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Guerre en Iran et pétrole à 100 dollars : les ventes de voitures électriques explosent en Europe

La guerre en Iran et le pétrole à 100 dollars font exploser les ventes de VE en Europe : +51 % en mars. Les marques chinoises BYD, Leapmotor et Xpeng sont les grandes gagnantes.

La guerre en Iran a fait ce que les subventions et les réglementations n’ont pas réussi à accomplir durablement : basculer en masse les automobilistes européens vers le véhicule électrique. Depuis les frappes américano-israéliennes sur l’Iran fin février 2026, le prix du baril de pétrole a franchi la barre des 100 dollars pour la première fois depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. À la pompe, la douleur a été immédiate. Dans les concessions, la réponse l’a été tout autant.

Des chiffres historiques en mars et avril

Les immatriculations de véhicules 100 % électriques ont bondi de 51 % en mars 2026 sur 14 marchés clés de l’UE et de l’AELE, avec plus de 224 000 nouvelles voitures électriques immatriculées en un seul mois, soit 22 % de l’ensemble des ventes de voitures neuves. Sur l’ensemble du premier trimestre, l’Europe a enregistré plus de 500 000 nouveaux véhicules électriques, en hausse de 33,5 % par rapport à la même période l’an dernier. En avril, la tendance s’est confirmée avec une hausse de 34 % sur un an, selon les données exclusives transmises à Reuters par les groupes de recherche New Automotive et E-Mobility Europe, couvrant 16 marchés représentant plus de 80 % des ventes automobiles de l’UE et de l’AELE.

La fermeture effective du détroit d’Ormuz par le conflit iranien, qui menace environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, a joué le rôle de déclencheur. L’Agence internationale de l’énergie a qualifié la situation de plus grand défi de sécurité énergétique mondiale de l’histoire. Pour les conducteurs européens, l’équation financière est devenue difficile à ignorer : selon une étude de l’organisation Transport & Environment, le coût mensuel d’utilisation d’une voiture à essence atteint désormais 142 euros contre 65 euros pour un véhicule électrique, soit un écart de 77 euros par mois directement lié à la crise.

Les marques chinoises, grandes gagnantes du choc pétrolier

La perturbation profite avant tout aux constructeurs chinois, dont les modèles plus accessibles répondent à une demande d’alternative rapide et économique. Sur la plateforme Carwow, les demandes d’achat pour BYD ont augmenté de 25 000 % au premier trimestre. Leapmotor affiche une hausse de 436 % et Xpeng de 153 %. Les immatriculations de BYD en Allemagne ont bondi de 327 % en mars, portant sa part de marché à 1,2 % dans le premier marché automobile européen. La marque va plus loin encore avec une Dolphin G à 20 000 euros conçue exclusivement pour l’Europe et attendue en juin, directement positionnée face aux Renault Clio et Toyota Yaris.

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Cette percée s’accélère dans un contexte particulièrement favorable : les immatriculations européennes de Tesla se sont effondrées, en partie liées aux activités politiques d’Elon Musk qui ont provoqué des boycotts dans plusieurs pays. L’espace ainsi libéré est occupé en grande partie par les constructeurs chinois. La nouvelle MG4, dotée d’une batterie semi-solide et attendue sous les 20 000 euros en Europe, illustre cette stratégie de disruption tarifaire.

Les constructeurs européens rattrapés par le momentum

Les marques européennes profitent elles aussi de la vague, mais dans une moindre mesure. Renault indique que 50 % de ses immatriculations au Royaume-Uni en avril étaient des véhicules électriques, avec des demandes en ligne en hausse de 48 % depuis le début de la guerre. La Renault 5 est devenue la voiture électrique la plus vendue en Grande-Bretagne ce mois-là, précise The Next Web.

Volvo constate une hausse des commandes, notamment sur son EX30, dont le directeur commercial Erik Severinson note que les clients y sont particulièrement sensibles aux prix du pétrole. Chez Seat/Cupra, le directeur général Markus Haupt a révélé à Reuters que les équipes commerciales allemandes enregistrent désormais près de 60 % de commandes en véhicules électriques, bien au-dessus du quota de production prévu à 25 %. Skoda tente de son côté de capter cette demande avec son Epiq, un SUV électrique affiché au prix d’un équivalent thermique, autour de 23 000 euros bonus déduit.

Le choc sera-t-il durable ?

La question qui hante le secteur est celle de la durabilité du mouvement. Le précédent choc pétrolier de 2022, provoqué par l’invasion russe de l’Ukraine, avait généré un intérêt temporaire pour le véhicule électrique avant de se dissiper avec la baisse des prix du carburant. Plusieurs facteurs plaident cette fois pour une transformation plus durable : l’infrastructure de recharge est nettement plus mature, les modèles chinois ont rendu les voitures électriques sensiblement moins chères, et les réglementations européennes sur les émissions se durcissent encore en 2027. Pour les constructeurs européens, le moment est paradoxal : la demande qu’ils ont dépensé des milliards à construire est enfin là, mais ce sont BYD, Leapmotor et Xpeng qui en récoltent les fruits les plus spectaculaires.

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