graves.

À noter que l’audio spatial, avec suivi dynamique des mouvements de la tête, fonctionne toujours aussi bien sur les films et séries compatibles. L’effet d’immersion est excellent, même si son usage reste conditionné à l’écosystème de la marque. Sur l’audio mixé en Dolby Atmos (notamment via Apple Music), la différence avec une stéréo très bien mixée et sensiblement moins convaincante.
Autonomie : toujours l’éternel talon d’Achille
C’est le seul critère sur lequel les AirPods Max 2 ne progressent pas d’un pouce : l’endurance. Apple annonce jusqu’à 20 heures d’écoute avec la réduction de bruit activée ; soit exactement les mêmes promesses qu’en 2020. L’autonomie est identique au premier modèle. Dans nos conditions réelles de test, nous avons mesuré 21 h de fonctionnement. Bien entendu, cela peut varier selon le volume et les usages. De quoi couvrir confortablement une journée complète, voire un long-courrier transatlantique.

Mais la moyenne du marché a sérieusement progressé depuis cinq ans. En 2026, des casques comme le Sony WH-1000XM6 ou le Marshall Monitor III ANC tutoient les 30 à 70 heures d’autonomie selon les conditions, soit presque le double des AirPods Max 2. Face à cette réalité, les 20 heures d’Apple paraissent d’autant plus chétives. La charge rapide atténue un peu le problème : 5 minutes de charge offrent environ 1 h 30 d’écoute, ce qui dépanne efficacement. Mais si l’on voyage plusieurs jours sans chargeur, le casque montrera ses limites avant ses concurrents.
Rappelons également que la batterie continue de se décharger lorsque le casque n’est pas dans sa Smart Case. Un oubli sur un coin de bureau et ce sont 5 à 10 % de batterie en moins sur la nuit. Un réflexe plus que jamais obligatoire.
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